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Bitcoin. Prudence toujours

Tout laisse penser que les monnaies électroniques se généraliseront à l'avenir, pour différentes raisons qui ne sont pas nécessairement honorables. Notamment leur facilité d'accès mais aussi la confidentialité des transactions, favorable à tous les trafics, notamment toutes les activités criminelles.

On peut supposer à cet égard qu'un jour les structures étatiques, qui se présentent comme des défenseurs de la sécurité et de la légalité, interviendront pour réglementer ces monnaies. Elles le peuvent. Ainsi la Chine a fermé les places d'échanges et interdit l'achat de bitcoins à ses citoyens, bien que les deux tiers des mineurs de bitcoins (https://bitcoin.fr/minage/) résident sur son territoire. La Corée du Sud vient d'en faire autant. Mais ces deux pays ne prétendent pas s'insérer dans la mondialisation.

Les États occidentaux en feront-ils autant un jour? Vu leur passivité face au phénomène, on peut penser qu'ils sont à ce stade devenus partie prenante du jeu, ce qui n'aurait rien d'étonnant compte tenu de la combinaison de leurs niveaux d'endettement et de leur impératif de mettre désormais fin à leurs politiques d'assouplissement monétaire. Le bitcoin ferait-il partie de la panoplie des moyens que vont employer les États pour se refinancer ?

Si des Etats comme les Etats-Unis confrontés à une dette que certains jugent exorbitante se mettait à acheter du bitcoin, la valeur de ce dernier ne manquera pas de monter. Ceci augmentera l'attractivité de cette « monnaie » en tant que source inespérée de bénéfices spéculatifs. Ainsi un nombre croissant de petits titulaires d'une épargne qui leur procure au mieux 1% de revenus pourront transférer celle-ci, aussi modeste soit-elle, vers une monnaie leur promettant un enrichissement considérable et rapide. Lorsqu'ils jugeront qu'ils ont ainsi suffisamment aspiré une épargne qui leur demeure actuellement non taxable, ils revendront leurs comptes en bicoins pour financer leurs opérations. Ainsi, d'une façon un peu comparable le Gold Reserve Act de Roosevelt lui avait, en 1934, permis de mettre la main sur l'or des citoyens américains pour financer le New Deal.

Sans mentionner les Etats, l'on peut dès à présent constater que les banques s'intéressent de plus en plus au bitcoin. Mais ce faisant, elle vont entrer dans un jeu spéculatif qu'elles pratiquent systématiquement concernant d'autres valeurs: manipuler les cours, jouer de ses variations à la hausse ou à la baisse. Les porteurs de bitcoins se retrouveront dépouillés.

Pour le moment, un nombre croissant d'entreprises lancent des ICO (Initial Coin Offering) ou imaginent de nouveaux services et usages exploitant la blockchain Aussi, rien ne semble avoir de prise sur la tendance haussière du cours du bitcoin.

Le bitcoin n'est pas seul en cause. En neuf années, on est passé d'une cryptomonnaie unique, le bitcoin, à une cryptoéconomie qui voit aujourd'hui près de 1358 cryptomonnaies coexister. Leur valeur monétaire globale est passée de 0 à plus de 500 milliards de dollars. Aucune valeur de l'économie réelle ne correspond à ces sommes considérables. Il apparaît clairement que la situation actuelle n'est pas saine.

Fraudes

On ne doit pas oublier par ailleurs que les risques de fraude, d'usurpation de site et/ou d'identité sont de plus en plus élevés. De nombreuses autres plateformes d'échange ne fonctionnent pas correctement ou sont obligées de fermer.

En France, les mouvements sur les cryptomonnaies et la blockchain sont plus mesurés...Le 10 octobre, le ministère de l'Économie et des Finances répertorie le bitcoin dans sa liste de moyens de paiement alternatifs tout en invitant à la prudence. Le 12 décembre 2017, dans son rapport d'analyse, Tracfin (la cellule française de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme) mentionne les cryptomonnaies comme une source d'opacité des transactions financières, et donc comme un risque pour la société.

Cependant le 8 décembre, la France a décidé d'accompagner l'adoption de la technologie blockchain (à ne pas confondre avec le bitcoin) dans le domaine financier en autorisant le recours à cette technologie pour le transfert de parts de fonds, de titres de créances négociables et d'actions et obligations non cotées. Qu'en conclure? 

 

 

14/01/2018
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