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Que sera la politique européenne vis-à-vis du nouveau gouvernement israélien?

C'est en partie pour éclaircir ce point que le chef de la diplomatie israélienne, l'ultra-nationaliste Avigdor Lieberman, entame lundi en Europe sa première tournée à l'étranger. Il veut rassurer sur les intentions de son gouvernement, opposé de facto sinon dans le discours, à la création d'un Etat palestinien. On ne voit pas avec quels arguments il pourrait s'acquitter de cette mission.

Avigdor Lieberman, qui a pris ses fonctions le mois dernier, est membre du parti Israël Betenou (« Israël, notre maison ») qui regroupe une grande partie de l'immigration d'origine russe. D'origine moldave (pour la petite histoire, il aurait été entre autres videur de boites de nuit dans son pays), il a multiplié tout au long de sa campagne les déclarations hostiles aux Palestiniens d'Israël et rejetant tous les accords signés précédemment par Israël, notamment ceux de la conférence d'Annapolis. Vis-à-vis de ces Palestiniens d'Israël, qui représentent il est vrai une forte minorité d'un million et demi de personnes difficilement assimilable (au sens de la judéisation de facto qui leur est « proposée »), les perspectives, sauf une impossible expulsion, sont sans issues. Depuis, en tant que chef de la diplomatie, Lieberman a répété qu'Israël n'était pas lié par les négociations relancées fin 2007 à la  conférence d'Annapolis et censées aboutir à la création d'un Etat palestinien.

Le ministre doit rencontrer ce jour lundi 4 mai à Rome son homologue Franco Frattini et le chef du gouvernement Silvio Berlusconi. A Paris, il rencontrera mardi Bernard Kouchner et sera reçu à la présidence de la République, mais il n'est pas sûr qu'il y sera reçu par le chef de l'Etat.

Selon le ministère israélien des Affaires Etrangères, le ministre va demander à ses interlocuteurs européens d'accorder du temps à Israël, jusqu'à ce que le gouvernement dévoile les grandes lignes de son plan diplomatique. Ce programme devrait être présenté par le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de sa rencontre avec le président américain Barack Obama à Washington prévue à la mi-mai à Washington. Le programme insiste sur la sécurité et l'amélioration de la situation économique des Palestiniens, sans reprendre l'idée à laquelle Barack Obama et les Européens sont attachés, celle de "deux Etats pour deux peuples". Aussi bien, les Européens avaient traduit leur mauvaise humeur  par le refus de relancer les discussions sur un rehaussement des relations entre l'Etat hébreu et l'Union européenne.

Les négociations entre Israël et l'Union européenne ne sont cependant pas rompues. En juin prochain, Avigdor Lieberman présentera la politique du gouvernement lors du sommet bi-annuel de l'Association Israël-Union européenne. Mais avant cela, Israël a averti l'Union que son implication dans le processus de paix au Proche-Orient, déjà mal vue, risquait d'être remise en cause si l'Union persistait dans ses critiques.

On ne voit pas très bien dans ces conditions à quoi pourraient aboutir les prochaines rencontres d'Avigdor Lieberman avec ses hôtes européens. Du côté de ceux-ci, il est vrai, la pédale douce est de mise. On semble, une fois de plus, décidé à laisser Barack Obama proposer, y compris à l'Europe,  la conduite à tenir vis-à-vis du nouveau gouvernement israélien. Cette forme renouvelée de démission européenne feint d'oublier que les intérêts des pays européens au proche Orient et plus généralement dans la zone recoupant le périmètre de l'Union pour la Méditerranée, ne sont pas exactement les mêmes que ceux des Etats-Unis. Quant à la capacité politique qu'aura Barack Obama pour maintenir une position relativement dure à l'égard de Jérusalem, elle semble s'effriter. Sous les pressions du lobby juif américain, qui est proche des positions du parti Israël Betenou, Barack Obama a déjà reculé. Il estimera sans doute qu'il a d'autres chats à fouetter en ce moment que contrarier ses électeurs pro-Israël.

Nous essaierons pour notre part dans quelques jours de commenter ce qui ressortira de ces visites, si quelque chose en ressort.
04/05/2009
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