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Les femmes dans une société sexiste comme la nôtre

Appelons sexiste une société où les hommes continuent sur de multiples plans à dominer les femmes, ceci malgré les conquêtes récentes des mouvements dits féministes ou de libération de la femme. On pourrait parler en termes plus anthropologique de société patriarcale. Le  patriarcat est « une forme d'organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l'autorité par les hommes » voir wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Patriarcat_(sociologie)

Les Etats-Unis, où pour la première fois au début du 20e siècle le féminisme est apparu, sont restés une société fondamentalement patriarcale. Dans les pays européens, notamment dans le nord de l'Europe, les femmes ont acquis une certaine autonomie, mais celle-ci, reconnue en général par le droit, n'a pas vraiment réussi à s'imposer dans les moeurs.

Dans les sociétés patriarcales, les hommes ont conservé le droit de contrôler les corps des femmes, soit pour la reproduction, soit pour le plaisir. Les femmes n'ont que le droit de se soumettre. Une majorité des sociétés terrestres sont à cet égard patriarcales: sociétés arabo-musulmanes, sociétés africaines, mais aussi sociétés restant majoritairement régentées par les Eglises chrétiennes. Quant à la Russie et à la Chine, les féministes de ces pays font valoir que, même si l'égalité entre hommes et femmes est affirmée juridiquement, les hommes y ont encore les leviers de commande et ne paraissent pas prêts à les abandonner.

Il est évident que dans un pays comme l'Arabie saoudite le patriarcat a conservé des positions qu'il a en partie perdues dans d'autres pays où les femmes peuvent se faire entendre, mais sur le fond, le rapport entre les sexes demeure le même et s'impose dès la très petite enfance.

Hollywood

Ceci se traduit par le fait que les cultures que produisent et imposent ces sociétés présentent de la femme une image convenant à ce que les mâles voudraient qu'elles soient, jeunes, « belles, « sexy ». Les produits des industries numériques, cinéma, télévision, internet, répandent dans le monde entier les images des femmes voulues par le patriarcat, notamment américain. Or les images ne sont jamais innocentes. Socialement et professionnellement, une femme répondant aux critères patriarcaux de jeunesse et de beauté aura du mal à s'imposer. La plupart d'entre elles ne l'osent même pas.

Est un hasard si par exemple dans les journaux télévisés, les femmes, journalistes et pas seulement présentatrices, sont rarement âgées et « pas très belles », pour ne pas dire laides, si l'on peut employer ce terme masculin. Pourtant, celles-ci seraient au moins autant capables que les jeunes et jolies pour faire ce métier.

Ne mentionnons pas le fait bien connu que par la prostitution, les femmes « jolies » sont enfermées à vie dans un statut dont elles n'arrivent pas à se débarrasser, aient-elles tenté d'échapper à leurs souteneurs. Certains prostitués mâles sont dans la même situation, mais leur pourcentage est infime au regard de celui des femmes.

Ceci veut dire que si les militantes féministes voulaient vraiment que les choses changent, elles devraient radicaliser leur lutte, quitte à tomber dans des excès dont les hommes ne manqueront pas de se plaindre avec véhémence. Mais ceci n'est pas sans danger pour elles. Les féministes radicales se mettent en fait à l'écart de sociétés que les hommes continuent à dominer. Faut-il pour autant qu'elles renoncent au féminisme radical?

N'était-ce pas au cours du 19e et 20e siècle le sort de ceux qui se battaient pour la révolution prolétarienne. Ils n'ont pas encore réussi à atteindre ces objectifs, mais sans eux, nous en serions restés au servage.

 

13/12/2017
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