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Le renseignement en « sources ouvertes »

Tout pouvoir un tant soit peu organisé repose sur le « renseignement » qu'il collecte  concernant le groupe social qu'il veut contrôler. Ceci est vrai, pour les gouvernements, pour les forces armées, pour les grosses entreprises...sans oublier les « tyrans domestiques » qui veulent maintenir voisins, femmes et enfants sous leur dépendance.

L'on emploie en ce cas le terme de « renseignement » pour ne pas employer celui d'espionnage. Il est étonnant soit dit en passant de voir la consonance négative qui s'attache à espionnage et espions, vu l'universalité et la quasi-légitimité de la chose. Mais notre propos n'est pas là.

Il vise à signaler le développement officiel d'une nouvelle forme de renseignement (ou d'espionnage) dit « renseignement en sources ouvertes ». Aux Etats-Unis, celui-ci, Open Source Intelligence (OSINT) est de plus en plus recommandé par les officiers de renseignement un tant soit peu avertis. On peut penser qu'il en est de même dans tous les pays au fait de l'évolution des technologie de l'information. Il est destiné, non à remplacer, mais à compléter les formes actuelles d'espionnage.

Celles-ci sont d'abord l'HUMINT ou appel à des humains, nommés « espions », chargés de passer au crible les activités de l'adversaire. Mais l'espionnage humain est de plus en plus doublé de l'analyse systématique, avec des méthodes reposant sur l'informatique, de tous les documents, images, communications produits par l'entité espionnée. On pourrait parler à cet égard, bien que le terme ne soit pas utilisé, de VIRTUAL INTELLIGENCE.

Depuis longtemps, sur ce plan, les Etats-Unis ont développé et vendu dans le monde entier des technologies de l'information de plus en plus employées et efficaces. Comme tous les échanges, importants ou triviaux, les utilisent désormais, des services spécialisés, telles la CIA et surtout la NSA (National Security Administration), se sont dotés de ressources en serveurs capables de mémoriser à toutes fins utiles les contenus de la plupart des échanges mondiaux. Ceux-ci ne cessent de s'accroitre, les batteries de serveurs de ces administrations ne cessent de s'allonger.

Encore faut-il que des humains soient capables d'exploiter en temps utile pour la prise des décisions stratégiques, les milliards d'information collectées et mémorisées par ces serveurs. L'on retrouve nécessairement à ce stade l'HUMINT. Or les spécialistes capables de ce travail restent rares, compte tenu des emplois bien payés qu'ils trouvent dans le monde économique. Les informaticiens ont proposé de faciliter leur tâche en mettant en place au sein des bases de données des logiciels ou algorithmes dits « intelligents » capables d'analyser rapidement les flux de données, sélectionner les plus pertinents et proposer aux humains des décisions en tenant compte.

Mais la conception, la réalisation et l'exploitation de ces algorithmes demandent à leur tour de plus en plus d'HUMINT. Or le nombre des espions qualifiés ne s'accroit pas au rythme de la croissance des besoins.

Dans l'article référencé ci-dessous, David Steele, ex-officier de la CIA, explique qui vaudrait mieux aujourd'hui remplacer toutes les autres formes d'espionnage par celle consistant à exploiter les informations en libre accès sur le web. Ces sources, pour qui sait les interpréter, suffisent largement selon lui aux besoins d'informations des pouvoirs les plus exigeants. Encore faut-il à nouveau de l'HUMINT. Mais David Steele considère qu'en supprimant toute une série de services officiels dont il donne la liste, le gouvernement américain aurait sans difficulté les ressources nécessaires.

Certes, chacun d'entre nous, dès qu'il veut composer un article reposant sur un minimum d'informations sérieuses, consulte le maximum de sources disponibles sur le web. Mais faute de temps, il est vite limité. Ce ne serait pas le cas d'un grand Etat, qui disposerait de beaucoup plus de ressources en HUMINT.

Ces propositions paraissent reposer sur le simple bon sens. Mais leur mise en oeuvre effective supposerait que les services d'espionnage traditionnels se reconvertissent, et que la plupart des espions qu'ils emploient se forment à une exploitation efficace des sources ouvertes. Compte tenu de la difficulté qu'ont les organismes et les hommes à évoluer vers de nouveaux métiers, l'on conçoit que les délais soient encore longs.

L'Intelligence Artificielle

Nous ferions valoir pour notre compte à David Steele qu'encore trop imprégné des formes traditionnelles de l'HUMINT, fut-elle en source ouverte, il méconnait les recherches actuelles en Intelligence Artificielle Autonome, notamment financées par Google. Celles-ci visent à mettre en place un Global Mind ou Cerveau Global dont l'essentiel des ressources auront éliminé l'humain. Seul les futurs « maitres du monde », ce que Google ambitionne d'être, auront encore les moyens de tirer partie à leur profit d'un univers construit par des algorithmes autonomes hyper-intelligents.

Sources

* Article de David Steele pour Vétérans Today
https://www.veteranstoday.com/2017/12/06/privatize/

* Traduction en français par Philippe Grasset dans DeDefensa
http://www.dedefensa.org/article/la-cia-en-sources-ouvertes

* David Steele
https://en.wikipedia.org/wiki/Robert_David_Steele

 

12/12/2017
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