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ICBM nord coréen. Lancer c'est bien, réentrer c'est mieux

Le lancement réussi d'un missile intercontinental ICBM par la Corée du Nord le 29 novembre a provoqué dans le monde un flot de commentaires et d'hypothèses.

William Trump s'est appuyé sur ce succès pour menacer à nouveau Pyong Yang d'une destruction totale. Un nouveau flot de documentaire sévit actuellement, concernant notamment la capacité qu'il aurait de le faire sans l'accord du Congrès ou de ses généraux.

Ceci dit, ce missile dit Hwasong-15 n'est pas à ce jour doté de la capacité d'assurer sa réentrée dans l'atmosphère tout en préservant l'intégrité de sa charge nucléaire. Les Nord-Coréens eux mêmes le reconnaissent et font espérer que prochainement de nouvelles générations d'ICBM seront dotés des dispositifs nécessaires pour ce faire.

Mais de l'avis des spécialistes, il est bien plus complexe de protéger la tête d'un ICBM à la réentrée que dans la phase initiale de lancement. Celle-ci se fait à une vitesse relativement réduite, celle nécessaire pour s'extraire de la force de gravitation. Ce n'est pas le cas en réentrée, où le missile se comporte comme tous les corps célestes, astéroïdes ou autres, attirés par la gravité terrestre.

Les Nord-Coréens avaient au début de 2017 testés ce que l'on nomme des véhicules de rentrée, mais de leur propre aveu ce fut un échec. Le véhicule se désintégra à l'entrée dans l'atmosphère. Il en aurait été de même de la charge nucléaire, s'il en avait comporté une.

Il est bien plus difficile de réaliser ce véhicule que de construire un missile proprement dit. La tête doit résister à des températures de plus de 7.000° et à des vitesses pouvant atteindre Mach 24, ou approximativement 25.000 km/h. De plus, la construction de tels engins requiert non seulement une grande variété de spécialistes dont la Corée n'est pas à ce jour nécessairement dotée, mais des composants dont elle ne dispose sans doute pas encore.

Un autre point rarement évoqué tient au fait que vu le rapide perfectionnement des systèmes anti-missiles américains, ce serait plusieurs ICBM qu'il faudrait lancer simultanément pour saturer la barrière. Le bouclier déjà en service, dit THAAD (Terminal Hign Altitude Area Defense) est conçu en principe pour être efficace contre des missiles de courte et moyenne portée. La Corée du Sud vient cependant d'annoncer qu'il allait être renforcé sur son territoire, provoquant la colère de la Chine. Les experts semblent considérer en effet que le THAAD pourrait être efficace contre des missiles intercontinentaux, accompagné notamment d'une amélioration des techniques de détection en haute atmosphère.

Cependant, on peut penser que la Corée du Nord pourra rapidement trouver des réponses à ces difficultés, compte-tenu de la nécessité pour elle de disposer d'un missile nucléaire totalement fonctionnel, capable de délivrer une bombe sur le territoire américain lui-même, et pas seulement en haute atmosphère. Il est certain que sans cette arme, elle serait détruite rapidement par les Etats-Unis.

Très probablement sans elle Donald Trump et une partie du complexe militaro-industriel américain décideraient de le faire, quels que soient les risques de guerre nucléaire mondiale, autrement dit de destruction de la planète, en découlant.
 

 

30/11/2017
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