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Xi Jinping dessine les grands lignes de l'avenir de la Chine

S'adressant au 19e Congrès du parti Communiste Chinois le 18/10/2017, le président chinois Xi Jinping a prononcé un discours de plus de 3h. destiné à préciser tels qu'il les voit, l'avenir de la Chine et de ses « partenaires » d'ici la fin du siècle.

Ce discours a d'abord rappelé la situation de la Chine et les progrès accomplis durant les dernières années. Il a précisé ensuite le feuille de route que le pays devra suivre sous sa présidence et celle de ses successeurs dans les prochaines décennies.

Les correspondants de presse étrangers ont eu le plus grand mal à suivre le discours, complété d'une centaine de dossiers mis à leur disposition. Il est possible cependant d'en indiquer les grandes lignes le 20/10 . Nous nous bornerons ici à mentionner les points suivants, souvent présentés avec un parti pris d'hostilité par la presse occidentale. Celle-ci, manifestement, refuse d'admettre que la Chine est déjà la 2e puissance mondiale dans de très nombreux domaines et bien partie pour en devenir la première, supplantant ainsi définitivement les Etats-Unis.

Un marxisme chinois

Xi a confirmé le thème de sa Présidence: continuer à développer un marxisme spécifiquement chinois. Ceci voudra dire une économie socialiste de marché, protégeant les traditions historiques chinoise. Dien Xiaoping s'en était fait le défenseur de 1978 à 1989. Certains diront qu'il n'est pas toujours facile de différencier ce concept de celui d'une simple économie capitaliste. Néanmoins Xi a rappelé que l'intervention de l'Etat et du parti communiste chinois en restait la caractéristique fondamentale.

Il en a donné la preuve en indiquant que l'objectif du pouvoir sera d'établir une plus grande égalité entre les citoyens, au sein d'une société visant à mieux répartir les richesses nouvelles résultant des efforts continus des travailleurs. Il a désigné ceci comme une marche vers un « grand socialisme moderne », développement nécessaire du socialisme de marché de Deng. Les économies régionales et urbaines devraient toutes désormais bénéficier de l'accroissement de la production et de la consommation. On voit que, dans les objectifs affichés au moins, ceci est profondément opposé au capitalisme occidental qui continue à développer les inégalités entre riches et pauvres.

Au plan concret, ceci impliquera pour la Chine l'accélération du grand programme dit  One Belt–One Road qui mettra la société chinoise en relation avec des économies en croissance dans les régions du monde ainsi connectées. Les pays en développement pourront grâce à l'expérience chinoise conserver leur pleine autonomie tout en partageant les fruits d'une productivité partagée. En aucun cas, la Chine, bien que restant communiste, ne visera à convertir ses voisins ou partenaires à cette philosophie politique.

Entre 2017 et 2020, Xi a indiqué que la Chine travaillera à consolider les gains économiques et sociétaux de la dernière décade. La pauvreté rurale devra ainsi être totalement éliminée, tandis qu'une agriculture et une industrie moderne devront bénéficier à l'ensemble du territoire, supprimant les disparités actuelles.

Pendant cette même période, l'armée de libération nationale ou « People's Liberation Army » sera complètement modernisée. Xi n'a pas fait allusion aux risques de guerre pouvant résulter des provocations croissantes des Etats-Unis, mais tout le monde a compris que la Chine devrait pouvoir se préparer au pire, si celui-ci survenait.

Un pays se voulant idéal

Entre 2020 et 2035, la Chine devra devenir un pays qui sera « prospère, solide, démocratique, culturellement avancé, harmonieux et beau ». Pour y arriver, elle fera un appel massif aux investissements dans les nouvelles technologies, dans lesquelles, en ce qui nous concerne, nous savons que la Chine a largement rattrapé les Etats-Unis. Là encore, bien que Xi ne l'ai pas dit explicitement, ce programme signifiera que la Chine pourra échapper à la baisse des niveaux de vie, à l'inégalité entre riches et pauvres, aux crises cycliques qui dévastent les sociétés occidentales.

Pour améliorer la qualité des modes de vie des citoyens, Xi a précisé que la Chine devra veiller en permanence à ce que la croissance industrielle et technologique s'accompagne d'une protection des équilibres écologiques. Il a rappelé en ce sens que Pékin était devenu le champion des technologies vertes, tant pour son propre usage que pour l'exportation. Autrement dit, après 2020-2025, les graves causes de pollution qui rendent actuellement la vie difficile dans les mégapoles chinoises, devraient avoir disparu.

Pour terminer, Xi a indiqué que la guerre à la corruption qu'il menait personnellement devra être étendue, ce mal devant avoir disparu à la fin de la décade. Il a eu du mérite à affirmer cela face au Congrès du Parti Communiste, dont on a tout lieu de penser que beaucoup des membres ne sont certainement pas encore des modèles d'intégrité.

L'objet de notre présent compte-rendu rapide n'est pas de discuter le réalisme ou la sincérité de toutes ces propositions, non plus que l'accueil qu'elles recevront chez  les autres membres du Brics. Nous y reviendrons ultérieurement.

 

20/10/2017
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