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Escalade américaine en Syrie

Nous avions précédemment indiqué 1) que des affrontements risquaient de se produire après la reprise de Deir Ezzor aux islamistes (EI), entre la coalition arabe soutenue par les Etats-Unis et la coalition irano-syrienne soutenue par les Russes.
Ceci n'a pas manqué. Le 19 septembre, des « rebelles modérés » ou mieux « terroristes modérés » ont attaqué, semble-t-il  avec des armes chimiques,  une position syrienne près de la ville de Hama, elle-même proche de Deir Ezzor. Ils ont été repoussés mais le lendemain, les mêmes terroristes modérés ont lancé une attaque beaucoup plus puissante contre les forces syriennes stationnées au Nord et Nord-Est de Hama.

Or cette attaque a eu lieu dans une « zone de désescalade » (de-escalation zone ) convenue entre les belligérants pour éviter précisément des affrontements armés entre eux. Il avait été convenu que des observateurs non armés seraient installés par les Etats-Unis et la Russie pour surveiller le pacification de la zone. Il est apparu que l'un des buts de l'attaque était d'encercler et faire prisonniers, sinon tuer, une section de police militaire russe déployée pour protéger le statut spécial de la zone.

Les policiers militaires russes ont été obligés de se battre contre des attaquants bien plus nombreux et mieux armés. Ils ont du faire appel au commandement russe pour qu'il envoie des « forces spéciales à leur secours. C'était à la connaissance de tous, la première fois que celles-ci intervenaient dans le conflit. Mais celles-ci, submergées à leur tour, firent appel à l'aviation russe. 2) .

Ce fut un succès. Guidée par des observateurs russes au sol, les Su-25 russes ayant décollé de la base de Khmeimim en Syrie, auraient tués 850 djihadistes et détruit un nombre surprenant de matériels militaires, dont 11 tanks et 46 pick-up armés, utilisés par ces derniers dans l'attaque.

Plus notable a été la réaction du chef d'Etat Major russe, le Général Sergei Rudskoi, jusqu'à ces derniers jours silencieux sur les opérations militaires. Il a regretté qu'en dépit des accords d'armistices signés le 11 septembre à Astana, la coalition arabe comprenant des effectifs importants de terroristes du groupe Jabhat al-Nusra ait lance le 19 septembre une attaque d'ampleur contre l'armée Syrienne. Il a indiqué que, selon les sources dont il disposait, cette attaque avait été décidée par les services secrets américains pour bloquer l'avance gouvernementale à l'est de Deir Ezzor.

A la suite de quoi, le porte-parole du ministre de la défense russe a indiqué au commandement des forces américaines stationnées à la base aérienne d'Al Udeid (Qatar) que la Russie ne tolérerait plus aucune attaque contre les forces syriennes. Elle les empêcherait « par tous moyens ». 3)

Donald Trump, qui ne peut pas ignorer ces évènements, cherche-t-il, après celui de la Corée du Nord, à ouvrir un nouveau front de confrontation avec Moscou en Syrie? Faut-il souligner les risques d'escalade, celle-ci pouvant être dramatique, qui découleraient d'engagements militaires entre Américains et Russes dans ce pays?

Références

1) http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2680&r_id= Deir Ezzor contrôle une zone de champs pétrolifères qui la rendait stratégique pour l'EI et que convoitent désormais les Américains. Ceux-ci visent également à s'installer dans la ville, à partir de la coalition américano-kurdo-arabe qu'ils ont mis en place pour ne pas laisser à Assad la possibilité de reprendre la totalité du territoire syrien conquis par l'EI. On se souviendra qu'en septembre 2016 une attaque aérienne américaine massive sur une position syrienne proche de Deir Ezzor avait visé à retarder l'avance syrienne et avait en conséquence permis à l'EI de reprendre une partie du terrain perdu. L'objectif en était d'empêcher l'accès russo-syrien aux ressources pétrolières.

Mais ce plan n'a pas réussi. Les forces syriennes ont été soutenues dans leur marche vers Deir Ezzor par des « forces spéciales » russes, des contingents iraniens ainsi que provenant du Hezbollah chiite et diverses milices. L'aviation russe est intervenue fréquemment en avant de l'offensive syrienne. De même, la marine russe a tiré des missiles de croisière contre les positions de l'EI.

2) Voir https://www.rt.com/news/403980-syria-jihadists-idlib-russia/

3) Voir https://www.rt.com/news/404040-russian-mod-sdf-syria/

Note au 23/09, 23h

Nous lisons ce jour un article pessimiste de Mike Whitney, bon expert en géostratégie  https://www.counterpunch.org/2017/09/22/uncle-sam-vs-russia-in-eastern-syria-the-nightmare-scenario/ . Celui-ci estime que Washington accentuera ses interventions militaires face aux Russes pour ne pas leur laisser l'accès aux riches terrains pétrolifères à l'est de l'Euphrate. Poutine, malgré la prudence manifestée jusqu'ici, ne devrait pas laisser faire. Des affrontements dramatiques sont-ils à craindre? Nous y reviendrons.





23/09/2017
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