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La Royal Navy parie à nouveau sur les porte-avions

L'arrivée récente à Portsmouth du premier des deux porte-avions de 65.000 tonnes de la classe Queen Elizabeth a d'abord été considérée au Royaume Uni comme un succès pour l'industrie navale britannique, qui en a assuré quasiment de bout en bout la construction.
Une coopération avec la France, initialement prévue par Paris, a été pratiquement abandonnée. Plus généralement, l'opinion publique a jugé que la Grande Bretagne devait faire seule cette dépense, revenant ainsi à la clef historique de sa puissance, une Royal Navy qui lui avait permis d'édifier  l'Empire britannique au 18e et 19e siècles, mais aussi de survivre pendant les deux dernières guerres mondiales. Plus exactement, il s'agissait alors d'une flotte de surface, l'Allemagne s'étant donné la maîtrise de la guerre sous-marine.

Aujourd'hui, ce sont les porte-avions et leurs groupes d'accompagnement qui représentent l'essentiel de la puissance maritime. Or, comme les Etats-Unis ont fait un effort massif en ce domaine, tant dans l'Atlantique que dans le Pacifique, les stratèges britanniques ont estimé qu'il fallait, non pas rattraper ce retard, mais au moins faire figure honorable, notamment face à la marine russe et chinoise encore quasiment inexistantes dans ce domaine.  Ils ont donc estimé que le coût d'une telle dépense, soit 6 milliards de livres par porte-avion, valait la peine de l'entreprendre. Rappelons que la France, après avoir réalisé le porte-avion à propulsion nucléaire Charles de Gaulle, a renoncé à en construire un second, pourtant indispensable à l'opérationnalité du premier.

Certains critiques mal informés estiment que les porte-avions sont devenus obsolètes face aux nouvelles armes faisant appel  à des technologies avancées, telles que des missiles dits intelligents. Mais les porte-avions « cyber » sont capables de se défendre contre de telles armes. De plus, ils peuvent porter au plus près de l'adversaire des avions de combat dits furtifs ou de 5e génération, aujourd'hui indispensables pour la guerre aérienne.

A ce sujet, il faut remarquer que la Navy a prévu de s'équiper de F-35 furtifs américains plutôt que de Rafales français. Pour le moment tout au moins, le choix ne parait pas judicieux, compte-tenu de la corruption et des échecs techniques qui ont marqué aux Etats-Unis un programme de plus de $2.000 milliards. Mais d'ici l'entrée en service efficace du Queen Elizabeth, soit dans 2 ans, on peut espérer qu'une cinquantaine d'exemplaires de F-35  seraient disponibles.

Les mêmes critiques mal informés ont estimé que dans les guerres dite de 4e ou 5e génération, menées contre notamment les pays soutenant des groupes terroristes infiltrés au plus près de l'adversaire, sinon sur son sol,  des troupes au sol sont plus efficaces que des avions et à plus forte raison des porte-avions. Mais l'expérience montre le contraire. On a ainsi fait observer qu'en Afghanistan, les troupes britanniques apportées en complément des unités terrestres américaines, ont coûté fort cher au budget de la défense, sans donner de résultats pratiques.  Seul le recours à des « forces spéciales » conserve son efficacité.

Au contraire les bombardements russe, terrestres et aériens, en appui à l'armée de Bashar al Assad ont permis d'éliminer pratiquement Daesh d'une partie du territoire conquis par elle en 2014. Il en est de même aujourd'hui des campagnes aériennes menées (ou prétendument menées) par les Etats-Unis pour la reconquête de Mossoul et Raqqa, avec l'appui du porte-avions de 97.000 tonnes de la classe Nimitz, le USS George HW Bush. Pour les Russes  la disponibilité permanente  d'un porte-avions et de son escorte  au plus près des côtes syriennes aurait rendu moins coûteux et plus efficace l'emploi de l'arme aérienne. C'est la raison pour laquelle tant la Russie que la Chine ont décidé de lancer des programmes de porte-avions de la dernière génération.

La France, si elle se voulait indépendante de l'Otan, comme le souhaitait Charles de Gaulle, ferait bien de suivre cet exemple. La disponibilité des chantiers navals de St Nazaire lui permettrait de le faire à moindre coût. Ceci ne veut pas dire cependant que cette dépense devrait se faire aux dépens du renforcement des troupes terrestres. Elle devrait être supportée par une indispensable augmentation du budget global de défense, imposée par l'aggravation de la lutte contre le terrorisme. Il ne semble pas qu'Emmanuel Macron l'ait encore compris.

Commentaires

De JFL

Tout-à-fait d'accord.La Grande-Bretagne voit juste au moins sur ce point-là, pas sur d'autres...Pour sa part Macron avait prévu dans son programme de lancer les études, sinon la fabrication d'un 2ème porte--avions. En fait celui-ci risque de n'arriver qu'à la fin de vie du Charles-de-Gaulle. Quelle irresponsabilité de la part des présidents précédents... qui ont préféré les dépenses dites sociales qui ne servent qu'à assister et à démotiver   et les dépenses d'Education dont l'inefficacité tient non pas à l'insuffisance du budget, mais à l'idéologie égalitariste et à une gestion aberrante..

De EP

Il faudrait donc dépenser 3 mds pour le PA, plus 2 milliards pour les deux frégates antiaériennes de protection au moins. Plus 1,5 milliards de surfacturations pour allongement des délais, car il faut remettre en route tout un chantier. On a perdu la plupart des compétences, tous les responsables techniques du CDG travaillent dans d'autres secteurs maintenant. Cela ne se fera pas en claquant des doigts, contrairement à ce qu'on a l'habitude de lire. La marine voudra commander des rafales supplémentaires pour pouvoir profiter des deux PA simultanément. Ah oui il faut au moins 3 hawkeye (avions radars). Je pense qu'on va taper les 7/8 milliards en tout. Pendant ce temps, les porte hélicos sont vides d'hélicos, les hélicos de la marine sont obsolètes et on a un parc maritime, le deuxième au monde, qui est ouvert à tous les pilleurs marins du monde. Mais rien à faire, il faut qu'on vienne nous seriner avec cette histoire délirante tous les 3 mois ! Commençons par les commencement : des patrouilleurs maritimes, des avions de patrouille maritime, des hélicos, des véhicules pour l'armée de terre, des tanks, des avions de ravitaillement en vol, des drones éventuellement...et des bonhommes ! Tout ceci n'est qu'un délire mégalomaniaque de plus

Notre réponse à EP

Tout à fait juste. Merci de cette énumération. Mais pour notre part nous pensons  qu'il faudrait faire à la fois toutes les dépenses que vous énumérez, plus un 2e PA, plus la mise à niveau si nécessaire de la force de frappe intercontinentale. La France le pourrait parfaitement, si elle se considérait comme en guerre. Les économies ailleurs abondent, dans des secteurs purement parasitaires. Mais l'électoralisme ambiant ne le permet pas


Références

http://www.opex360.com/2017/06/27/le-porte-avions-britannique-hms-queen-elizabeth-effectue-ses-premiers-essais-en-mer/

https://fr.sputniknews.com/defense/201706291032030429-porte-avions-russie-gb/

http://www.lemarin.fr/articles/detail/items/cooperation-franco-britannique-sur-les-porte-avions-214-millions-depenses-pour-rien-selon-la-cour-des-comptes.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Classe_Queen_Elizabeth_(porte-avions)

02/09/2017
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