Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

L'Islam, religion de paix et d'amour ?

C'est ce que répètent à l'envie un certain nombre d'imams ou de représentants des communautés musulmanes, confrontés au fait qu'aujourd'hui les auteurs d'attentats terroristes s'affirment tous des combattants d'Allah. Ces imams citent de nombreux textes du Coran qui recommandent la paix et l'amour.
Ce qu'ils ne disent pas, c'est que ces prescriptions ne s'appliquent qu'aux « bons musulmans » , ceux qui respectent les coutumes de l'oumma et appliquent les règles de la charia. Pour ceux qui s'en affranchissent, comme à l'immense foule des non-musulmans, le Coran recommande au contraire de mener des guerres d'extermination. Les citations du Coran en ce sens ne manquent pas. Ce sera en combattant jusqu'à les détruire les non- musulmans que les « bons musulmans », quand ils ont la capacité de le faire, pourront à leur mort accéder au paradis d'Allah.

Pour un musulman, l'islam est la règle évidente et obligatoire, y compris dans l'organisation sociale. Cette règle est déclarée et revendiquée comme telle. L'islam politique entend faire de la religion, non seulement un code civil, mais encore un projet collectif. Et la mise en oeuvre de ce projet, c'est la guerre. Dans ces conditions, les mouvements islamiques, radicaux ou non, agissent tous dans un registre inséparablement religieux et politique. Sur ce point, les djihadistes, à commencer par les combattants-suicide, sont pour eux d'excellents musulmans.

Sans être nécessairement chrétien, nous devons pour notre part reconnaître que le christianisme d'aujourd'hui prescrit au contraire à tous ceux qui veulent échapper à l'enfer et gagner le paradis d'appliquer la plus grande tolérance à l'égard des athées ou des pratiquants d'autres religions. Le temps n'est plus des guerres de religions en Europe où le combat à mort contre les non-chrétiens était une porte assurée menant à la vie éternelle. Le Nouveau Testament, qui s'impose aux chrétiens, notamment aux catholiques, recommande au contraire la tolérance et le pardon. Tuer des musulmans au prétexte de leur foi serait un péché mortel. Aussi bien ne voit-on plus dans les sociétés chrétiennes la moindre incitation à faire la guerre aux musulmans. La tolérance est la règle.

L'aveuglement collectif

Or cette constatation élémentaire n'est jamais faite par les nombreux sociologues, psychologues et psychiatres qui s'acharnent à comprendre les motivations des auteurs d'attentats, tant au Moyen-Orient qu'en Europe. Un article du 16 août 2017 1) publié par la respectable revue scientifique britannique NewScientist, sous le titre Anatomy of terror. What makes normal people become extremists? en donne l'exemple. Toutes les raisons, politiques, économiques, psychiatriques incitant un candidat au djihad à passer à l'acte, y sont analysées. De nombreux remèdes parfaitement fondés sont proposés, allant de cesser de faire la guerre au Moyen Orient jusqu'à lutter contre l'inégalité qui affecte en Europe les quartiers sensibles des grandes villes.

Mais l'auteur de cet article n'évoque pas un fait pourtant d'évidence. Sans doute craint-il de se faire accuser d'islamophobie devant les tribunaux. Il devrait pourtant rappeler que les auteurs d'attentats sont, sauf très rares exceptions, tous musulmans. Beaucoup se proclament combattants de la foi et au service d'Allah. Ils y ont certes été poussés par des agitateurs de l'organisation Etat Islamique provenant notamment d'Arabie saoudite. Mais, de par leurs convictions religieuses, les musulmans jeunes ou moins jeunes, qu'ils proviennent d'un milieu familial traditionaliste ou qu'ils soient récemment convertis, ne font rien pour résister aux appels au djihad. Au contraire, ils y voient la meilleure façon de mettre en pratique leur religion.

Ceci les rend particulièrement dangereux pour les sociétés occidentales. A supposer que des réformes politiques puissent y supprimer les inégalités facteurs de révolte, il ne sera jamais possible d'éradiquer les convictions religieuses qui animent les candidats terroristes, fussent-elles un facteur de guerre civile ininterrompue. L'histoire a montré que plus on veut combattre les fanatismes religieux, plus ils prolifèrent.


1) https://www.newscientist.com/article/mg23531390-700-anatomy-of-terror-what-makes-normal-people-become-extremists/


25/08/2017
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire