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L'aide américaine aux rebelles syriens

Le Washington Post a annoncé le 19/07 que la CIA a décidé de mettre fin à son programme de soutien aux rebelles syriens qui combattent le président syrien Bashar al Assad
Le président Donald Trump avait pris cette décision il y a près d'un mois, après un entretien avec le patron de la CIA, Mike Pompeo et le conseiller à la Sécurité nationale, le général H.R. McMaster, ajoute le journal. La Maison Blanche et la CIA se sont refusées à tout commentaire.

Le Washington Post estime que l'élimination de ce programme de soutien aux rebelles islamistes syriens reflète l'intérêt du président américain "pour trouver des moyens de travailler avec la Russie" ainsi qu'une "reconnaissance des limites de l'influence de Washington et de sa volonté de chasser Assad du pouvoir".

Cette décision intervient alors que les Etats-Unis et la Russie ont négocié un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, couvrant une partie de la zone où les rebelles opèrent. Le cessez-le-feu a été annoncé le 7 juillet lors du Sommet du G20 à Hambourg, en Allemagne, où Donald Trump et le  Vladimir Poutine se sont rencontrés pour la première fois.

L'annonce a renforcé les procès menées actuellement contre Trump par une opposition de plus en plus agressive. Selon celle-ci, Trump révèlerait ainsi sa collusion avec Moscou, en reconnaissance de l'aide apportée par les Russes à son élection - aide rappelons-le qui n'a jamais pu être prouvée. Ainsi un éditorialiste du Washington Post, ancien porte-parole de George W. Bush, Michael Gerson, a accusé Trump d'avoir été stipendié par Vladimir Poutine, afin de réaliser « cette ignoble suppression de l'aide à des alliés de l'Amérique ».

En fait, ces rebelles, représentant d'une prétendue « armée syrienne libre », avaient perdu toute influence à la suite de la prise d'Alep par l'armée de Bachar al Assad, fortement appuyée par l'aviation russe. Continuer à les financer n'avait qu'un résultat, encourager les trafics les plus divers, sans aucune efficacité militaire. Beaucoup de cette aide, et les tonnes d'armements correspondants, se sont finalement retrouvés aux mains du Front Al-Nusra. Il faut ajouter qu'une partie de ces armements approvisionne désormais de nombreux jihadistes candidats pour mener des attentats en Europe.

Par contre, le Pentagone n'a pas renoncé a soutenir de nombreuses milices sunnites opérant près des bases de forces spéciales américaines à al-Tanf sur une frontière d'intérêt stratégique entre la Syrie, l'Iraq et la Jordanie. Selon l'agence de presse turque Anadoli, il existerait en fait plus de 10 bases secrètes américaines au nord de la Syrie.

Trump ne peut pas ignorer tout cela. Mais on peut penser que les accusations faisant de lui un allié de la Russie ne lui déplaisent pas. Elles pourraient avoir un effet négatif dans les relations entre la Russie et l'Iran. L'Iran pourrait en souffrir. Or le but constant de Trump a toujours été de préparer d'une façon ou d'une autre une offensive contre l'Iran, pouvant le cas échéant prendre la forme d'une guerre ouverte. La montée de Téhéran en puissance, en passe de diminuer encore l'influence de la présence américaine au Moyen-Orient, est considérée par les intérêts américains comme une menace mortelle. Ils sont rejoints en cela par la constellation des pétro-monarchies et, pour d'autres raisons, mais avec plus de prudence, par Israël.



23/07/2017
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