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Au prétexte de la Corée du Nord, Trump vise-t-il une guerre avec la Chine ?

Ces dernier mois ont vu l'administration de Donald Trump multiplier les manifestations de force contre la Corée du Nord. Celle-ci est régulièrement menacée par Trump d'opérations militaires si elle ne met pas fin immédiatement à son programme nucléaire et de réalisation de missiles intercontinentaux. Régulièrement, la menace est réactivée du fait, selon Trump, que Pyongyang ne tient aucun compte de ces avertissements.
Lors d'une rencontre avec le président sud-Coréen Moon Jae-in à Washington le 30/06, Trump a déclaré que “The era of strategic patience with the North Korean regime has failed. Frankly that patience is over...”. Il n'a pas précisé quels moyens l'Amérique emploierait pour amener la Corée du Nord à abandonner sa politique d'armement. Mais les représentants de la Maison Blanche ont déclaré que “all options”—that is, including military attacks—are on the table ”. Ces propos se passent de traduction. D'ores et déjà, trois groupes de porte-avions accompagnés de sous-marins nucléaires patrouillent dans les eaux de la péninsule coréenne.

On notera que lors de son séjour à Washington, Moon Jae-in a entièrement cautionné la démarche américaine. Après son élection, il avait laissé penser qu'il pousserait son pays, la Corée du Sud, à prendre du recul à l'égard de la politique américaine jusqu'ici fidèlement suivie par Séoul. On avait pu penser également qu'il reculait devant la perspective d'une guerre américaine avec la Corée du Nord, qui entrainerait nécessairement des millions de morts au Sud. Sa volte-face s'explique mal, sauf à supposer que les industriels sud-coréens n'ont pas voulu engager de confrontation directe avec Trump, craignant que celui-ci ne décide de sanctions économiques à leur égard.

La Chine

Ceci-dit, on ne peut oublier que dès le début de sa campagne, Trump avait annoncé qu'il comptait réduire par tous moyens la domination chinoise présentée comme mettant à mal l'économie américaine. Avant cela même, Obama avait multiplié les provocations maritimes contre la Chine en Mer de Chine méridionale. Ces derniers temps, à la suite notamment de contacts avec le président Chinois XI, Trump avait paru adopter une attitude conciliatrice. Mais rien ne permet d'affirmer qu'il a renoncé à abattre la puissance chinoise. Il sait parfaitement qu'une agression américaine contre la Corée du Nord, indéfectible alliée de la Chine, entrainerait une réponse militaire chinoise. Celle-ci ne semble plus l'inquiéter.

La preuve en est qu'il vient de donner un feu vert à une opération navale prétendue assurer la liberté de navigation (FONOP) dans les détroits, dans des eaux que la Chine affirme être chinoises. L'US Navy vient d'envoyer le 2 juillet le destroyer porteur de missiles USS Stethem à l'intérieur des eaux territoriale entourant l'ile Triton dans le groupe des Paracelse, que les Chinois contrôlent depuis 1974.

La semaine précédente, le Sénat américain avait donné son accord à une vente d'armes à Taïwan pour un montant de 1,4 milliards de dollars. Il avait approuvé par ailleurs l'imposition de sanctions diverses aux sociétés et personnes chinoises engagées dans des opérations commerciales avec la Corée du Nord.

Le porte-parole du ministre chinois des affaires étrangères a dénoncé cette vente d'armes comme contraire à la politique de Washington dite politique de la seule Chine par lequel ce dernier reconnaissait la légitimité du gouvernement Chinois sur l'ensemble du territoire de la Chine, y compris Taïwan. Il a prévenu par ailleurs que toute intrusion navale américaine dans les eaux territoriales chinoises entrainerait des « ripostes appropriées ».

C'est manifestement ce que cherche aujourd'hui l'imprévisible et dangereux Donald Trump, espérant peut-être ainsi reconquérir le soutien d'une opposition interne paraissant de plus en plus désireuse de provoquer sa destitution, notamment en raison de sa prétendue collusion avec la Russie.







03/07/2017
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