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L'affaire Ferrand. Peut-on en toutes circonstances faire confiance aux électeurs?

Je m'étais personnellement interdit d'exprimer sur ce site l'étonnement sinon le début d'indignation qu'en tant simple citoyen je ressentais à voir le Président de la République et le Premier ministre continuer ce jour 1er juin à soutenir le ministre Richard Ferrand au lieu de lui enjoindre de démissionner. Je m'étais dit que suffisamment de médias et de responsables politiques s'en indignent eux-mêmes pour que je n'avais pas à y ajouter ma modeste voix.

Que dirais-je de plus par exemple, que l'Express de ce même jour, dans des articles où tout est dit, sans apparemment déformation partisane des faits relatés.

Il me semble cependant que cette affaire illustre un problème de grande ampleur, qu'il est bon d'aborder en termes généraux, sous l'angle peut-on dire de la science politique. Il concerne la confiance à faire dans certaines circonstances aux électeurs. Lorsque comme hier encore le Président de la République et le Premier ministre, en l'absence alors d'intervention du parquet, refusent de prendre leurs responsabilités dans l'affaire Ferrand, en affirmant que ce sera aux électeurs de refuser ou non leur confiance au candidat Ferrand, ils veulent oublier  que la plupart des électeurs, au plan national ou local, soutiennent systématiquement leur candidat et finissent par le réélire, même si celui-ci est impliqué dans différents scandales, affaires ou soupçons répétés.

Ceci pour une raison simple. Ces électeurs, ou les intérêts qu'ils représentent, tiennent à conserver le plus longtemps possible un élu qui a su acheter leurs faveurs  par diverses opérations illégales. Prudent, je ne citerai pas les cas les plus connus, dans l'Ouest parisien, à Marseille ou en Corse. Mais les exemples abondent.

Faire confiance aux décisions des électeurs est certes un des fondements de la démocratie parlementaire. On ne voit pas par quoi remplacer. Dans certains cas cependant, lors qu'un élu a su s'attacher des électeurs influents en distribuant avantages indus et prébendes, le simple citoyen se doit de réagir. Les médias qui l'en informent ne se substituent pas aux juges, mais sont dans leur rôle de lanceurs d'alertes.

Quand au pouvoir, il n'a pas à se refuser de prendre ses responsabilités en renvoyant la balle dans le camp des électeurs. Ceux qui exercent le pouvoir suprême doivent prendre certains risques, fut-ce aux dépends de leurs intérêts immédiats.


01/06/2017
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