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Perspectives de la Corée du Sud après l'élection du nouveau président Moon Jae-in

La Corée du Sud a toujours été assujettie depuis la fin de la guerre de Corée aux impératifs stratégiques de Washington. S'il n'en a pas été de même dans le domaine économique et stratégiques, elle restait très dépendante de Wall Street et de la Silicon Valley, malgré les apparences.
Certes, elle a très vite été reconnue comme faisant partie des « Quatre tigres asiatiques » responsables de la croissance économique de la région, mais elle le faisait dans l'ombre du capitalisme industriel et financier américain.

Au plan diplomatique, elle avait participé entre 1998-2008 au mouvement dit "Sunshine Policy" recommandant un rapprochement avec la Corée du Nord. Mais elle a du y renoncer sous les pressions multiples des Etats-Unis. De même ceux-ci ont pratiquement interdit tout accord avec la Chine et la Russie. Récemment, elle s'est vu imposer un rôle actif dans la mise en place de la barrière de missiles THAAD dirigés non seulement contre la Corée du Nord mais contre la Chine.

Lors de sa campagne électorale ouverte à la suite de la destitution pour abus de pouvoir et corruption de l'ex-présidente Park Geun hye, le candidat Moon avait proposé une plus grande indépendance du pays au regard du tuteur américain. Il avait insisté sur la nécessité de donner à Séoul les moyens de se rapprocher des autres pays asiatiques, notamment le Japon. et les Philippines Il avait par ailleurs promis de lutter contre l'influence politique excessive des grandes entreprises sur le gouvernement. Il s'était proposé d'être « président pour le peuple », ce qui l'avait immédiatement fait qualifier par ses adversaires de populiste.

Tout ceci a manifestement plu à l'électorat, qui s'est reconnu dans ces exigences et propositions. Moon Jae-in a donc désormais la possibilité de jouer un rôle historique pour redéfinir le rôle de la Corée du Sud au sein du monde multipolaire qui est en train de se mettre en place.

Prochains objectifs

Dans le domaine intérieur, le nouveau président s'est d'abord donné l'objectif de lutter contre le pouvoir des "Chaebols" ou multinationales dirigées par les grandes familles coréennes. C'est d'ailleurs pour son rôle au service des Chaebols dans le scandale récent ayant éclaté au sein de Samsung que l'ancienne présidente s'était fait destituer.

Cependant, il disposera de peu d'appuis pour implémenter ces objectifs, compte-tenu des contraintes constitutionnelles s'imposant à lui et de l'insuffisante représentation de son parti. On peut douter par ailleurs des moyens qu'il aura pour lutter contre les puissants Chaebols.

Au plan international, le président Moon a fait connaître son intention de se rapprocher de la Corée du Nord, faisant ainsi revivre la « Sunshine policy ». Il a souvent déclaré que ce pays n'était pas aussi agressif que l'on disait, qu'il luttait en fait pour sa survie confronté à toute la puissance de l'armée américaine. Mais là il se heurtera à l'hostilité de plus en plus déclarée de Donald Trump.

La seule perspective qu'il aura  sera de soutenir la proposition de la Chine en vue de négociations internationales garantissant la sécurité de la Corée du Nord en contrepartie d'un abandon par celle-ci de son programme nucléaire. Mais on mesure les difficultés de toutes sortes auxquelles il se heurtera dans cet objectif.

Plus généralement le président Moon a fait connaître son intention de redonner ou donner à son pays un rôle d'arbitre justifié par sa situation géographique et ses propres intérêts. Il n'a pas caché sa volonté d'en faire, sans jeu de mot, le «  Moon of the East in the Multipolar Century ». L'avenir dira vite si les Chaebols soutenus par toute la puissance américaine le laisseront faire. La Chine, quelle que soit sa sympathie pour lui, pourra difficilement intervenir.

Note au 17/05

Moon Jae-in donne ce jour une nouvelle preuve d'indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Il menace de demander le retrait du système THAAD installé sans aucune autorisation par Washington, si les procédures coréennes légales n'ont pas été respectées.

"We have to look into issues including the possibility of sending back THAAD, if it has not properly undergone domestic legal procedures," Yonhap news agency quoted Woo as saying during a radio interview.


14/05/2017
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