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Préciser au plus vite les thèmes des futures oppositions

Emmanuel Macron a été élu avec plus de 65% des votes, comme le laissaient présager les sondages. Mais il a été élu avec un nombre important d'abstentions, environ 26% et un nombre record de votes blancs estimés à 8% . Même si tous les abstentionnistes ne peuvent être comptabilisés comme anti-Macron, l'essentiel de ceux-ci, ainsi que les votes blancs résultant du refus de choisir entre Macron et Marine Le Pen, font que l'élection du nouveau Président, en fait sinon en droit, n'a été décidée que par une minorité d'électeurs.
Macron n'aura recueilli sur son nom qu'environ 20 millions de suffrages sur les 46 millions de français en âge de voter. De plus, de nombreux électeurs d'Emmanuel Macron n'ont voté pour lui que pour faire barrage à Marine le Pen. Sauf erreur, c'est la première fois dans l'histoire de la 5e République qu'un Président aura été si mal élu.

On peut donc penser que le pays est profondément divisé et n'arrivera pas à s'unir sous ce nouveau Président. Des pans entiers de la population paraissent prêts à entrer dans une opposition radicale, que certains observateurs pensent pouvoir qualifier de future sécession.

Ce qui sauvera momentanément le nouveau pouvoir sera l'incapacité, pour un temps, des opposants de tous bords à s'unir dans une opposition cohérente. Ceci apparaît déjà dans la préparation des futures élections législatives. Face aux candidats de En Marche, une gamme incohérente d'adversaires se prépare. Elle réunit ce qui reste de vrais réfractaires dans le Parti socialiste, les soutiens de la France Insoumise, c'est-à-dire de Jean-Luc Mélenchon, quelques « communistes » et bien évidement les membres du Front National. Ceux-ci, même s'ils se divisent entre durs et moins durs, sur le mode de Florian Philippot, même si beaucoup reprochent à Marine Le Pen de nombreuses erreurs de campagne, ne devraient jamais accepter de se rallier à la nouvelle majorité présidentielle. Si Marine Le Pen se refusait compte tenu de son échec à en prendre la direction, il faudrait qu'un autre le fasse...et que le FN change de nom.

Parmi ces opposants, on ne comptera évidemment pas ceux qui, chez Les Républicains, le Parti socialiste ou le Modem, font aujourd'hui quelques objections de forme à rejoindre En Marche, non par conviction mais pour faire payer plus cher leur ralliement.

Les conflits de principe ou oppositions personnelles caractérisant ces divers opposants les empêcheront de se présenter rassemblés aux électeurs, en se mettant d'accord sur des candidats uniques face à ceux de En Marche. Tout laisse donc penser qu'une majorité présidentielle substantielle favorable au nouveau Président se dégagera, lui laissant les mains libres pour appliquer ses objectifs politiques et géostratégiques, ou plutôt ceux des forces profondes qui ont provoqué sa candidature et financé sa campagne.

Deux France

Il en résultera qu'à terme, deux France se dégageront et nécessairement s'opposeront. La première sera une France des beaux quartiers profondément imbue de libéralisme économique, de soumission aux intérêts financiers et à l'Amérique. La deuxième France sera celle des quartiers urbains périphériques et d'une partie de la France rurale, qui refuseront de plus en plus de servir les intérêts de la première. Mentionnons seulement pour être précis que dans la première France, celle dite ici des beaux quartiers, figurent aussi un certain nombre d'opposants à Emmanuel Macron se présentant eux-mêmes comme de gauche – notamment un certain nombre de militants de la France Insoumise.

Confrontés aux prochaines élections législatives, comme aux 5 années suivant ces dernières, les opposants ont théoriquement deux possibilités. La première consistera à s'unir quelles que soient leurs divergences pour constituer à tous une forte minorité voire une majorité de députés. Cette union n'est pas impossible, mais paraît cependant très improbable vu les antagonismes actuels entre les diverses oppositions. La France Insoumise et le Front national, par exemple, accepteraient-ils de s'entendre sur le candidat le mieux placé pour l'emporter sur un candidat En Marche ou Les Républicains.

L'autre solution serait que les deux composantes majeures de l'opposition, France Insoumise et Front national, se bornent à tenter, dans les circonscriptions où ils pourraient l'emporter sur En Marche ou Les Républicains, de faire élire un de leurs représentants. Ils pourraient ainsi constituer dans la future Assemblée Nationale des minorités plus ou moins fortes susceptibles de gêner beaucoup la mise en oeuvre du programme d'Emmanuel Macron, comme les dérives possibles de ce dernier vers un pouvoir personnel.

Dans les deux cas, ces minorités seront, lors des élections comme durant les 5 années qui viennent, d'autant plus aptes à susciter des soutiens dans l'électorat qu'elles préciseront les grandes lignes de leurs objectifs politiques, en mettant en évidence les points de convergence, nombreux selon nous, que ces objectifs pourraient présenter.

Il devrait leur être possible de recenser ces points de convergence et de préciser les questions sur lesquelles les divers programmes demeurent encore trop flous. Ainsi, concernant l'Union européenne ou l'euro, il serait indispensable, sans mentionner une possible sortie qui paraît aujourd'hui très impopulaire, de se mettre d'accord sur les aménagements que France Insoumise et Front national jugent aujourd'hui nécessaires. L'opposition se distinguerait ainsi de la soumission à des institutions conçues dès l'origine pour imposer le poids des Etats-Unis et de la finance atlantiste sur l'ensemble de l'Europe, et en particulier sur une France jugée encore trop « gaullienne ».

Nous nous efforcerons pour notre compte de recenser sur ce site les divers éléments qui devraient selon nous être pris en compte par les futures oppositions, quelles que soient par ailleurs leurs divergences.

Annexe

Quelques thèmes susceptibles d'inspirer de futures oppositions au « macronisme ». Ils devront être développés d'autant plus énergiquement que le pouvoir les passera sous silence ou les combattra (liste à préciser et compléter)

L'opposition devra se doter de moyens efficaces pour analyser et si besoin critiquer les décisions du pouvoir

Place de la France dans le monde

La lutte contre l'américanisation croissante de la France

L'ouverture diplomatique et économique à l'Eurasie

Le refus d'une soumission à l'Allemagne

Les points sur lesquels la France et son gouvernement devraient se battre pour faire aménager l'Union européenne et l'euro. Les méthodes le permettant

L'élargissement du concept d'Europe à d'autres pays européens, dans le cadre de projets transnationaux non nécessairement liés à l'Union européenne. Par ailleurs, il semble opportun aujourd'hui, compte tenu du scepticisme général du corps électoral, d'abandonner momentanément le projet de sortir de l'Union et de l'euro

Pousser à la participation de la France aux programmes russo-chinois , notamment le projet dit Nouvelle Route de la Soie

Défense.

Place de la politique de défense de la France. Définition plus précise de l'adversaire potentiel. Il ne peut s'agir que de la seule Russie

Otan. Faut-il en sortir et comment? 

Armements: intensifier la politique de recours aux industries nationales, même si celles-ci sont plus coûteuses que les industries américaines, ou européennes quand elles existent (cas du A400 M)

Islam

Renforcer la lutte contre le terrorisme islamique. Refuser les concessions électoralistes à l'islam. Lutter plus efficacement contre le salafisme d'origine saoudienne

Contrer efficacement l'envahissement des villes, des régions et plus généralement des institutions par un islam de conquête

Refuser toutes relations avec les pétro-monarchies qui financent le terrorisme islamique

Rejoindre la Russie dans son ferme soutien à Bashar al Assad

Investissements

Proposer des Investissements français publics, permettant de répondre à des besoins français non satisfaits et d'échapper au monopole de décision des banques et des intérêts américains

Élargir et financer les moyens et le rôle de la science et de la recherche française au sein de la communauté scientifique internationale. Echapper au monopole de la science américaine

Renforcer la lutte pour les énergies renouvelables et contre le changement climatique

Société

Lutter contre des tendances possibles à la mise en place d'un pouvoir personnel au profit du président de la République

Lutter contre les abus du 49,3

Code du travail. Lutter contre les « réformes » correspondant aux seuls intérêts du grand patronat. Proposer les mesures permettant cependant son évolution en fonction des évolutions sociétales et technologiques. Ne pas laisser affaiblir le rôle des syndicats nationaux

Place des femmes dans la société. Refuser les mesures accroissant la dépendance de la femme

Lutte contre les inégalités. Refuser les mesures accroissant les inégalités. Préciser et élargir les politiques de réduction des inégalités

Dénoncer la prise en main des médias « officiels » par le pouvoir. Dénoncer en permanence la propagande et les fausses nouvelles avérées

Développer au sein de l'opposition les médias non alignés, notamment ceux présents sur l'Internet (sites, blogs)



 


12/05/2017
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13/05/2017 17:12:46 | Par : Jean-Claude Empereur
Je pense que tôt ou tard il faudra créer et structurer un véritable " bloc national" que seul l'approfondissement de la crise sous sa triple composante financière , identitaire et au bout du compte, géopolitique rendra inévitable.
La question est de savoir de quoi sera composé ce bloc.
Deux questions se posent aujourd'hui qui n'ont pas été posées dans le bon ordre au cours de cette passionnante campagne  : que faire? et comment en est on arrivé, là ?
Malheureusement les différents candidats, par opportunisme et par électoralisme, voire par démagogie,se sont contentés de ne poser que la première c'est ã dire la plus facile ,sans jamais aborder la seconde qui , bien entendu , était un préalable , mais qui était aussi la plus difficile et surtout la plus dangereuse.
Tout est donc ã recommencer. Il faudra du temps...
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