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Trump et la Palestine

Donald Trump a reçu récemment à la Maison Blanche le président Palestinien Mahmoud Abbas. Il lui a promis d'agir en médiateur ou arbitre dans les futurs pourparlers de paix entre la Palestine et Israël. C'est le rôle que s'était attribué depuis des années Barack Obama, sans aucun succès.
L'objectif a toujours été pour les Etats-Unis de travailler à la mise en place d'une « solution à deux Etats » dans laquelle l'Etat palestinien serait constitué sur les bases des frontières 1967 de la région. Ceci signifierait que l'Etat Palestinien comprendrait la Cisjordanie et Gaza, avec Jérusalem-est comme capitale.

Israël a toujours été hostile à cette solution. Ayant fait échoué les négociations, il a multiplié des installations en Cisjordanie, provoquant l'indignation impuissante de la Palestine.

Comme le lobby américain dit « israélien », l'AIPAC, soutient toujours fidèlement les positions de Tel Aviv, il serait étonnant que Trump, de plus en plus soucieux de sa popularité après de ce lobby, prenne vis-à-vis de Mahmoud Abbas des positions très différentes.

Aussi bien il s'est borné à émettre des points de vue d'une grande naïveté: « les deux parties se sont toujours détesté, mais on peut espérer qu'elles ne le feront pas indéfiniment » ou bien « Les enfants de Dieu doivent respecter la vie humaine et condamner ceux qui s'en prennent aux innocents ». Il a par ailleurs continuer à soutenir, comme ses prédécesseurs, des initiatives américaines destinées à créer des activités économiques en Palestine.

Les frontières de 1967

Ni Trump ni Abbas n'ont mentionné une récente déclaration surprise du Hamas, par laquelle cette organisation sunniste radicale, souvent qualifiée de terroriste, avait annoncé reconnaitre ces frontières, rejoignant en cela la position du Fatah de Mahmoud Abbas.

Cette position semble résulter d'une réunion organisée à Moscou en Janvier 2017 entre les diverses factions palestiniennes. Poussés par la diplomatie russe, Hamas, Fatah et diverses autres petits mouvements palestiniens s'étaient mis d'accord pour constituer un front unique dans les futures discussions avec Israël patronnées par des médiateurs étrangers, Etats-Unis et Russie en premier lieu. On notera que le Jihad Islamique vient de rejeter cette position. Le contraire aurait été étonnant. 1)

Cette intervention de Moscou est significative dans une région où les Etats-Unis ont définitivement perdu l'autorité pour être un médiateur unique.

Sans que les problèmes à résoudre soient identiques, on peut penser qu'une médiation internationale du type de celle ayant permis d'aboutir à l'accord sur le nucléaire iranien serait la seule façon d'avancer. Moscou se dit décider à jouer un grand rôle en ce sens.

Reste à savoir si Israël, qui se trouve fort bien de la situation actuelle lui permettant de s'approprier de plus en plus de territoires en Palestine, acceptera une telle approche multipolaire.

Quant à Trump, lors de sa rencontre avec Mahmoud Abbas, il n'a pas fait allusion à cette perspective. Sans doute suivait-il en cela les consignes de l'Aipac. Mais peut-être aussi n'avait-il pas même pas entendu parler de la réunion de Moscou.

1) Voir l'Orient-Le JOUR Le Jihad islamique rejette un Etat palestinien dans les frontières de 1967

https://www.lorientlejour.com/article/1050381/le-jihad-islamique-rejette-un-etat-palestinien-dans-les-frontieres-de-1967.html



07/05/2017
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