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Les Kurdes, les Turcs et Donald Trump.

Le President turc Recep Tayyip Erdogan, que plus rien n'arrête depuis qu'il s'estime légitimé par le référendum du 16 avril en sa faveur, vient de faire bombarder des unités de combattants kurdes syriens activement engagés dans la lutte contre l'Etat Islamique (EI) en Syrie, qu'il prétend lui-même combattre. Il les a menacé d'autres attaques des Forces Armées Turques (Turkish Armed Forces ) pouvant survenir à tous moments .
Il s'agissait d'unités dites Kurdish Peoples' Protection Units (YPG) dont on connait le rôle actif dans cette lutte. Les reportages télévisés les montrent régulièrement en pleine action. Ces unités semblent d'ailleurs comporter plus de femmes-soldates que d'hommes. Elles suscitent l'admiration du monde entier.

Les Etats-Unis les ont aidé depuis longtemps dans ce combat, ce qui était tout à fait normal. Cette aide est plus diplomatique que matérielle, mais elle a son importance. Obama avait décidé en son temps d'appuyer les YPG et Donald Trump a poursuivi cette politique. Les deux présidents ont soutenu la création des Syrian Democratic Forces (SDF), comportant une majorité de Kurdes mais aussi quelques ressortissants des pays arabes engagés dans la coalition internationale mise en place contre l'EI par les Etats-Unis.

Ceci étant, Ankara a toujours affirmé que les YPG constituent des groupes terroristes travaillant pour la branche syrienne du Kurdistan Workers' Party (PKK), qui revendique depuis toujours l'indépendance du Kurdistan turc et qui mènent de nombreux attentats en Turquie depuis 1984. L'objectif prioritaire actuel d'Erdogan est de convaincre Trump de renoncer à ce soutien – et de le laisser se débarrasser des YPG (ie les massacrer), ce qu'il pourra faire sans grandes difficultés vu l'inégalité des forces militaires en présence.

Ce thème devrait être un élément essentiel de la rencontre Erdogan-Trump prévue le 16 mai prochain aux Etats-Unis. Erdogan y indiquera vraisemblablement que si les Etats-Unis rompent avec les YPG, il engagera des forces importantes dans la bataille pour la prise de Raqa, le fief de l'EI, bataille qui s'éternise vu la résistance désespérée des islamistes. Des analystes indiquent que si Erdogan au contraire n'obtenait aucune concession de Donald Trump, il pourrait contribuer à faire avorter le siège de Raqa.

Les stratèges de l'International Crisis Group (ICG) conseillant Donald Trump sont très embarrassés. Ils ont bien conscience que les YPG sont indispensables pour combattre les islamistes, mais ils savent également que ceux-ci soutiennent le PKK, ennemi juré d'Erdogan.

Erdogan bénéficie depuis son revirement à l'égard de la Russie d'un soutien de principe de Vladimir Poutine. Ceci constituera-t-il un élément en sa faveur de la part du Trump actuel (dit Trump 2.0), ou en sa défaveur? Mystère. Il est certain que Trump ayant avoué, à la célébration de ses 100 jours à la Maison Blanche, que le métier de Président était plus compliqué qu'il ne l'avait imaginé, le dossier Erdogan-YPG constitue d'ores et déjà un nouveau problème qu'il devra régler, autrement que par des tweets laissant place à toutes les interprétations.

02/05/2017
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