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Perspectives pour le 2e tour.

Cet éditorial marque une reprise progressive d'activité du site Europe Solidaire, en fonction des possibilités physiques de son rédacteur sous-signé.
Un certain nombre des membres de notre association se préparent, pour beaucoup faute de mieux, à élire Macron le 26 Avril à la Présidence de la République. Certains cependant voteront pour Marine Le Pen (MLP). Ils m'ont demandé de préciser ici les raisons qui pour eux justifieront ce véritable bouleversement après des décennies de politiquement correct imposant un front républicain qui pour eux a permis le maintien au pouvoir de mêmes « élites » de gauche ou de droite contribuant au maintien des inégalités, des intérêts de la finance internationale et des stratégies atlantistes.

Certes à ce jour le succès de Macron paraît assuré. Tous les candidats éliminés au 1er tour ont invité à voter pour lui, sauf Mélenchon qui ne s'est pas prononcé. A supposer qu'un petit pourcentage des électeurs de celui-ci se reportent sur MLP, leurs votes ajoutés à ceux de MLP ne suffiront pas à lui assurer une majorité.

Ceci dit, les grands partis éliminés, notamment les Républicains et le PS, se sont tous, au niveau des états-majors, ralliés à Macron. Mais reste à savoir si leurs électeurs suivront. Certains s'abstiendront sans doute, mais d'autres se décideront peut-être à voter MLP. Le même phénomène se produira peut-être au niveau des petits partis, dont les électeurs cumulés représentent un nombre respectable de voix.

Il leur faudra pour cela de solides raisons, compte tenu de la conjonction, comme rappelé ci-dessus, des forces politiques ayant enfermé MLP, dès le début de sa candidature, sous un plafond de verre apparemment infranchissable. Ces raisons seront de deux sortes.

Il faudra que le rejet du système actuel devienne suffisamment fort et généralisé pour qu'un nombre suffisant de citoyens se résolvent à tenter une aventure certes risquée mais permettant, selon l'expression, de « casser le système ». C'est ce qu'avaient tenté aux Etats-Unis un certain nombre des électeurs de Donald Trump. Sans succès d'ailleurs car Trump se révèle aujourd'hui un parfait représentant du système politico- militaro- industriel américain, sous une forme un peu différente. Mais rien n'interdit d'espérer, l'espoir étant inhérent à la vie politique, que MLP une fois élue se comporte mieux que Trump au regard du système qui étouffe la France.

Comment casser le système

Mais il faudra pour cela que MLP, deuxième raison du changement espéré, se débarrasse, dès avant les élections de mai, et tout au long du quinquennat ensuite, des adhérences à l'ancien Front National ayant non sans raisons justifié le rejet de celui-ci par une majorité de l'opinion. Il y aura les discours et les interventions intempestives du vieux Jean-Marie Le Pen, comme de celles de Marion Maréchal qui malgré son jeune âge n'est pas très différente. Il sera nécessaire aussi de rompre de fait avec toute une clique de cadres ou membres du FN qui ne se débarrasseront jamais d'un catholicisme intégriste, du refus de la démocratie sociale et autres valeurs de la République. Peut-être devrait-elle comme certains lui suggèrent, créer un nouveau parti ne se nommant plus FN.

Dans le même temps, elle devra s'entourer de collaborateurs nouveaux, professionnellement très qualifiés et partageant sans arrière-pensées les objectifs politiques nouveaux qu'elle a déjà commencé à préciser et qu'il lui faudra dans les meilleurs délais enrichir et faire vivre dans l'opinion.

C'est évidemment sur ce dernier point qu'elle sera attendue et jugée, non seulement en France mais à l'étranger. Nous n'en proposerons pas un recensement dans ce court article. Signalons une prise de distance progressive et négociée au plan européen, avec des Etats partageant les mêmes objectifs, vis-à-vis des institutions européennes et sans doute de l'euro. Il faut mentionner aussi un renforcement très attendu des frontières nationales face tout autant à l'immigration islamique qu'aux emprisesd'une mondialisation économique imposée par Wall Street.

La question la plus importante sera cependant la volonté d'une MLP future présidente de la République d'inserrer la France dans un dialogue constructif avec la Russie et plus largement l'Eurasie, comme l'avait voulu Charles de Gaulle en son temps.

On imagine dans ces conditions la puissance des intérêts qui se mobiliseront pour décourager les électeurs de voter MLP. Mais un inattendu n'est pas impossible.

26/04/2017
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