Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Tillerson à Moscou. Trump veut-il réellement une guerre avec la Russie?

Cette guerre constitue une perspective effrayante pour l'ensemble du monde, mais la rencontre le 12 avril à Moscou du secrétaire d'Etat américain Tillerson et du ministre des affaires étrangères russe Lavrov, suivi d'un entretien de Tillerson avec Vladimir Poutine, comme les déclarations de Trump peu après, peuvent faire penser que celui-ci est de plus en plus résolu à en courir le risque.

Tillerson était chargé par Trump de porter aux Russes le message selon lequel leur soutien à Bachar al Assad devait cesser. Moscou devait accepter un « regime change ». Ceci au prétexte cependant non vérifié que Bashar avait conduit une attaque au gaz contre des civils dont de nombreux enfants. « Nous en sommes certains » a dit Tillerson.

Lavrov a répondu que l'allégation américaine était sans preuves et que l'attaque en ayant suivi de 59 missiles de croisière contre un aérodrome syrien était une violation du droit international. Il a ajouté que la Russie refusait le choix imposé par Washington d'être « avec nous ou contre nous ». Il a signalé par contre que Washington continuait à soutenir les filiales d'Al Qaeda, notamment le front Al Nusra, afin d'en faire une réserve « en vue d'un Plan B destiné à renverser ultérieurement Bashar ». Ceci ne pourrait, a-t-il dit, qu'entrainer des conséquences catastrophiques, comme ce fut le cas précédemment de la Yougoslavie à l'Irak et la Libye.Enfin, il a indiqué que Poutine n'avait pas l'intention dans ces conditions de rétablir la ligne spéciale de communication avec Washington ni l'accord de coordination USA-Russie  de l'automne 2015 que les Russes ont désactivé à la suite à l'attaque du 6 avril.

Poutine rencontra Tillerson dans l'après midi du mercredi, qu'il connaissait déjà comme président d'ExxonMobil. C'était un signe d'attention à l'égard de Trump, mais rien de significatif n'a filtré de cet entretien.

Dans la conférence de presse ayant suivi, Tillerson a indiqué que le niveau de confiance entre les deux Etats était au plus bas, ce qui était dangereux entre deux puissances dotées de l'arme nucléaire. La situation pourrait dégénérer à n'importe quel moment, a-t-il menacé.

Le même jour, lors de la discussion au Conseil de Sécurité d'une résolution américaine, soutenue par la Grande Bretagne et la France, demandant une enquête de l'Organisation pour la prohibition des Armes Chimiques (OPCW), la Russie a opposé son véto, soutenue par la Bolivie et 10 autres membres du Conseil. Trois autres, comprenant la Chine, se sont abstenus. L'ambassadeur russe Vladimir Safronkov a reproché au projet de résolution occidentale d'accuser sans aucune preuve la Syrie d'avoir utilisé des armes chimiques, ce qui ne justifiait pas une enquête de l'OPCW.

L'ambassadeur de Damas, Bashar Ja'afari, avait affirmé que son gouvernement avait des preuves du transfert de cargaisons de sarin vers les groupes terroristes, à partir de la Libye et à travers la Turquie.

Plus tard, ce même mercredi, heure américaine, Trump a renforcé ses pressions sur Moscou, lors d'une conférence de presse avec le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg. Celle-ci avait été consacré à la décision de l'Otan d'accepter la candidature du Monténégro, fort mal vue par la Russie. « J'avais dit précédemment que l'Otan était obsolète. Je ne le pense plus du tout ».

De son côté ce jour, Moscou a confirmé l'envoi en Méditerranée de plusieurs unités de la flotte de la Baltique, la frégate porte-missiles Admiral Grigorovich et 4 corvette de la classe Steregushchiy. Elles rejoindront les 6 autres navires de guerre russes et leurs embarcations d'accompagnement déjà déployées dans les eaux syriennes.

Note

 Ajoutons que les menaces de Trump ne tiennent pas compte de la faiblesse militaire américaine relativement à une intervention en Syrie. Voir à ce sujet un article bien informé de Sic Semper Tyrannis
http://turcopolier.typepad.com/sic_semper_tyrannis/2017/04/where-are-the-heroes-by-publius-tacitus.html

Autrement dit, une intervention américaine ne pourrait être que nucléaire
13/04/2017
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire