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Attentat au gaz sarin en Syrie

Nous n'avons pas ici d'expertise de terrain suffisante pour juger de la réalité d'une attaque au gaz sarin imputée à Bashar al Assad par les Occidentaux. Pourtant beaucoup d'arguments plaident en sa défense.
Le plus convaincant est le cui bono? A qui profite le crime? On ne voit pas vraiment, même en se torturant l'imagination, quel bénéfice Assad en tirerait, alors qu'il est en passe de gagner la bataille contre les islamistes en Syrie.

On voit très bien au contraire l'objectif que recherchent tous ceux qui veulent rendre impossible l'utilisation par les Russes des bases de Tartous et Lattaquié concédée par Damas. Inutile de rappeler que cette présence russe forte en Syrie a toujours exaspéré le Pentagone, qui jusque là disposait d'un monopole absolu en Méditerranée orientale.


Au delà de ceci l'alliance stratégique entre Bashar al Assad, l'Iran, le Hezbollah et la Russie pour établir une ceinture chiite au Moyen Orient inspire les plus grande crainte aux bons alliés sunnites de Washington, notamment l'Arabie saoudite et la Qatar. La première aurait été parfaitement en mesure d'organiser l'attentat mettant en cause Damas. N'évoquons pas ici le rôle qu'aurait pu jouer en appui les forces les plus conservatrices en Israël.

Les gouvernements européens qui prétendent défendre les Chrétiens d'Orient ne devraient pas pour leur part oublier que le régime de Damas en abrite des dizaines de milliers, leur ayant ainsi permis d'échapper aux décapitations promises par Daesh. Bashar renversé, ces Chrétiens n'auraient rien de bon à attendre des « terroristes modérés » armés et encouragés par l'Occident. Ceux-ci prendraient inévitablement le pouvoir à Damas.

On insiste beaucoup sur le changement d'attitude de Donald Trump. Celui-ci, après avoir rejeté le mot d'ordre de son prédécesseur « Assad must go », le reprend désormais à son compte. Pour quelles raisons? Serait-il « horrifié par l'horreur du crime » ? On peut en douter, vu les massacres que laisse encore faire Washington par ses alliés, notamment au Yemen.

Dans un article précédent 1), nous avions montré, avec de bons arguments pensons-nous, le virage qu'est en train de prendre Trump, pour se concilier les éléments les plus belliqueux de ses opposants, notamment la communauté du renseignement et l'ineffable sénateur McCain. Le prétexte d'un attentat perpétré par Damas et soutenu par Moscou lui donne une occasion inespérée de rejoindre les innombrables intérêts américains qui tireront des profits considérables d'une relance de la guerre froide, dut-elle devenir de plus en plus chaude.

Sur un plan plus technique, on peut s'interroger sur la compétence des spécialistes (notamment un expert » français s'étant exprimé récemment dans les médias), capables d'analyser les circonstances de l'explosion et d'imputer indiscutablement celle-ci au « boucher de Damas » sinon à ses alliés russes

On peut lire cependant des articles comme celui-ci 2) qui jettent un fort doute. Si les seuls enquêteurs proviennent de l'opposition syrienne et de ses agents, notamment les « casques blancs », ce fort doute subsistera. Peut-être verra-t-on un jour plus clair sur ces évènements, mais pour le moment la prudence s'impose.
Notes

1) Voir  Donald Trump retrouve pleinement les vieux réflexes de la guerre froide.
2) http://theduran.com/cnn-mainstream-media-must-apologize-fake-news-syria-chemical-attack/
On dira que TheDuran est un site (suisse?) réputé proche de Moscou, et accusé par les occidentaux de répandre de fausses nouvelles. Je lis pour ma part régulièrement des chroniques de son rédacteur en chef Alexander Mercouris que je trouve toujours remarquables.

Complément au soir du 06/04.

Ce ne fut sans doute pas l'explosion d'un dépôt de sarin provoquée involontairement par un bombardement de l'aviation de Assad, comme l'évoquaient les Russes, qui a provoqué le massacre. Mais pourquoi évacuer d'emblée l'hypothèse qu'il s'agirait de bombes au sarin qui circulent abondamment dans l'opposition armée au régime, et que cette opposition aurait utilisées contre son propre peuple, afin de soulever l'indignation à l'égard de Assad? On imagine aujourd'hui aussi que l'attentat pourrait provenir   d'extrémistes anti-Assad s'étant développés au sein même des troupes du régime.
06/04/2017
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