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L'Afrique du Sud en pleine débâcle

L'Afrique du Sud, qui s'était positionnée comme membre important du BRICS, va-t-elle devenir une dictature d'affairistes aux mains de l'actuel président Jacob Zuma? Dans ce cas, on verrait mal quel rôle elle pourrait jouer dans une entité comme le BRICS.
Il faut dire qu'après le Brésil, devenu très peu intéressé par l'organisation, ou comme l'Inde, très dubitative, ne resterait plus que la Russie et la Chine pour espérer mettre en place via le BRICS de grands projets d'infrastructure et de coopération économique internationale. Et encore, la Chine aura du mal à le faire compte tenu de l'incertitude qui règne sur le statut politique du Xinyang.

Concernant l'Afrique du Sud, quinze membres du gouvernement viennent d'être remerciés, après une semaine d'attente. Il s'agit de neuf ministres et six ministres adjoints. Le plus emblématique est le ministre des finances Pravin Gordhan. Depuis des mois il s'était opposé à Jacob Zuma, notamment sur la gestion des finances publiques. Il lui reprochait d'engager des projets trop couteux, d'un intérêt discutable sauf pour rendre plus populaire l'actuel président. Celui-ci, non sans raisons, est considéré par l'opposition comme préparant une sorte de dictature à son profit

Autre victime de ce remaniement, Blade Nzimande, le leader du Parti communiste. Cet allié historique de l'ANC, le parti au pouvoir, était devenu très critique du gouvernement Zuma. Le parti communiste avait d'ailleurs menacé de retirer ses ministres du gouvernement si Zuma se débarrassait de Pravin Gordhan.

Zuma et ses amis, en particulier la famille Gupta, veulent manifestement se donner les mains libres pour puiser sans contrôle dans le trésor public. La nomination de Malusi Gigaba  l'ancien ministre de l'Intérieur pour remplacer Pravin Gordhan a provoqué la chute du rand et l'effroi dans le monde économique notamment minier. Les liens entre Gigaba et la famille Gupta sont notoires.

Le renvoi de Pravin Gordhan a une nouvelle fois illustré les profondes fractures politiques qui déchirent l'ANC, au pouvoir depuis l'élection de Nelson Mandela en 1994. En nette perte de vitesse depuis son revers aux élections locales de l'an dernier, le parti est divisé entre les soutiens de Jacob Zuma, partisan d'une "transformation radicale" de l'économie en faveur de la majorité noire, et une aile plus modérée incarnée par MM. Gordhan et Cyril Ramaphosa.

Ces divergences sont exacerbées par la course engagée pour la succession de Jacob Zuma, qui doit quitter la présidence de l'ANC en décembre dans la perspective des élections générales de 2019.

Il est évident que le fragile équilibre réalisé par l'Afrique du Sud entre représentants de la majorité noire, dont Zuma s'était institutionnalisé le champion, et ceux des autres communautés, blanche et asiatique notamment, risque d'éclater. Faut-il craindre un début de guerre civile?

NB. Pour plus de détails, voir https://www.theglobalist.com/south-african-democracy-at-risk-jacob-zuma/

02/04/2017
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