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La leçon du Pakistan aux Américains

Le nouveau pouvoir demande aux Américains d'abandonner leurs pratiques unilatérales à l'égard du Pakistan. Il existe maintenant un gouvernement et une assemblée qui veulent être considérés comme maîtres du destin du pays.

Au Pakistan, la première conséquence de l'arrivée au pouvoir du nouveau Premier ministre Yousaf Raza Gilani,  après l'installation de la nouvelle majorité issue de l'élection, est une sévère mise en garde à l'encontre de Washington. Le nouveau pouvoir réclame des Américains une nouvelle façon d'affronter les extrémistes islamiques, qui consisterait à discuter plutôt que tirer.  («...prioritise talking as well as shooting in the battle against Islamist extremism»).

Plus clairement, il demande aux Américains d'abandonner leurs pratiques unilatérales à l'égard du Pakistan, ayant pour effet l'instrumentalisant de celui-ci dans la lutte contre l'extrémisme islamiste.  Le Pakistan n'est plus le champ de tir aux islamistes (“killing field « ) que les Américains voulaient qu'il soit, vient d'affirmer le dignitaire  pakistanais Nawaz Sharif  à l'ambassadeur américain John Negroponte.  Le thème sous-jacent est que le temps n'est plus où le président Pervez Musharaf décidait de tout, étant lui-même aux ordres des Etats-Unis. Il existe maintenant un gouvernement et une assemblée qui veulent être considérés comme maîtres du destin du pays.

Faut-il voir derrière ces affirmations, fort compréhensibles au demeurant, une résurgence cachée de l'Islam radical ou simplement la réaction d'un peuple lassé d'être méprisé par les Etats-Unis et ne supportant plus les destructions causées par leurs interventions militaires dans les zones tribales ? Comme les islamistes radicaux ne semblent pas avoir été très écoutés aux dernières élections, nous pencherions pour la seconde solution.

Mais plus globalement, la position de Yousaf Raza Gilani et de ses amis nous confortent dans l'opinion que nous avions précédemment exprimée, à l'occasion de l'attentat contre Benazir Bhutto (http://www.pan-europe.org/article.php?article_id=359&rubrique_id= ). Le meilleur service que l'Occident pourrait rendre au Pakistan serait de le laisser se débrouiller seul dans sa zone géographique, y compris avec les islamiques. Toutes les interventions militaires occidentales, non seulement fragilisent les pouvoirs « démocratiques » modérés, mais multiplient les recrutements de talibans.

La leçon aurait du être apprise depuis longtemps en Irak. Elle est en train de l'être, cruellement, en Afghanistan. C'est le moment que choisit Nicolas Sarkozy pour impliquer la France dans un combat d'arrière-garde dont  les retombées désastreuses ne vont pas tarder à se faire sentir.
Les notes :
29/03/2008
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