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Erdogan joue sur tous les tableaux en Syrie

Le président turc Recep Erdogan vient d'annoncer la prochaine phase de son offensive militaire « Bouclier de l'Euphrate » en Syrie du nord. Les forces turques, après avoir repris Al Bab aux islamistes, où elles prévoient d'installer une base militaire , vont essayer de prendre Manbij sous contrôle des Kurdes syriens.

 L'objectif sera ensuite d'attaquer Raqqa, la « capitale proclamée » de l'Etat islamique EI.  Depuis des semaines la coalition dirigée par les Etats-Unis s'était donné cet objectif, sans rien tenter, ou sans rien pouvoir tenter, de sérieux en ce domaine. Si Erdogan y réussissait, ce serait une défaite majeure pour l'EI.

Dans le même temps, les forces gouvernementales syriennes, avec le soutien de l'Iran, espèrent retarder l'offensive turc en s'emparant des voies d'accès de Al-Bab à Manbij. Ainsi elles pourraient établir une liaison avec les milices kurdes syriennes, le cauchemar de Erdogan. Damas affirme en effet que sous prétexte de combattre l'EI, la Turquie veut s'emparer de territoires riches en eau et en pétrole. Ceci paraît incontestable et serait en cas de succès une défaite grave pour le gouvernement syrien de Bashar al Assad.

Erdogan ne paraît pas vouloir s'embarrasser de ces résistances. Il compte sur l'appui de la Russie. Moscou est partagé entre son alliance irrévocable avec Damas et le fait que la Turquie l'aide très sérieusement à combattre l'Etat islamique...le tout contribuant également à réduire encore l'influence militaire américaine dans la région.

Dans le cadre de ses nouvelles relations avec Washington, à la suite à l'élection de Donald Trump. Erdogan envisage désormais, loin de se détacher de l'Otan comme précédemment décidé, mais d'y rester pour y jouer un rôle clef - ceci à condition que Washington cesse d'aider les Kurdes. L'Otan se prépare désormais à établir une présence navale permanente en Mer Noire, considérée par la Russie comme élément essentiel de son influence . Erdogan demandera à y jouer un rôle clef (http://newsinfo.inquirer.net/872525/nato-to-boost-naval-presence-in-black-sea).

Parallèlement, Erdogan continue à jouer la carte russe. Il envisage toujours d'y acheter des missiles S-400, qui lui donneront un avantage militaire considérable. Moscou, qui cherche à fournir de tels missiles à la Chine et à l'Inde, n'y verra que des avantages.

Plus généralement,Erdogan continue à cultiver l'"alliance"  russe,  sans attendre que Donald Trump ait précisé ce que pourrait être sa politique dans la région. Il se rendra à Moscou les 9 et 10 mars. Poutine prendrait un risque considérable en se fâchant avec lui, et celui-ci le sait parfaitement.

01/03/2017
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