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Non à la France dans l'Otan

Nous voulons reprendre ici les termes d'un éditorial précédent marquant notre opposition au retour de la France dans l'Otan. Même si notre voix est dérisoire, il nous semble indispensable de la faire entendre. Remarquons cependant que deux anciens ministres des Affaires Etrangères disent la même chose en des termes différents : Hubert Védrine et Alain Juppé.

Il faut s'élever contre un changement de politique  qui va à l'encontre de plus d'un demi-siècle où la France avait tenu, non sans succès, à se démarquer des choix imposés aux membres de l'Otan par les Etats-Unis. Ceux-ci ont toujours fait de l'Otan un instrument de projection de leur puissance militaire et industrielle.  L'affaiblissement de cette puissance, observée aujourd'hui, ne la rend pas moins dangereuse.  Elle cherchera, plus que jamais, à susciter des situations d'affrontements bénéficiant à l'appareil militaro-industriel qui demeure,  derrière le discours plus tempéré de Barack Obama, la principale charpente de l'Administration Fédérale. Dans ces affrontements, les intérêts géopolitiques et économiques des « alliés » auront de moins en moins de chance d'être entendus.

Certains Européens veulent croire que, confrontés à la crise économique et devant restreindre leurs engagements militaires, les Etats-Unis prendront un ton plus conciliant à l'égard de la Russie, de l'Iran, des puissances asiatiques et même de tous ceux menant contre eux sur divers fronts des guerres dites de 4e génération, notamment en Afghanistan et au Pakistan. Barack Obama ne vient-il pas d'envoyer une longue lettre à Dmitri Medvedev pour proposer de reprendre le dialogue, et notamment de suspendre l'installation du bouclier antimissiles BMDE. Mais pour le moment ils  continuent à entretenir une politique irresponsable de « containment », en entretenant des bases et des manœuvres souterraines aux frontières de la Russie.  Certains observateurs les soupçonnent de craindre (sinon d'encourager) une éventuelle alliance russo-chinoise visant à profiter des faiblesses futures de l'Amérique. A supposer que cette éventualité se précise, l'Europe, faible, exposée et bâillonnée par son appartenance à l'Otan, ne pourrait jouer aucun rôle en propre.

Les atlantistes européens rétorqueront que, si ces risques étaient  réels, ils  militeraient  en faveur d'un resserrement de la vieille alliance atlantique. Ce serait en effet l'ordre euro-atlantique tout entier, dont ils cherchent aujourd'hui à provoquer le réveil, qui serait menacé et qui devrait donc se défendre en resserrant les rangs sous le parapluie militaire américain. Or, souvenons-nous que, dans la perspective de protéger  la souveraineté militaire et politique de la France, Charles de Gaulle avait défendu avec succès il y a 50 ans la nécessité de développer hors Otan des moyens de défense dits du faible au fort. Aujourd'hui, le même raisonnement devrait être transposé à l'Europe toute entière et ce devrait être à la France, avec le reliquat des moyens de puissance qui lui restent, de convaincre en ce sens les autres Etats européens et les institutions politiques de l'Union (celles d'aujourd'hui, en attente de celles qui se mettront en place suite à la ratification future du traité).

Une défense entièrement européenne, indépendante de toutes autres, s'impose plus que jamais. Elle doit disposer en propre non seulement des forces de projection mais de tous les matériels et technologies nécessaires à la souveraineté terrestre, aérienne et maritime relevant des compétences de l'Union. Il faudra y consacrer des dizaines, peut-être des centaines de milliards d'investissements. Mais ceux-ci, non délocalisables et automatiquement protégés, permettront  l'acquisition des compétences scientifiques et économiques indispensables à des économies civiles modernes. Si l'Europe disposait rapidement de telles forces et ressources, même en cas d'aggravation catastrophiques des tensions, elle aurait une grande chance de se faire entendre.

C'est un tel avenir que rend impossible  l'intégration de la France dans l'Otan.
04/03/2009
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