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Trump s'en prend à l'Australie. A qui le tour?

L'Australie a toujours été une fidèle alliée des Etats-Unis, y compris en soutien de la politique d'expansion dans le Pacifique relancée par Obama sous le nom de « pivot vers l'Asie ». Cette politique était clairement dirigée contre la Chine. Cependant les entreprises australiennes souhaitent conserver les liens commerciaux importants qu'elles ont avec leurs homologues chinoises.
Le gouvernement australien n'avait pas en conséquence déployé de moyens militaires, autres que symbolique, en mer de Chine méridionale, au prétexte de sauvegarder la « liberté de navigation dans les détroits » – liberté que d'ailleurs la Chine ne voulait en aucun cas menacer, puisqu'elle est vitale pour ses relations avec l'Ouest.

L'Australie n'avait pas non plus remis en cause la politique de contrôle des migrations provenant du sud-est asiatique et qui transitaient par son vaste territoire. Le moins que l'on puisse dire cependant est qu'elle ne l'applique qu'à dose homéopathique. Certes, les deux milliers d'émigrés détenus dans des iles côtières australiennes (Nauru et Manus Island) n'incitent pas d'autres candidats à l'émigration. Mais rien de semblable à l'exclusion radicale de l'émigration mexicaine annoncée par Trump n'avait encore été décidé.

C'est sans doute pour rappeler à l'Australie qu'elle ne pourra pas échapper à la domination américaine que Donald Trump a traité le premier ministre australien Malcolm Turnbull le 28 janvier d'une façon fort peu diplomatique. Il lui a reproché en termes virulents de ne pas respecter l'accord sur l'accueil de migrants négocié par Canberra avec l'administration Obama. Il l'a prévenu qu'il le tiendrait responsable de tout nouvel attentat survenant aux Etats-Unis du fait d'un terroriste étant passé pas l'Australie. Il lui dit que cet entretien téléphonique était le pire de ceux qu'il avait eu avec d'autres chefs d'Etat, y compris Vladimir Poutine. Il lui a finalement raccroché le téléphone au nez, selon l'expression française.

Par la suite, Trump a précisé que s'il « aimait l'Australie en tant que pays », il ne pouvait accepter l'accord sur les réfugiés, qu'il a qualifié d'horrible. Les mouvements de migrants venus d'Australie seront donc soumis à des contrôles extrêmes (extrem vetting) signifiant qu'ils seront pratiquement rendus impossibles.

L'hostilité manifestée par Trump à l'égard du gouvernement australien a suscité chez celui-ci une véritable crise. D'autant plus qu'elle traduisait les pressions de plus en plus fortes des Etats-Unis pour que l'Australie s'implique beaucoup plus qu'actuellement dans la lutte contre le terrorisme au Moyen-Orient et surtout dans les opérations dirigées contre la Chine en mer de Chine méridionale. Or le gouvernement Turnbull s'était jusqu'ici gardé, contrairement à celui de son prédécesseur Tony Abbott, de toute action pouvant être ressentie par la Chine comme une provocation.

Si comme l'a annoncé le nouveau secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson l'accès de navires chinois dans les iles contestées des détroits était  interdit par r l'US Navy, il pourrait en résulter, comme Pékin l'a promis, un véritable affrontement militaire. Ceci serait pour l'Australie un véritable cauchemar. Elle serait obligé de soutenir l'« allié américain » y compris militairement, avec un grand voisin comme la Chine qu'elle ne peut pas prendre à la légère. Avant cela même, ceci signifierait une rupture économique et commerciale avec la Chine. Or celle-ci constitue encore pour l'Australie un vaste marché d'exportation de produits industriels.

Des responsables politiques australiens affirment, notamment dans la presse, que si Trump continuait à traiter l'Australie comme de la m... (dirt), il en serait fini de la coopération militaire américano-australienne. Notamment les forces américaines stationnées dans le port de Darwin devraient se préparer à rembarquer. Plus précisément, l'Australie prend aujourd'hui conscience de la nécessité de se libérer de la dépendance politique et économique avec Washington. L'éditeur politique de Fairfax Media, Peter Hartcher, vient d'inciter l'Australie au réveil: «  wake up, Australia! »

C'est ce que malheureusement aucun des chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Malte n'a osé affirmer: « Wake up, Europe! ». Pourtant, celle-ci ne saurait accepter, quelles que soient les sympathies éprouvées pour Donald Trump, que celui-ci l'engage dans une guerre contre la Chine. Un peu de protectionnisme suffirait



04/02/2017
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