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De l'Europe et de son avenir…

Jacques Favin-Lévèque est membre de notre comité de rédaction. Il est convaincu de l'intérêt pour la France de demeurer dans l'Union européenne, à condition du moins que celle-ci accepte quelques modifications et par ailleurs se dégage de l'influence américaine pour se rapprocher d'autres grands puissances, notamment la Russie. Notons qu'une petite majorité des autres membres de ce comité pensent au contraire qu'il vaudrait mieux organiser une sorte de Francexit. Nous publions ici son appel dans la forme sous laquelle il nous l'a fait parvenir.


Vaste sujet, oh combien malmené depuis que la crise s'est abattue sur l'Union Européenne, réanimant les égoïsmes nationaux de chacun de ses 28 Etats membres, ce qui a du reste conduit l'un d'entre eux- et non des moindres en importance et en poids historique- à décider de sortir de l'Union...

Il est clair que l'édifice européen construit laborieusement, pierre par pierre depuis les années 50, traverse une crise dont la nature et la dimension sont existentielles. Certains expliquent doctement que la faute en est aux « élites politiques et administratives »  qui ont violé les aspirations et la volonté des peuples et que l'Europe, telle qu'elle existe à ce jour, n'est pas celle qu'ils souhaitaient. Ce discours qui relève plus du populisme de campagne que d'une pratique réaliste des relations internationales, a été notamment celui des « nonistes » lors du référendum constitutionnel en 2005, ce n'est pas pour autant qu'il soit fondé : la volonté des peuples en la matière, on peut se poser la question se savoir ce que cela veut dire, compte tenu de la diversité des opinions émises par chacun des partis politiques – et à fortiori par chacun des ressortissants nationaux. Et dans l'affirmative, comment dans un régime démocratique cette volonté populaire s'exprime-t-elle si ce n'est par le truchement des parlementaires qui la représentent ? Il est un fait, c'est que tous les traités européens du Traité de Rome en 1957 à celui de Lisbonne en 2008 en passant par celui de Maastricht en 1992 ont été ratifiés par chacun des Etats membres par voie parlementaire ou par référendum pour certains d'entre eux. Il n'en aurait pas été de même si les clauses de ces traités avaient été réellement à l'opposé de la volonté populaire.

En fait la cause réelle de l'euroscepticisme et des désillusions si répandues en Europe, et tout particulièrement en France depuis plus d'une décennie, est infiniment plus complexe et ne saurait se traduire par le simplisme des slogans de meeting ou des postures démagogiques.

Cela tient tout d'abord à l'essence même de l'Union qui n'est pas un Etat souverain et qui, à son stade actuel de développement, est une construction politico-juridique originale, à mi-chemin d'un Etat fédéral et d'une simple coalition d'Etat souverains, en fait une construction inachevée. L'Union Européenne est désormais à la croisée des chemins : l'immeuble sera-t-il couronné en définitive par une toiture couvrant l'ensemble de ses habitants ou laisserons-nous les différents étages se séparer dans le chaos de son effondrement ?

La question fondamentale est celle de la faiblesse politique inhérente à cette situation, tant en interne qu'en politique étrangère, faiblesse qui est encore plus marquée depuis quelques années du fait de la conjonction de multiples facteurs de déstabilisation.


  1. -La faiblesse structurelle de l'Union Européenne :



Elle tient à l'hétérogénéité de ses états membres qui, réunis par les valeurs communes de la démocratie et des droits de l'homme et par la volonté de surmonter les antagonismes qui ont engendré les 2 guerres mondiales et creusé un profond fossé idéologique entre les 2 blocs de la guerre froide, ne partagent pas les mêmes ambitions et les mêmes objectifs géopolitiques. De plus les aspirations pacifistes et la réticence commune quant au recours à la force dans les rapports internationaux, qui sont à la source de la naissance de l'Union Européenne et qui marquent profondément les mentalités des européens, ont engendré une faiblesse militaire qui est un handicap majeur en matière de diplomatie.



1.1 L'hétérogénéité des Etats membres de l'UE



Il serait abusif de reprendre l'interrogation de Henri Kissinger, se demandant quel numéro de téléphone appeler dès lors que l'on veut s'adresser à l'Union Européenne. Il est néanmoins indéniable que la responsabilité collective européenne est difficile à identifier, écartelée entre un Conseil Européen peinant à définir une vision commune, une Commission qui s'est condamnée à un rôle normatif, délaissant les sujets majeurs, et un Parlement Européen élu au suffrage universel sur une base électorale contestée et dont le pouvoir législatif n'est pas encore suffisamment connu.

Au-delà des déficiences de ces 3 composantes, c'est bien la structure même de l'UE qui explique cette difficulté à définir une ligne politique partagée par tous et une stratégie commune dans chacun des domaines d'activité, notamment dans les domaines intérieurs de la fiscalité ou du social, mais encore plus dans celui de l'action extérieure. L'hétérogénéité des Etats membres, tant au plan diplomatique qu'au regard de l'histoire et de la culture, rend particulièrement difficile l'établissement d'une vision commune sur les relations politiques et stratégiques à établir vis-à-vis du monde extérieur, qu'il s'agisse de la Chine et des puissances émergentes, de la Russie ou même des Etats-Unis.

Ces puissances extérieures du reste ne se privent pas d'en tirer bénéfice et se gardent bien de donner à l'UE et à ses instances politiques le poids et la considération d'un interlocuteur majeur au plan géopolitique. Elles privilégient les relations bilatérales avec chacun des Etats membres de l'UE et savent tirer profit de ce vide stratégique dans une relation qui s'apparente beaucoup plus au rapport de forces qu'au dialogue entre partenaires... et qui s'inspire de la stratégie d'Horace vis-à-vis des Curiaces...


1.2 La faiblesse militaire de l'Union Européenne



Cette faiblesse de l'Union Européenne, d'essence politique, s'accompagne d'une faiblesse militaire, non pas que l'Europe soit totalement démunie en matière de moyens de défense -la somme des budgets de défense des 28 pays de l'UE atteint 180 milliards d'Euro - mais parce que l'emploi de ces capacités souffre d'un manque de coordination et de mutualisation qui en rend l'efficacité peu optimale, tant au plan de l'engagement opérationnel qu'à celui de l'équipement des forces et des programmes d'armement.

Le possible désengagement des Etats-Unis dans leur rapport avec l'Europe, et tout particulièrement en matière de défense, que les propos du Président Trump laissent prévoir, devrait avoir- tout au moins peut-on le penser- un effet mobilisateur sur les pays de l'Union Européenne. Peut-être assisterons-nous enfin au réveil cette belle endormie..., en dépit de la concomitance de nombreux facteurs de déstabilisation qui la fragilisent.





2- Une Europe déstabilisée par de multiples crises


C'est d'abord une Europe déstabilisée par une interrogation profonde sur sa finalité et sur son périmètre géographique qui a trouvé son point d'orgue un certain 23 juin 2016 dans ce référendum britannique terriblement significatif de la crise identitaire qui secoue notre continent.

C'est aussi une Union Européenne déstabilisée par une crise migratoire dont les dirigeants ne maitrisent ni l'ampleur à venir, ni les profondes conséquences sociales, culturelles et religieuses et qui a fait apparaître un clivage politique et idéologique entre l'est et l'ouest, s'ajoutant au clivage nord sud engendré par la crise mondiale de 2008.

Un continent déstabilisé également par le terrorisme et par le retour du spectre de la guerre après plus d'un demi-siècle de paix et de prospérité, une puissance économique de premier plan déstabilisée par l'absence de la « déesse » croissance qui avait été pendant plusieurs décennies le ressort de sa prospérité, enfin une société européenne minée par un chômage endémique aux conséquences dramatiques tant pour les jeunes que pour les seniors.

Ajoutons à cette convergence de multiples facteurs déstabilisants les agissements d'une Russie en pleine renaissance de sa puissance perdue qui se manifeste dangereusement aux frontières de l'Union et qui poursuit au Moyen-Orient une politique musclée, aux buts de guerre peu clairement affichés sinon opposés à ceux des pays européens engagés avec les Etats-Unis dans la lutte contre l'Etat Islamique..

Et voilà que s'ajoute à cette accumulation d'avatars la sortie de la Grande-Bretagne...qui avec une duplicité et une habilité qui ne sont pas pour nous surprendre, a l'espoir de garder un pied dedans après avoir maintenu un pied dehors pendant plus de 40 ans ...

A vrai dire, il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences du choc que la sortie de la Grande-Bretagne va provoquer sur l'avenir à moyen terme de la construction européenne. Evoquer les conséquences politiques, financières, économiques, commerciales et humaines de cette décision, évaluer son impact sur l'image d'une Europe reconnue dans le monde entier pour l'extraordinaire leçon de paix qu'elle apporte aux peuples en guerre, mesurer le risque d'un possible effet domino au sein même de l'UE, tout cela constitue un lot supplémentaire d'interrogations sans réponse . Le Brexit dur qui semble s'engager va à l'encontre de l'espoir britannique d'obtenir de la négociation avec l'UE le beurre et l'argent du beurre. Les 27 états membres semblent heureusement décidés à ne pas transiger sur ce qui fait l'essence même de l'Union. C'est l'avenir de cette extraordinaire expérience européenne qui est en jeu dès lors qu'un membre majeur en dénonce les principes, notamment celui de la libre circulation des ressortissants des Etats membres, véritable catalyseur de la fusion des individus dans un espace politique et économique commun

Tout au plus pourrait-on évoquer brièvement ici ce que l'on peut supputer comme conséquences du Brexit en matière de défense.

Force est de constater que, contrairement à l'idée que l'on s'en fait souvent, la Grande-Bretagne, seule puissance nucléaire européenne avec la France, et dont l'effort de défense dépasse très sensiblement celui des Etats membres de l'UE les plus motivés, est beaucoup plus impliquée dans une défense de l'Europe dans le cadre de l'OTAN que dans celui de l'UE. Nos alliés d'Outre-Manche se sont toujours opposés à la création de structures de défense communautaires au niveau de l'UE, estimant que seule l'Alliance Atlantique et son bras armé de l'OTAN devaient assumer la défense collective des pays Européens. Les exemples sont nombreux et significatifs de cette volonté affichée de longue date par la Grande-Bretagne, qu'il s'agisse de son opposition légendaire à la création d'un Etat-major d'opérations Européen permanent, ou encore du financement de l'Agence Européenne de Défense.

En fait, selon les termes mêmes de Thérésa May, « la Grande-Bretagne quitte l'Union Européenne, elle ne quitte pas l'Europe ». Ce grand pays lié au continent par bien autre chose qu'un simple tunnel ferroviaire est depuis son entrée en 1973 à la fois dans et hors de l'Union, il restera sans nul doute lié par des accords bilatéraux de défense, notamment avec la France et n'hésiterait pas à l'avenir, si l'Europe était gravement menacée, à intervenir militairement à son profit soit dans le cadre de l'OTAN, soit dans celui du traité Franco-Britannique de Lancaster House qui demeure.

Il n'empêche que le rejet de l'Union Européenne par les citoyens britanniques constitue un coup extrêmement grave porté à une Europe déjà bien secouée lors de ces dernières années. Il s'agit d'un choc existentiel et symbolique susceptible de provoquer l'éclatement de l'édifice Européen, mais misons plutôt sur l'espoir d'une profonde refondation sur des bases mieux reconnues et mieux comprises par l'ensemble des citoyens européens.


3. Une stratégie européenne encore à définir



Dans un tel contexte il n'est pas étonnant que l'Union Européenne soit désorientée et se montre incapable de construire une stratégie étayée face à la crise de civilisation qui la secoue de l'intérieur et face aux bouleversements du contexte international, qu'il s'agisse des puissances solidement établies comme les Etats-Unis et la Chine et rétablie comme la Russie ou qu'il s'agisse des puissances émergentes dans une économie mondialisée.

En toute logique l'Union Européenne devrait rechercher l'établissement d'un équilibre stratégique avec chacun de ces acteurs, notamment avec les Etats-Unis en dépit de leur probable isolationnisme, avec la Chine et avec l'Inde acteurs géopolitiques majeurs du 21ème siècle, avec le continent Africain et son milliard d'habitants, mais aussi avec la Fédération de Russie qui est partie au continent Européen. La crise Ukrainienne et le comportement certes brutal de la Russie, que la faiblesse de l'Union Européenne n'a pas pu ou pas su contrer, ont creusé un peu plus encore un fossé entre deux ensembles qui, pour n'avoir pas la même conception du pouvoir politique, n'en ont pas moins des intérêts communs, ne serait-ce que pour vivre en bon entendement sur le continent qu'ils se partagent. Il est vrai que le jeu stratégique et diplomatique entre les deux parties est quelque peu biaisé par l'existence de l'OTAN, dont la survie tient encore pour une part à l'agressivité réelle ou supposée de la Russie, biaisé surtout par le poids politique et économique des Etats-Unis et par l'attitude que leur nouveau Président semble vouloir tenir dans sa relation avec notre continent. Un rapprochement avec la Russie ne serait pas pour autant le signe d'un renversement des alliances. L'autonomie stratégique que l'Union Européenne devrait rechercher signifierait simplement sa volonté de maitriser son destin et de se mettre en mesure de choisir les alliances susceptibles de défendre ses intérêts. Mais force est de constater que, dans le spectacle de désarroi donné par la frilosité des instances européennes et par l'absence de volonté politique des chefs des Etats membres, la stratégie Européenne, tant en interne qu'en externe, reste à définir...

Et pourtant..., tout n'est pas perdu... !



Lorsque, avec un peu de recul, on jette un regard sur ce qu'ont été les rapports conflictuels entre les différents pays d'Europe dans les siècles passés, on ne saurait réfuter la nécessité pour ceux-ci, désormais plus proches au sein d'un espace politique commun, de définir une ligne politique claire pour un avenir assumé en commun. Il y a toujours eu, même dans les périodes d'affrontement les plus sombres, une attirance réciproque entre chacune des parties de ce continent aux plans philosophique et artistique, aux plans scientifique et culturel, aux plans économique et industriel, certes plus ou moins marquée selon les circonstances. Ce passé historique, autant que le poids des racines chrétiennes qui avaient en leur temps réalisé l'unité Europénne au Moyen-Age, l'Europe des monastères, des cathédrales et des chemins de Saint Jacques, cette Europe dont la civilisation, la culture et la science ont marqué l'humanité entière pendant plus d'un millénaire, ne peuvent être oubliés et doivent nous inciter à surmonter les obstacles et les divergences de vue dans la période critique qu'elle traverse .

L'Allemagne et la France sont un bel exemple que l'entente est, non seulement possible en dépit des conflits les plus meurtriers de l'Histoire, mais réellement la seule voie d'avenir. C'est aussi le cas pour cette Union Européenne si critiquée et en apparence si affaiblie...



Que conclure ?


Si c'était à refaire, il est probable que les dirigeants des 15 pays de l'Union Européenne des années 90 ne décideraient pas d'intégrer aussi rapidement toute la partie orientale et balte du continent européen, insuffisamment préparée à partager les objectifs politiques et économiques d'une Union à vrai dire elle-même déjà écartelée entre des visions doublement ou triplement opposées : celle d'un simple espace économique commun et celle d'une puissance politique indépendante, celle d'une Europe du Nord « fourmi » et celle d'une Europe du sud « cigale », ou encore celle de l'économie libérale et celle du keynésianisme .

On ne refait pas l'histoire et il est bien vrai qu'il était légitime après la chute du communisme et la disparition du rideau de fer de tendre la main à ces hommes et ces femmes qui avaient été cruellement victimes de la dictature communiste pendant des décennies et qui aspiraient légitimement à la liberté et à la prospérité des pays occidentaux. Qui du reste oserait prétendre que Prague, Budapest ou Varsovie n'ont pas leur place en Europe ? Qui pourrait oublier la part de l'Europe Centrale dans la civilisation occidentale, de Copernic à Chopin et à tant d'autres ?


L'élargissement est donc un fait, on ne saurait revenir dessus, contrairement à ce que certains pourraient préconiser. Les traités qui unissent librement les pays de l'UE ne peuvent être dénoncés sans qu'il y ait consentement mutuel au divorce et le Brexit est là pour illustrer l'extrême complexité d'un éventuel détricotage de l'Union. Nous ne sommes pas à l'ère où les traités ne seraient que « chiffons de papier » et les Etats membres, liés par ces traités, étroitement imbriqués et interdépendants, se doivent de trouver des solutions pour surmonter leurs différences au sein de l'Union et pour atteindre une meilleure harmonie dans tous les aspects de leur vie commune. Tout est possible quand des hommes et des femmes de bonne volonté, animés par l'espoir de surmonter les péripéties, fussent-elles aussi profondes et multiples, et par la certitude que le succès sera au terme de leurs efforts.


Alors quelles solutions ?

Beaucoup de voies sont possibles pour sortir victorieusement de la situation décrite ci-dessus. Parmi celles-ci, l'option dite des cercles concentriques est celle qui, à mon modeste échelon de citoyen pro européen, me semble la plus réaliste.

Le 1er cercle est celui des 27 Etats membres, unis dans une zone de libre échange économique, de liberté de circulation des personnes, des biens et des capitaux sous la protection d'une agence européenne de gardes-côtes et de gardes-frontières aux moyens décuplés par rapport à Frontex et d'un système PNR pour les voyageurs aériens , assumant un contrôle efficace et sans faiblesse des flux migratoires aux frontières de l'Union.

Le 2ème cercle est celui des 19 pays de la zone Euro ayant vocation à pousser rapidement l'intégration dans les domaines régaliens - pas dans les autres domaines qui pour la plupart doivent rester de la responsabilité des Etats selon un principe de subsidiarité quelque peu oublié...- et à constituer à moyen terme une confédération Européenne. Celle-ci disposerait d'institutions propres, dérivées des structures actuelles de l'UE. Le Conseil Confédéral resterait collégial, son Président serait élu par le Parlement européen, mais les responsabilités au sein du Conseil devraient être régies par un processus décisionnel clair et adapté aux exigences de la vie internationale et de la nécessaire convergence interne au sein de la Confédération.

Enfin un 3ème cercle, celui de la Défense Commune, serait composé sur la substance des Etats membres du second cercle et réunirait dans une Structure Permanente de Coopération les pays qui souhaitent et qui peuvent aller plus vite et plus loin dans l'intégration de leurs forces armées et de leur industrie de défense. Ce 3ème cercle constituerait l'outil de défense de l'Union Européenne, sans toutefois exclure l'un ou l'autre des 27 qui accepterait de faire un effort réellement significatif au regard de sa taille et de ses capacités. Cette « Coopération Structurée Permanente », disposition malheureusement obscure inscrite au traité de Lisbonne et encore inutilisée, partirait de l'initiative lancée par la lettre conjointe des Ministres de la Défense Français et Allemand du 11 septembre 2016, véritable appel à la convergence et à l'optimalisation des efforts de défense des pays membres et pourrait potentiellement réunir au moins les 6 pays déjà engagés dans l'Eurocorps, se construisant ainsi de façon pragmatique à partir de l'existant.

La défense qui est actuellement un pilier déficient, pour ne pas dire inexistant, d'une Union Européenne marquée depuis plus d'un demi-siècle par la culture de la dépendance vis-à-vis des Etats-Unis, deviendrait alors réalité et la diplomatie Européenne, fruit qui devrait découler de l'intégration des pays du second cercle, disposerait d'un outil de défense crédible et susceptible d'affirmer le rôle de notre continent dans le concert international.


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La vision du devenir de l'Europe exposée ci-dessus paraitra sommaire, voire naïve et simpliste, aux vieux routiers de la politique et des institutions européennes. Il est bien vrai qu'elle n'est que l'ébauche d'un véritable schéma directeur à élaborer pour placer l'Union Européenne à la hauteur des défis du 21ème siècle, défis qui sont en fait ceux de la régénération d'une civilisation millénaire que l'on pourrait croire sur la pente du déclin Mais ce document n'a d'autre prétention que d'ajouter une brique d'espoir dans la difficile construction d'un espace politique commun sur notre continent et d'ouvrir des voies de réflexion à ceux qui, à l'échelon national et à celui de l'Union, ont la responsabilité de construire l'avenir de nos enfants et petits-enfants.


Unis dans la diversité, Unis dans l'adversité....


Plus que jamais, c'est le message que je lance dans ces quelques réflexions sur les temps présents et à venir...


Général(2s) Jacques Favin Lévêque

Membre du Bureau d'EuroDéfense France

Administrateur de l'Association Relations Réalités Internationales

28/01/2017
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