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Trump, le moins pire...mais de peu (II)

Dans notre article daté du 12/01, nous disions de Donald Trump qu'il était sans doute le moins pire, (en face d'Hillary Clinton) mais de peu. Nous avons vu ce qu'il en est dans le domaine de la politique économique, où il reprendra à son compte toutes les consignes de Wall Street et de l'oligarchie américaine.

voir http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2435&r_id=&t=Trump:%20le%20moins%20pire%20mais%20de%20peu

Aujourd'hui, nous pouvons étendre ce diagnostic à la question des perspectives d'affrontements militaires avec la Russie, qui ont toujours été le principal moteur du lobby militaro-industriel américain. Trump avait un peu surpris et rassuré en annonçant lors de sa campagne qu'il rechercherait un rapprochement avec Vladimir Poutine, principalement dans la lutte contre le terrorisme islamique.

Lors de sa conférence de presse du 11/01, il n'est pas revenu sur ces propos, sauf à les atténuer un peu: personne ne devrait considérer une détente avec Poutine comme une menace pour l'Amérique, a-t-il dit en substance, mais sans développer. Les audiences de confirmation (hearings) subies par ses ministres devant le Sénat donnent une toute autre perspective. Si Trump est moins pire que Hillary Clinton, avec laquelle des conflits armés avec la Russie étaient quasi certains, il ne l'est que de très peu.

Le 11:01, lors de son audience, le futur secrétaire d'Etat du Président, Rex Tillerson, sur qui reposera de fait la responsabilité de la définition de la politique extérieure américaine, n'a pas hésité à qualifier Vladimir Poutine, comme le lui demandaient les sénateurs, de criminel de guerre et de meurtrier au plan intérieur. Certes, il ne l'a pas fait avec clarté, comme le souhaitaient  les sénateurs, mais il a clairement laissé entendre qu'il partageait à peu près ce diagnostic, Tillerson est cependant l'ancien PDG de Exxon Mobil, grand investisseur en Russie. Il était supposé entretenir de bons rapports personnels avec le président russe.

A-t-il tenu ces propos par convenance, pour passer avec succès l'audition devant un Sénat radicalement anti-russe, qu'il s'agisse des Démocrates ou des Républicains? Traduit-il au contraire réellement sa pensée et se fera-t-il fort de l'imposer à Trump? On peut craindre que cette dernière hypothèse ne soit la bonne. Le couple des furieux sénateurs défenseurs d'une guerre avec la Russie, John McCain et Lindsey Graham, ont en tous cas vivement applaudi ces propos.

Concernant la Chine, Tillerson est allé beaucoup plus loin. Il renforcé les propos déjà très agressifs de Trump à l'égard de ce pays. Il a notamment déclaré que la construction par la Chine d'iles artificielles en mer de Chine Sud était similaire à la "prise de la Crimée par la Russie". Elle devra appeler des « réponses appropriées », autrement dit plus militaires que celles dont il a reproché à Obama la faiblesse.

Mattis et Pompeo

Le Général James “Mad Dog” Mattis, qui sera dans quelques jours nommé Secrétaire à la Défense, si le Sénat valide ce choix, n'a pas hésité à affirmer le 12/01 devant le Senate Armed Services Committee dont l'approbation est requise, qu'il fallait renforcer considérablement les moyens de l'armée américaine face à une Chine et une Russie présentées comme des ennemis de l'Amérique. Sur ce point, il a pleinement confirmé les demandes de Trump concernant notamment la modernisation de l'arme nucléaire et la mise en place des moyens nécessaires à une cyber-guerre généralisée,- moyens, remarquons le, aujourd'hui détenus presque entièrement par l'Amérique.

Ces propos peuvent surprendre de la part d'un général présenté jusqu'ici comme un ami (relatif) de la Russie et souhaitant désengager Washington de dépenses militaires, en Europe et au Moyen-Orient, dont Trump a déjà déclaré qu'il n'assurerait plus la charge, celles-ci selon lui incombant à ses alliés. Or devant le Comité il a précisé (traduction inutile? )“I think America it's under the biggest attacks since World War II. And that's from Russia, from terrorist groups and with what China is doing in the South China Sea.” Plus tard, il a confirmé : “America has global responsibilities, and it is not to our advantage to leave any of those areas to the world absent from our efforts.” Le terme efforts signifiant évidemment une plus grande présence militaire, avec des moyens renforcés. Ce que traduit d'ailleurs dès aujourd'hui l'envoi par l'US Army, aux frontières de l'Otan avec la Russie, d'une importante colonne blindée. Ceci dans le cadre de l'opération Atlantic Resolve (

voir notre article http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2430&r_id=&t=Trump,%20l%27Otan%20et%20la%20Russie.%20Points%20d%27interrogation.

Concernant l'audition par le Senate Intelligence Committee du futur chef de la CIA Mike Pompeo, les propos tenu à l'égard de la Russie par celui-ci n'ont pas été plus conciliants. Il a confirmé – sans nouvelles preuves évidemment, que le piratage par la Russie de divers emails compromettants pour Hillary Clinton était un fait avéré. Il s'agit, selon lui, d'une inqualifiable intrusion dans la campagne électorale. Plus grave, il a accusé la Russie d'avoir envahi et occupé l'Ukraine, de préparer la même chose en Europe de l'Est et de ne rien faire concrètement pour combattre l'Etat islamique.

L'on comprendra dans ces conditions que Poutine, informé de ces propos, reste très réservé à l'égard d'une détente avec l'Amérique. Attendons pour voir, a-t-il dit en substance. Il ne fera rien en tous cas, peut-on penser, pour suivre Trump dans ses futurs efforts pour le séparer de la Chine.

Note

Sur Mattis, voir http://www.spacewar.com/reports/Trumps_Pentagon_pick_takes_aim_at_Russia_999.html

13/01/2017
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