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Après Alep. Cessez-le-feu dans toute la Syrie?

Le Kremlin a rendu public le vendredi 23/12 un appel téléphonique de Vladimir Poutine à Bashar al Assad pour le féliciter de la libération d'Alep. Il aurait ajouté que la principale préoccupation de la Russie serait désormais de voir accélérer le « processus de paix », notamment par un accord des parties en présence visant à résoudre la crise Syrienne.
Ces parties incluent nécessairement, outre Damas et Moscou, d'autres partenaires stratégiques, notamment l'Iran qui a contribué de façon significative à la bataille d'Alep. Il faut sans doute aussi y inclure le Hezbollah, qui y a participé avec une détermination digne de ce qu'il n'est pas encore, un Etat officiel.

Manifestement la Russie ne soutiendra pas Damas non plus que Téhéran dans sa volonté de s'imposer à l'ensemble des communautés disparates constituant actuellement la Syrie 1) Elle pourrait en avoir les moyens militaires nécessaires, mais à un coût exorbitant. De toutes façons, les cinq principales villes syriennes sont désormais contrôlées par Damas, ainsi que l'ensemble de la côte méditerranéenne. Y échappent encore Idlib et quelques ilots de résistances dispersés dans le sud et l'est, dont les moyens de ravitaillement sont désormais aléatoires.

On peut penser que la recherche d'un cessez-le-feu fait partie des objectifs que se sont donnés les trois ministres de la défense russe, turc et iranien lors d'une réunion trilatérale tenu la veille pour faire le point des opérations d'évacuations d'Alep Est, dans lesquelles des détachements terrestres russes ont joué un rôle essentiel.

Cependant la campagne contre l'Etat islamique et ses affiliés continuera avec des moyens renforcés. Pour bien faire, il faudrait que l'élimination de Daesh soit poursuivie en Irak. Mais malgré le nombre des coalisés et l'importance apparentes des moyens rassemblés (dont quelques appareils français), elle ne progresse guère. On peut seulement observer des flux croissants de réfugiés, ainsi qu'un nombre non négligeable de victimes civiles. Mais ce sujet est passé pudiquement sous silence par les médias « occidentaux ».

Il semble cependant que la diplomatie russe soit à l'oeuvre pour obtenir de l'Arabie Saoudite et du Qatar un appui plus décisif dans ces régions, sans mentionner la fin des opérations que ces derniers mènent, sans succès jusqu'à présent, sauf des dégâts humains considérables, contre les milices houthis d'obédience chiite au Yémen.

Avec la chute de leurs alliés « terroristes modérés », en Syrie, l'Arabie Saoudite et le Qatar sunnites n'auront semble-t-il d'autres solutions qu'accepter l'état de fait imposé par les Russes, avec son allié l'Iran chiite qui sort considérablement renforcé de cette guerre.

Quant aux Etats-Unis, avec l'accession au pouvoir de Donald Trump, ils devraient sensiblement modérer leurs aides aux pétro-monarchies et coopérer efficacement avec la Russie pour imposer la paix.

1) Voir, sur l'actualité de la situation au Proche Orient, pour ceux qui peuvent y avoir accès, un article très complet et paraissant objectif du Monde.fr. Bien que Le Monde soit souvent le champion du langage de bois pro-américain, il emploie encore d'excellents journalistes

http://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/12/23/proche-orient-le-grand-bouleversement_5053206_3218.html




24/12/2016
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