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A qui profite la diabolisation d'Assad

Il est scandaleux de constater combien les gouvernements dits occidentaux, ainsi que leurs médias et par conséquent les opinions publiques, refusent de voir les différences radicales qui séparent le régime légitime syrien, dirigé par Bachar al Assad, et les différents groupes dits rebelles modérés qui continuent à mener une offensive sans relâche contre Damas.
Un article de Nassim Nicholas Taleb , The Syrian War Condensed: A more Rigorous Way to Look at the Conflict, https://medium.com/opacity/the-syrian-war-condensed-a-more-rigorous-way-to-look-at-the-conflict-f841404c3b1d#.4i2jzo66e en donne une analyse détaillée. Tous les caractères qui permettent de distinguer un régime certes autoritaire, mais globalement démocratique (comme l'est soit dit en passant l'actuel gouvernement de Vladimir Poutine) et de d'organisations  armées que l'auteur qualifie à juste titre d'islamo-fascistes,y sont énumérés.

Ces terroristes  islamistes ont été dès les origines, nul ne devrait l'ignorer, financés et armés par l'Arabie saoudite et par les Etats-Unis, via notamment la CIA. L'Amérique continue aujourd'hui plus discrètement de le faire. Ceci au moment où elle a pris la tête d'une coalition de trente pays arabes censée chasser les islamistes de Mossoul, Raqqa et Idlib en Irak et en Syrie. Cette coalition, on doit le remarquer en passant, malgré les importants moyens terrestres et aériens déployés, se heurte depuis le début à des résistances telles provenant des djihadistes qu'elle n'obtient guère de résultats contre eux, à supposer qu'elle le veuille vraiment.

Nous laissons le lecteur se reporter au tableau joint à l'article cité de Nassim Nicholas Taleb. Il est assez explicite pour n'avoir pas besoin de traduction. Il paraît évident à tout observateur se voulant objectif que Bashar al Assad est infiniment préférable, à tous points de vue aux « terroristes modérés » qui lui succèderaient à Damas, si ceux-ci pouvaient le faire tomber.

Il est incompréhensible qu'en Europe et notamment en France, le gouvernement, les médias et les opinions publiques continuent à réclamer haut et fort la chute de celui qu'ils nomment le « boucher de Damas ». Certes depuis quelques jours, ils ont un peu baissé le ton, mais pour l'essentiel c'est ce qu'ils continuent à exiger, même si cette chute entrainait l'installation à Damas d'un inépuisable foyer de terroristes islamistes s'en prenant au Moyen-Orient, à la Russie mais aussi et surtout à l'Europe.

Il n'y a qu'une explication à ce comportement suicidaire, c'est qu'il continu à être soutenu en Europe par le lobby de la guerre américain, dont personne malheureusement ne conteste le droit à dicter au monde entier ses objectifs géostratégiques. Ce lobby est parfaitement introduit et représenté en France, auprès notamment de la très grande majorité des hommes politiques.

Il est possible que l'Amérique revoit complètement sa politique au Moyen-Orient, à la suite de l'accès au pouvoir de Donald Trump. Mais celui-ci n'est pas encore en fonction, à supposer qu'il puisse l'être à jour. En attendant les irresponsables qui continuent à vouloir la chute d'Assad se déchainent plus que jamais. Même certains de nos lecteurs, malgré leurs efforts d'objectivité, ne peuvent échapper comme le montrent les messages que nous en recevons, à cette propagande de tous les instants.

Note

L'écrivain Nassim Nicholas Taleb, penseur rigoureux et original, analyste des probabilités et de la gestion des risques est à l'origine notamment du concept de « cygne noir » depuis largement popularisé pour désigner les événements dont la probabilité avait été si totalement négligée que leur possibilité même n'avait pas été aperçue.

Américain d'origine libanaise orthodoxe, c'est aussi quelqu'un qui connaît très bien le Proche-Orient. Le résumé qu'il propose du conflit syrien pourra certes surprendre, il est d'autant plus crédible que Taleb n'a vraiment aucune raison de porter le régime syrien dans son cœur, étant donné que sa famille a eu à en souffrir au moment de la guerre civile libanaise.(source Polemia


18/12/2016
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