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Réseaux autoroutiers et ferrés chinois

La Chine va consacrer au moins 3.000 milliards de dollars à se doter de réseaux autoroutiers et ferroviaires modernes

La revue Tracés (Bulletin technique de la Suisse Romande (http://retro.seals.ch/digbib/vollist?UID=bts-004 ) dont nous recommandons la lecture, consacre son numéro 05 du 19 mars 2008 à la question des transports en Chine.  On y montre l'effort d'investissement véritablement colossal entrepris par ce pays pour se doter de voies de communication modernes. Sur le plan routier, c'est le secteur des autoroutes transcontinentales qui a bénéficié des plus grands efforts La plus longue autoroute du monde, traversant le désert du Taklamakan (ie « d'où l'on ne ressort jamais ») dans le Xinjiang, à l'extrême ouest de la Chine, vient d'être inaugurée. Longue de mille kilomètres, elle dessert des régions aux ressources énergétiques et minérales, mais aussi agricoles et touristiques,  considérables. Sans la route, ces ressources seraient difficilement valorisables. Les ingénieurs ont du résoudre de nombreux problèmes naturels et techniques pour être prêts à temps. L'un des plus délicats est l'ensablement, contre lequel lutteront des barrières végétales de très grande étendue. L'autoroute n'offre pas pour le moment les prestations que l'on trouve en Occident. La circulation y est particulièrement dangereuse. Mais la situation devrait s'améliorer progressivement.

Il ne s'agit là  qu'une portion d'un réseau baptisé 7518 de 85.000 km d'autoroutes prévu pour 2015-2020, soit 10.000 km de plus que le réseau des Etats-Unis dont les Chinois s'inspirent largement. Le coût total, difficile à estimer et surtout à comparer aux dépenses équivalentes dans les pays développés, devrait être de 1 à 2 trillions de dollars. Les retombées en termes de croissance devraient être bien supérieures. Il s'agit donc d'investissements rentables. Mais ils seront financés, comme ceux du capitalisme occidental aux origines, en grande partie par la « sueur du peuple ».

La Chine ne méconnaît pas les limites du transport routier, gros consommateur d'énergies fossiles. Aussi développe-t-elle d'autres grands programmes de transports, par voie fluviale, maritime et aérienne. Le plus intéressant à terme concerne  le réseau ferroviaire. Le 11e plan de 2006 à 2010 a placé le rail en priorité. 200 milliards de dollars seront investis, pour construire 20.000 km de lignes dont 12.000 pour les transports de voyageurs.  Les travaux de la ligne à grande vitesse Beijing Shanghai (1386 km) ont commencé. L'actualité a par ailleurs remis en première ligne les travaux précédemment consacrés à la ligne Chine-Tibet, la plus haute du monde, qui favorise l'immigration chinoise dans cette partie contestée de l'Empire.

Quand on considère tous les bénéfices attendus de ces investissements, pour assurer notamment une plus grande homogénéité des développements économiques, ainsi qu'une  réduction globale des coûts de transport, on ne peut que regretter l'absence d'une politique déterminée de grandes liaisons intercontinentales en Europe. Celles-ci, notamment ferroviaires, outre le rapprochement entre l'Europe de l'ouest et celle de l'est, pourraient permettre des connexions vers l'espace russe et pourquoi pas un jour, l'espace chinois, au bénéfice des trois grands ensembles géostratégiques euro-asiatiques. 
28/03/2008
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