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L'Union européenne doit protéger tous ses membres. Mais ceci impliquera les mêmes devoirs pour tous

Le dernier G4 européen (Berlin 22 février), préparatoire au G20 d'avril, a vu son agenda bousculé par l'aggravation de la crise financière touchant les économies d'Europe centrale et orientale (ex PECO). Les Pays « riches » de l'Union sont pressés, y compris par le FMI, d'intervenir au secours de leurs collègues. Pourquoi pas, si l'unité future de l'Europe est à ce prix ? Mais il faudrait traiter cette question majeure avec la hauteur de vue qui s'impose. L'Europe ne peut plus tolérer en son sein des irresponsables qui jouent sur tous les tableaux.

Comme nous l'avons plusieurs fois répété, la crise systémique qui ne fait que s'étendre rendra inévitable et bienvenu un renforcement de la puissance européenne, autour d'un gouvernement diplomatique, politique, économique et social de la zone euro. Ce gouvernement sera nécessairement partagé entre les grands pays européens constituant l'Eurogroupe : Allemagne, France, sans doute aussi Italie et Espagne. Un doute subsiste concernant la Grande Bretagne. Celle-ci n'a pas encore décidé d'adopter l'Euro, mais elle sera sans doute bientôt obligée de le faire (à supposer qu'elle ne cherche pas immédiatement à le torpiller de l'intérieur).

En fait, l'appartenance à Eurogroupe, au delà des membres actuels, devrait être proposée à l'ensemble des 27 Etats européens, quel que soit leur situation budgétaire et financière actuelle. Chacun en sera bénéficiaire, car la zone euro pourrait alors mieux encore qu'aujourd'hui dialoguer sur un plan d'égalité avec les autres grandes zones économico-monétaires : dollar, yen, yuan. On fera valoir que des membres boiteux fragiliseront l'Euro et l'Eurogroupe. D'ores et déjà certains observateurs s'inquiètent des conséquences sur l'euro que peuvent avoir les difficultés de membres tels que la Grèce ou le Portugal. La BCE a marqué son hostilité à toute mesure de « sauvetage » visant ces pays. A plus forte raison s'opposerait-elle à l'extension de la zone euro à des Etats jugés insolvables.

Mais il s'agit d'une approche comptable à court terme montrant bien que l'Europe doit repenser non seulement les règles dites de Maëstricht concernant notamment la monnaie commune, mais aussi les termes des traités actuels. L'Union européenne, en tant qu'entité politique, ne peut pas laisser sombrer ceux qu'elle a invités à son bord (ou qui se sont invités eux-mêmes, poco importa). Aujourd'hui, un certain nombre de banques d'Europe de l'ouest retirent leurs investissements dans les PECO, menant ceux-ci à la faillite. Que se passera-t-il alors ?  La nature, en politique aussi, a horreur du vide. Ces pays seront repris en mains par les pires ennemis de l'Europe, a commencé par les mafias multiples qui y prospèrent ou qui prospèrent à leurs frontières. Ces mafias contamineront le reste de l'Europe. Les troubles sociaux y deviendront insupportables et s'étendront à tous. Il en sera fini des objectifs vertueux généraux tels que la lutte contre le réchauffement climatique ou le développement de technologies nouvelles.

Cependant, dans l'état actuel des traités et des pratiques, un sauvetage organisé par les grands pays de l'Union, déjà eux-mêmes en proie à des difficultés multiples, n'irait pas loin. C'est la raison pour laquelle nous pensons qu'il est temps d'affirmer sans circonlocutions que le libéralisme, la concurrence, le laxisme, interne à l'Union et s'étendant à l'extérieur de ses frontières, ne sont plus tolérables. Dans le cadre du gouvernement politique, économique et social qui s'impose dorénavant, non seulement au sein de l'Eurogroupe mais de l'Union toute entière, il convient dorénavant de définir de grandes politiques d'investissements mais aussi de redistribution des revenus. Il faudra aussi protéger les produits de ces politiques par un protectionnisme sélectif  permettant aux fruits de ces investissements de ne pas s'évaporer hors d'Europe.

En contrepartie, il serait  temps que les grands pays Européens, quitte à froisser les petits, disent haut et fort que l'appartenance à une Europe salvatrice suppose de leur part l'acceptation de règles communes. Ceci d'abord au plan diplomatique. Il n'est plus temps que les PECO continuent à se compromettre  avec des puissances étrangères qui ne veulent aucun bien à l'Europe – se drapassent-elles sous les oripeaux séduisant d'un Obama. Les règles communes s'imposent plus encore au plan réglementaire. Il n'est plus temps que les PECO et autres petits Etats jouent de façon irresponsable le jeu des dumpings salariaux, sociaux ou environnementaux. Si des règles sont adoptées, elles doivent s'appliquer à tous. Des opérations sélectives de mise à niveau devront être prévues pour permettre aux économies attardées de rejoindre les autres, mais ceci ne pourra pas se faire dans le cadre d'un piratage permanent de ceux disposant de quelques avantages au profit des tricheurs.

Ajoutons que le G4 s'est tenu au moment où l'actualité mettait en avant l'offensive justifiée de l'administration américaine contre la banque suisse UBS. Nous pensons que, dans l'esprit de ce qui précède, et compte-tenu de la volonté ( ?) européenne de supprimer les paradis fiscaux, l'Union européenne devrait reprendre cette offensive à son compte. Les politiques difficiles esquissées dans le présent  article seront incompatibles avec le maintien de paradis fiscaux (auquel doit être assimilé le secret bancaire) au coeur même du continent européen. Il est temps de le dire fermement à la Confédération helvétique, qui conduit à l'échelle mondiale ce que l'on reproche au Lichtenstein,  à Monaco ou aux Anglo-normande. L'économie suisse ne tiendrait pas longtemps si l'Europe ne lui offrait pas un cadre protecteur dont elle a bien besoin malgré ses prétentions au mondialisme. Ceci a fortiori lorsque la crise s'aggravera. Il serait temps de le rappeler à nos amis suisses.

25/02/2009
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