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Après Matteo Renzi? Continuer comme avant?

Le président italien Sergio Mattarella n'autorise pas à ce jour la démission de Matteo Renzi tant que le budget italien pour 2017 ne sera pas adopté par la seconde Chambre, le Sénat. Ceci devrait se faire dans une semaine.
On notera que ce budget, dans son état actuel, est directement inspiré par la volonté de l'Union européenne (UE), soutenue par Angela Merkel, visant à renforcer les programmes de « réforme » se traduisant notamment par la baisse des dépenses publique. Il devait permettre la restructuration de la dette laquelle vu son importance mettrait en danger le système bancaire italien. Mais ceci ne pourra se faire qu'en faisant porter aux classes moyennes et pauvres le poids des dépenses sociales et de transfert – ce que prévoit, en plus radical encore, le programme de François Fillon.

D'ores et déjà, celles-ci en Italie supportent tout le poids du déclin de 25% de la production industrielle, à la suite de la crise financière de 2008. Le chômage des jeunes touche 40% de ceux-ci, chiffre record en Europe.

Après Matteo Renzi, à qui pourrait faire appel le président? On parle du ministre des finances Carlo Padoan et du président du Sénat Pietro Grasso. Ils pourraient l'un ou l'autre constituer un gouvernement de transition, mais celui-ci ne pourrait prendre que des mesures techniques. Les partis de droite ayant soutenu le non au référendum appellent à des élections immédiates. Il s'agit notamment du Mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo et de la Ligue du Nord, se voulant elle-même souverainiste. On considère chez les représentants de la coalition gouvernementale ayant jusqu'ici soutenu Renzi, le Parti dit Nouveau centre-droit, Nuovo Centrodestra (NCD) et le Parti Démocrate, Partito Democratico (PD) que malgré le rejet du référendum, et malgré l'actuelle absence de nouvelle loi électorale, ces élections seraient possibles.

Mais que diront ou feront les 20 millions d'électeurs ayant refusé de voter le référendum, contre les 13 millions ayant voté en faveur de la réforme constitutionnelle ? Les refus se situent en majorité dans les provinces pauvres de la péninsule, notamment celles du Sud. Dans le grandes villes, ce furent les plus favorisés qui ont voté pour Matteo Renzi.

Beaucoup d'observateurs considèrent que, globalement, les Italiens rejettent leur Etat, leurs autorités politiques et le mode de vie auquel ils sont contraints. Comme partout ailleurs en Europe, la mondialisation a fait apparaître une étroite minorités de gagnants et une très large majorité de perdants, renforçant ainsi l'inégalité sociale déjà très grande en Italie. Les instances de UE, de même que les Allemands, sont très inquiets du départ de Renzi, mais nul n'envisage de remettre en cause les politiques d'austérités.

Cependant, les milieux économiques européens craignent que la défaite de Renzi n'encourage ceux qui en Italie voudraient sortir de l'euro et même de l'UE. Beaucoup considèrent qu'il ne se passera pas 5 ans avant un « Italexit » . Les gagnants du référendum, notamment le Mouvement Cinq Etoiles (qui refuse non sans raison le qualificatif de "populiste"), devraient rapidement faire connaître leurs programmes et notamment leurs intentions au regard de l'UE. Il est prématuré d'en discuter ici. Mais il y a tout lieu de prévoir qu'ils intéresseront une majorité de citoyens, tant en Italie que dans les autres pays du sud de l'UE, y compris la France. Les candidats à la présidence de la République française devront nécessairement en tenir compte.

Post Scriptum. Au soir du 07/12, Matteo Renzi vient d'annoncer sa démission.

07/12/2016
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