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Trump-Poutine. Le « reset » ne sera pas facile

Dès l'annonce de sa candidature, Donald Trump s'était fait connaître du monde entier par sa volonté de normaliser les relations américano-russes (reset) afin de passer d'une situation devenue du fait d'Obama et surtout d'Hillary Clinton celle une guerre de moins en moins froide, à des relations de coexistence pacifique, sinon de coopération avec Moscou.
Certes, il n'avait clairement désigné que le Moyen Orient, où l'Amérique et la Russie devront selon lui coopérer sans arrières pensées pour éliminer Daesh. Mais les analystes avaient non sans raisons supposé que cette coopération une fois établie, pourrait s'étendre à de nombreux autres domaines stratégiques.

Ceci dit, à supposer que Trump passe en décembre prochain de l'état précaire de président-élu à celui de président à part entière (POTUS), les mêmes analystes, dont nous étions, avaient prévu les innombrables résistances qu'il susciterait parmi l'establishment militaro-économique et diplomatique constituant l'Etat profond américain 1).

Pour celui-ci, la préparation d'un affrontement destiné à éliminer la Russie en tant que rivale, y compris nucléaire, de l'Amérique, a toujours été le ressort d'innombrables investissements et source de profit. Il est difficile d'imaginer que l'establishment puisse y renoncer, faute d'objectifs d'une ampleur suffisante pour le remplacer. Aussi bien les résistances de plus en plus nombreuses que suscite aux Etats-Unis la perspective de voir Trump accéder à la présidence, font craindre que, demain ou très vite ensuite, Trump ne puisse imposer le moindre rapprochement avec Moscou, tant à la Maison-Blanche qu'au Pentagone. Ces résistances pourraient se traduire, beaucoup des amis de Trump le lui disent, par un attentat contre lui. Est-ce la raison pour laquelle il a décidé de continuer pour le moment à résider chez lui dans la Trump Tower plutôt qu'à Washington.

Mais il est intéressant de noter que Vladimir Poutine, tout en ayant accueilli en termes très sympathiques l'élection de Donald Trump, prend encore tout son temps pour alléger les mesures défensives qu'il avait mis en place pour protéger la Russie d'un encerclement militaire de plus en plus poussé provenant tant de l'Amérique que de ses fidèles valets au sein de l'Otan. Nul n'ignore que ces mesures censées protéger contre des attaques nord-coréennes, sont destinées à désarmer les frappes russes en retour que le bloc occidental pourrait décider de mettre éventuellement en oeuvre.

La menace de Washington dans le Pacifique n'est pas moindre. Elle résulte notamment d'accords de coopération militaires avec le Japon, déjà anciens mais auquel Tokyo n'a jamais déclaré avoir renoncé, malgré une volonté affiché de définir de nouvelles relations avec Poutine. Dans le cadre de cette dernière, Poutine devrait se rendre au Japon le 15 décembre.

Aussi bien, les médias russes viennent d'annoncer que la Russie a décider de mettre en place deux nouveaux systèmes d'armes qu'elle vient de développer et qui sont considérés comme les plus performants au monde, dépassant notamment sensiblement leurs équivalents américains. Ce sont des armes défensives, mais susceptibles en cas d'attaque américaine de grande ampleur, notamment atomique, de porter des frappes en retour imparables en l'état actuel des techniques 2).

Il s'agit d'abord du déploiement à Kaliningrad de systèmes de missiles S-400 (surface-air) susceptibles d'emporter des charges nucléaires, en réponse au renforcement des bases de missiles de l'Otan aux frontières occidentales de la Russie. Ces missiles sont connus sous le nom de Iskander. Et sont dotés de capacité de mobilité, de furtivité et d'aptitude à remplir leurs missions dans des conditions de contre-mesures électroniques. Ils seront à 3 minutes de vol de Berlin.

Il s'agit ensuite, aux frontières Pacifique de la Russie, de missiles terre-mer de type Bal et Bastion, dotés d'une portée respective de 130 et 300 km. Ceux-ci pourraient intervenir en cas de conflit à propos des Iles Kouriles, mais plus largement en réponse aux missiles développées par les Etats-Unis avec le concours de la technologie japonaise, en amélioration des missiles américains SM-3 et des systèmes de missiles Aegis, éventuellement embarqués.

Autrement dit, même si Vladimir Poutine s'est annoncé de son côté très favorable à rencontrer Donald Trump, dont il ne dit que du bien, il reste encore sur ses gardes avant de désarmer la Russie. Wait and see, notamment en ce qui concernera la capacité effective du Donald à imposer à son pays un véritable reset – dont cependant même les plus atlantistes des européens devraient se réjouir

 Note

1) Voir notre article: Trump Poutine, ne rêvons pas
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2365&r_id=&t=Trump%20Poutine:%20ne%20r%EAvons%20pas


2) Ceci ne comprend pas évidemment les Missiles Stratégiques Intercontinentaux porteurs de l'arme nucléaire.
25/11/2016
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