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François Fillon et l'amitié franco-russe

La primaire de la droite conduit à se demander lequel, des deux candidats, François Fillon et Alain Juppé, servirait le mieux les intérêts de la France s'il était élu à la Présidence de la République

Concernant la politique intérieure, nous avons déjà indiqué qu'à quelques nuances, ils ne différaient pas. Ils ne diffèrent pas davantage de François Hollande ou d'autres candidats dits de gauche s'étant présentés comme susceptibles d'entrer dans la compétition. Tous ne proposent que des mesures d'économies stérilisantes et ne mentionnent pas l'essentiel: la relance, malgré les interdits de Bruxelles, d'investissements productifs massifs 1).

Par contre, François Fillon se distingue de tous ses rivaux par sa volonté de se rapprocher de Vladimir Poutine, échappant ainsi à des dizaines d'années d'ostracisme anti-russe très largement imposé par Washington. Loin de faire la fine bouche à propos de Poutine, comme Alain Juppé 2) ou François Hollande, Fillon indique qu'une fois au pouvoir il inaugurerait une politique d'alliance avec Moscou, notamment sur le plan diplomatique. Il refuserait de suivre la politique de « sanctions » jusqu'ici imposée par les Etats-Unis, il engagerait des négociations commerciales et industrielles destinées à conjuguer les forces des deux pays concernant le développement de l'Eurasie.

Plus immédiatement, il cesserait de soutenir au Moyen Orient les forces islamo-pétrolières sunnites, poussées en avant par l'Amérique, qui demandent la chute de Bachar al Assad et le retrait de l'armée russe. Il se rapprocherait au contraire de la politique russe visant à neutraliser les foyers de terrorisme djihadiste directement soutenus par l'Arabie saoudite et jusqu'à présent encore par le complexe militaro-diplomatico-industriel américain.

Lorsque hier encore, Alain Juppé traitait Bashar al Assad de « boucher de Damas », il semblait oublier que si celui-ci était renversé, ce seraient bien d'autres bouchers et égorgeurs qui viseraient le pouvoir, non seulement à Damas, mais dans tout le Moyen-Orient, la Russie et l'Europe.

En France, seul le Front national, avec l'engagement personnel de Marine Le Pen, préconise ce rapprochement avec Moscou. Les électeurs français souhaitant que le pays rentre dans le grand jeu diplomatique et économique mené actuellement par la Russie et les autres grands pays du BRIC, Chine et Inde, auront donc le choix entre François Fillon et Marine Le Pen, en fonction de leurs préférences pour l'un et l'autre.

Sous leur direction, la France ne sera pas seule à conduire un rapprochement avec Moscou, malgré les interdits de l'Union européenne. Victor Orban en Hongrie à ouvert la voix. Un certain nombre de gouvernements stigmatisés comme « populistes » alors qu'ils sont surtout souverainistes, s'apprêtent à faire de même. François Fillon, comme Marine Le Pen, n'ont pas laissé entendre qu'ils s'opposeraient à ce mouvement de réforme profonde concernant l'Union européenne.

Donald Trump

Mais un facteur de politique internationale bien plus important s'est depuis quelques semaines imposé avec le succès de Donald Trump à la Maison Blanche, succès qui sera très vraisemblablement confirmé en janvier 2017.

Trump n'a jamais caché, et s'en est ouvert à Vladimir Poutine, que pour rendre l'Amérique « great again », il lui faudrait abandonner la politique neo-conservatrice criminelle dont Hillary Clinton s'était faite la représentante, opposant, y compris militairement, les Etats-Unis à la moitié du monde.

Si Trump réussit à le faire, malgré une opposition de plus en plus déterminée des forces traditionnelles, il enclenchera un processus aux conséquences considérables. Au lieu de se neutraliser en s'opposant, la puissance américaine et celle de la Russie pourraient s'unir pour faire face aux difficultés immenses attendant l'humanité, non seulement dans la lutte contre des religions radicalisées, mais dans celle de la définition d'un développement dit « durable ».

Le fait que Trump veuille actuellement relancer la production de gaz de schistes, de méme que Poutine n'a jamais renoncé à développer la production de pétrole, ne signifie pas que l'un et l'autre n'encourageront pas l'investissement en faveur des nouvelles technologies, les énergies non-pétrolières, le spatial et autres enjeux vitaux.

Or si François Fillon persiste dans sa volonté de ranimer l'amitié franco-russe et les coopérations qui en découleront, il permettra à la France de s'inscrire dans ce  mouvement de très grande ampleur concernant l'avenir du monde, au lieu d'en rester à l'écart pour satisfaire aux interdits qui furent ceux de Wall Street, du Pentagone et des présidents américains précédents.

Notes

1) Voir notre article: La droite à trente ans de retard. Et la gauche?
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2374&r_id=&t=La%20droite%20fran%E7aise%20a%2030%20ans%20de%20retard.%20Et%20la%20gauche?

2) Selon certaines informations, évidemment non vérifiables, Alain Juppé a toujours été et demeure l'agent de Washington pour maintenir la France et l'Union européenne sous son influence.

23/11/2016
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Nombre de réaction(s) : 1
Relations entre la France et la Russie
24/11/2016 10:11:54 | Par : jpb
On peut lire un point de vue presqu'identique au nôtre dans
http://www.strategic-culture.org/news/2016/11/23/french-harbinger-for-better-russian-european-ties.html
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