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L'Allemagne d'Angela Merkel remplacera-t-elle Washington dans le pilotage de l'Union européenne?

Il est inutile de rappeler ici que l'Union Européenne, dès ses origines, avait été conçue par Washington pour rassembler sous son contrôle les Etats européens hostiles à l'URSS. Ceci n'a jamais changé.
Même si l'Otan, également créée par Washington, a depuis repris la responsabilité de fédérer militairement ces Etats contre une prétendue menace russe, la moindre des décisions tant de l'Union européenne que de la Banque centrale européenne sont inspirées davantage pour servir les intérêts américains dans leur lutte contre la Russie et la Chine que pour servir les intérêts européens. Ainsi en est-il des traités de libre échange, notamment le TTIP, négocié directement par la Commission européenne, sans en référer aux Etats.

Il va sans dire que le leadership américain ne s'exerce généralement pas directement. Il s'appuie sur des Etats, en premier lieu l'Allemagne, qui ont su profiter de l'appui qu'ils apportent aux forces militaires américaines pour envahir un champ économique complaisamment concédé en échange par Wall Street et les grandes entreprises qui font la richesse des Etats-Unis.

La chancelière Merkel, au début de son ascension à la tête de l'Allemagne, avait paru vouloir faire échapper la politique étrangère de Berlin aux diktats américains, notamment dans le cas de la « révolution orange » conduite à Kiev par le Département d'Etat et le Pentagone. Mais elle est vite rentrée dans le rang, rappelée à l'ordre, dit-on, par des menaces de chantage venues directement de la CIA. Depuis, malgré quelques paroles, elle n'avait jamais rien fait pour mettre l'Allemagne au travers des manœuvres américaines. Contrairement, il faut l'en féliciter, à la France qui avait jusqu'à ces derniers temps exprimé quelques velléités d'indépendance.

L'élection de Donald Trump a paru exprimer une volonté américaine de se recentrer sur ses intérêts économiques et diplomatiques proches, en acceptant de déléguer – au moins en parole- aux Européens le soin de défendre leurs intérêts, notamment face à la Russie. Mais nul leader politique européen actuel, hormis sans doute François Hollande) ne semble décidé à reprendre ce rôle. Ils sont au contraire tentés par des politiques nationales (dites populistes) pour lesquelles la Russie n'est pas un adversaire, mais pourrait être une alliée. Seule Angela Merkel a pris l'initiative, au nom de l'Union, d'assurer à l'Amérique que l'Europe restait à ses cotés et reprendrait pour son compte le rôle de défenses des intérêts économiques et militaires américains.

L'actuelle prospérité sur tous les terrains de l'Allemagne (voir dans Rtcom https://www.rt.com/op-edge/367398-forum-hollande-merkel-eu/) ne peut pas être attribuée uniquement aux faveurs américaines. Elle est due aussi au travail et aux sacrifices des citoyens allemands. Mais elle a beaucoup bénéficié (sauf dans l'affaire Volkswagen) de l'appui et de la complicité de la finance et de la diplomatie américaines. Ceci a été largement du à la position d'alliée incontournable de l'Amérique, parlant au nom de l'Europe tout autant qu'au nom de l'Allemagne, qu'affiche en toutes circonstances Angela Merkel. Le message a été bruyamment réitéré lors de la visite d'adieu de Barack Obama en Europe. Il a été aussi, selon nos sources, confirmé par la diplomatie allemande auprès des représentants fraichement désignés de Donald Trump, notamment le sénateur Jeff Sessions , le général Michael Flynn et le directeur de la CIA Mike Pompeo.

Le même article de RT.Com cité ici, plus pénétrant que Le Monde du 19/11, p. 9, dans ses commentaires, rappelle que le premier ministre français Manuel Valls a demandé à Angela Merkel d'investir davantage pour la croissance en Europe, sans quoi l'Union européenne « pourrait mourir ». Mais ceci paraît d'une rare naïveté. Si l'Allemagne investit, ce ne sera pas au service des intérêts des autres Etats européens, mais des siens propres. Autrement dit Manuel Valls reconnait implicitement que l'Europe a besoin d'être dirigée, et que la France, sans même postuler à une co-direction, demande à Angela Merkel et à l'Allemagne d'assurer ce rôle.

19/11/2016
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