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CETA: succès de l'eurocratie, revers pour la démocratie

La Wallonie a finalement donné son accord le 28/10 à la ratification du CETA, l'équivalent dans le cas du Canada du TTIP encore en difficulté
Ceux qui connaissent un peu les milieux politiques, en Belgique comme dans l'Union européenne, pourront témoigner des incroyables pressions, de toutes origines qui s'étaient exercées ces dernières heures sur le gouvernement de Paul Magnette, ministre-président de Wallonie, comme sur l'ensemble des institutions politiques belges. Elles sont venues de tout ce que l'Union européenne compte de représentants d'un capitalisme financier très lié aux Etats-Unis, comme des Etats-Unis eux-mêmes.

Bien évidemment, du fait que l'Union Européenne n'est que faiblement démocratique, les oppositions au CETA provenant de milieux européens très larges mais mal représentés n'ont pu se faire entendre. Même en Allemagne, selon certaines analyses, de nombreux milieux économique et syndicalistes y ont fait valoir le danger du CETA pour la préservation de leurs libertés, mais sans échos.

De plus,la ratification du CETA ne pourra que redonner de l'énergie à ceux qui, à la Commission comme dans les Etats et chez certaines hiérarchies économico-politiques, ne se sont jamais résignés à l'abandon du TTIP. Pourquoi refuser pour l'un ce qui est jugé bon pour l'autre. Ceci d'autant plus que nul ne peut ignorer que le CETA sera une porte grande ouverte en Europe aux filiales canadiennes des entreprises américaines, à leurs normes et à leurs produits. Pourquoi dans ce cas continuer à refuser le TTIP? Les choses seraient plus claires dans le cas contraire.

Le gouvernement français, qui avait annoncé jusqu'à présent son hésitation face à l'adoption du TTIP, mais qui s'est montré chaud partisan de celle du CETA, a bien montré son inconséquence – ou plus exactement la façon dont il mentait aux opinions publiques. Celles-ci ont jusqu'ici refusé le TTIP, autant que l'on puisse juger faute de consultations démocratiques, comme l'a bien montré la participation des citoyens au référendum privé Stop TTIP. Nous avions évidemment pour notre part entièrement soutenu celui-ci. Or nul n'ignore, comme nous venons de le rappeler, que le CETA sera un faux-nez pour le TTIP.

Paul Magnette argue aujourd'hui que les concessions faites aux thèses wallones par les négociateurs bruxellois seront la garantie du fait que le CETA sera amendé dans un sens plus favorable aux Européens. Sans doute est-il encore trop jeune pour savoir qu'aucune clause juridique ne peut retenir les intérêts financiers transnationaux pour aller à leurs fins.

Ce récent succès de l'eurocratie face à la démocratie donnera de nouveaux arguments à ceux qui, en France comme dans d'autres Etats, militent pour une sortie de l'Union européenne. Mais il ne faut pas se faire d'illusions. Les partisans de la sortie seront défaits par les mêmes forces qui ont imposé le CETA et imposeront le TTIP.

28/10/2016
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