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Alep. Et après?

Il semblerait qu'en dépit de l'opposition des Etats-Unis, une partie des terroristes se référant à l'Etat Islamique (EI) qui tenaient en otage les 10% de population d'Alep-est restés sous leur contrôle aient accepté l'offre du gouvernement syrien et de l'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura, à savoir se retirer avec armes et bagages et en toute sécurité.
Les Russes semblent de leur côté avoir accepté cette solution, sans pour autant vouloir interrompre leurs bombardements qui sont essentiels pour la reprise d'Alep par les troupes de Bashar al Assad et plus généralement pour la survie de ce dernier sous les attaques occidentales.

Ceci peut paraître particulièrement injuste, dans la mesure où les crimes que ces terroristes ont commis, jusqu'à la dernière minute, sur la population locale qu'ils ont violée, décimée, tenue en otage puis dernièrement utilisée comme bouclier humain, resteront impunis. Mais ces populations en seront certainement soulagés. Il faut bien voir cependant ce que signifiera ce retrait et les menaces qu'il fera peser sur toute la région, comme sur l'Europe elle-même. Il s'agira d'au moins deux brigades, qui iront reprendre ailleurs leurs activités.

Ils le feront d'autant plus facilement que la quasi-totalité de ces djihadistes sont étrangers à la Syrie et qu'une bonne partie ne parle même pas l'arabe. Ils retrouveront hors d'Alep les centaines de milliers d'islamistes introduits depuis plusieurs mois en Syrie essentiellement par la frontière turque, avec la complicité des Etats-Unis et de la Turquie. Ils retrouveront aussi ceux recrutés parmi les Syriens arabes sunnites et ceux entrés par la Jordanie. Il s'agira au bas mot de deux cent mille hommes, professionnels du combat de guérilla et de l'exaction sur les populations.

Ils ne seront pas les bienvenus dans leurs pays d'origine, qui étaient satisfaits d'en être débarrassés et ne désirent évidemment pas les voir revenir pour semer la mort. De l'Albanie à l'Indonésie en passant par les pays arabes, hindoustans, turcomans et africains, ces djihadistes d'Allah trouveront on peut l'espérer closes les portes de leurs pays d'origine. Leurs recruteurs, financeurs, formateurs et employeurs devront donc leur donner une nouvelle affectation collective. Et il ne s'agira pas d'un pays déjà livré à l'islamisme, ni d'un pays dont la population s'en est récemment (plus ou moins complètement) libérée, comme l'Egypte ou la Tunisie.

 On peut déjà entrevoir trois destinations possibles. En toute logique les trois sont déjà sur la liste des futurs théâtres d'opérations de l'islam, établie à Washington et transmise à Riyad, mais il serait intéressant de savoir quel front sera ouvert en premier.

 On peut citer en premier lieu l'Algérie. Son armée, la première puissance militaire d'Afrique, était jusqu'ici restée violemment anti-islamiste. Mais certains prévoient qu'à la mort de Bouteflika, une grande partie des jeunes générations sans emploi et dépendant de l'aide sociale souffrira de plus en plus des difficultés économiques actuelles du pays, dues notamment à deux ans de baisse des prix du pétrole. Beaucoup prévoient, en France même, qu'une grande partie de ces jeunes prendront la direction de la France. Mais on peut craindre qu'une grande partie y arrive radicalisée par les djihadistes d'Alep qui commencent à prendre le chemin de l'Algérie.

La Russie, notamment dans ses frontières sud et au Caucase russe, sera aussi une destination plus que probable. Ils reprendront dans une grande mesure les méthodes utilisées par leurs prédécesseurs en Tchétchènie. Vladimir Poutine avait pu il y a quelques années s'en débarrasser, mais là la tâche sera bien plus considérable. Ne mentionnons pas la chaine des « Khans » qui bordent la Russie à son sud. Ceux-ci seront, avant même la Russie, la cible des djihadistes retour de Syrie. Ce ne sera pas les Etats-Unis qui s'en plaideront. Au contraire, ils les aideront de façon couverte, comme ils l'ont toujours fait.

Bien évidemment enfin, l'Europe occidentale sera la première visée. Elle aura beaucoup de mal à se défendre, vue l'imbrication dans ses banlieues, notamment en France, entre terroristes et trafiquant d'armes et de drogue, contre lesquels l'Etat s'est révélé jusqu'à ce jour impuissant. Là encore, l'Amérique en profitera pour continuer à s'imposer sur le continent.

Pour le plus long terme, il faut aussi envisager l'Afrique. Celle-ci compte environ 1 milliard d'habitants, dont le nombre doublera d'ici la fin du siècle. Inévitablement, plusieurs centaines de millions tenteront d'émigrer en Europe. Une grande majorité en sera de religion musulmane. Les djihadistes n'auront pas de mal à recruter parmi eux.

Et Mossoul?

Reste à se poser la question de Mossoul. Que deviendra et quelles formes prendra l'attaque contre Mossoul par la coalition américaine et ses alliées. On en parle beaucoup, mais elle tarde à se concrétiser. Il est certain que chasser l'EI de Mossoul sera bien plus difficile que le chasser d'Alep, vu que l'EI en a fait depuis les origines son bastion et sa base arrière. Mais là encore, tout apparaît comme si les Américains hésitaient à voir tomber Mossoul, par crainte de voir l'Iran chiite, Damas, le Hezbollah et finalement la Russie s'en trouver renforcés.

A supposer que Mossoul soit finalement reconquis par la coalition, la question de savoir ce que deviendront et où iront les dizaines (ou centaines) de milliers de terroristes islamiques qui s'y trouvent retranchés. Les scénarios noirs que nous évoquons ci-dessus à propos d'Alep ne manqueront pas de s'y renouveler, avec une ampleur encore plus grande. Là encore les Etats-Unis n'en seront pas très affectés, au contraire.

La France, nous l'avons rappelé, sera particulièrement menacée. Peut-être même s'enfoncera-t-elle dans des guerres civiles. Il est étonnant de constater que les futurs candidats à l'élection présidentielle, qu'ils soient de droite ou de gauche, semblent ignorer le problème. Il s'agit pourtant d'une difficulté majeure qu'ils rencontreront une fois élus, et sans doute avant. Les réponses à apporter seront très difficiles. Ce serait une raison de plus d'y réfléchir dès maintenant, quelque soit le souci de ne pas s'aliéner les électeurs musulmans.

17/10/2016
Vos réactions
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Nombre de réaction(s) : 1
Gentils et méchants
17/10/2016 20:15:46 | Par : Jacques
Pour comprendre ce qui se passe au Moyen-Orient, il faut être bien conscient qu'il y a de “gentils bombardements”, ceux qui vont être effectués sur Mossoul par les Américains et leurs alliés, français notamment, et qu'il y a “d'affreux bombardements “, ceux réalisés par l'armée Syrienne et leur allié Russe sur Alep.
Nul ne saurait contester une vérité tellement évidente que tous les médias en ont convaincu les politiques les plus avisés...
Triste illustration du pouvoir manipulateur des uns et de la naïveté des autres...( ou vice-versa...) !
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