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Agression américaine au Yemen

Les Etats-Unis et leurs alliés européens, dont en premier lieu la France, s'efforcent de dresser l'opinion mondiale contre la Russie, accusée de participer avec le régime de Bashar al Assad à des « massacres » de civils lors de leur offensive contre Alep, plate-forme de l'Etat Islamique (EI) en Syrie.

Mais nul ne parle d'une guerre que mènent depuis longtemps les Etats-Unis au Yémen, avec l'appui massif de l'aviation saoudienne. L'engagement américain a pris de nouvelles dimensions avec le lancement par la marine américaine de missiles de croisière Tomahawk contre des cibles sur la côte du Yémen bordant la mer Rouge. L'attaque contre le Yémen n'est qu'un des différents fronts dans les opérations militaires américaines qui vont de l'Afghanistan jusqu'à l'Irak, la Syrie et au-delà. Elle a été menée sans débat public, sans même parler d'un simulacre de l'obtention du consentement du peuple américain. Barack Obama a approuvé les frappes de missiles, mais n'a fournit aucune justification de l'attaque américaine.

Le Pentagone, pour sa part, a indiqué que les attaques de missiles sur le Yémen représentaient « des frappes d'autodéfense limitées menées pour protéger notre personnel, nos navires et notre liberté de navigation dans cette voie maritime importante ». Il a fait allusion à deux incidents précédents dans lesquels des missiles ont été tirés du Yémen vers l'USS Mason. Celui-ci fait partie d'une flottille de trois navires patrouillant le détroit du Bab al-Mandeb, le passage stratégique qui sépare la péninsule arabique de la Corne de l'Afrique et relie la mer Rouge au golfe d'Aden et à l'océan Indien. Washington veut renforcer son contrôle sur ce passage, pour le cas échéant y interdire le passage de navires marchands chinois, essentiels à l'équilibre économique actuel de la Chine.

Le mouvement rebelle Houthi chiite proche de l'Iran et de Damas, qui contrôle la capitale yéménite de Sanaa a nié avoir ciblé les navires de guerre américains et ont dénoncé l'attaque de missiles de croisière comme un acte d'agression. Ce démenti ne suffit évidemment pas pour exonérer les Houthis de la responsabilité de l'agression. Il reste qu'aucune preuve n'a été produite à l'appui de l'affirmation selon laquelle les Houthis seraient derrière les attaques de missiles sur l'USS Mason, ni même que des missiles aient bien été tirés. D'autres groupes terroristes pullulent au Yémen et sont financés et lourdement armés par Washington. On peut citer Al-Qaïda de la péninsule arabique, qui combat désormais en alliance de facto avec les États-Unis contre les rebelles Houthis.

Mais il y a surtout l'Arabie Saoudite, qui a mené une campagne de bombardement contre le Yémen depuis mars 2015, ayant entrainé depuis 10 000 morts civils yéménites, complètement ignorés par l'opinion « occidentale », alors qu'ils sont bien plus nombreux que ceux résultant de la bataille d'Alep. Le Pentagone a dès le début a fourni le soutien logistique et de renseignement, y compris le ravitaillement en vol des avions de guerre, sans lequel la campagne saoudienne meurtrière serait impossible. En outre, les États-Unis ont versé la somme considérable de 115 milliards de dollars en armes au pour le royaume, permettant le réapprovisionnant en bombes et missiles au fur et à mesure qu'ils sont largués sur les civils yéménites, écoles et hôpitaux compris. L'attaque contre le USS Mason aurait très bien pu être menée par les Saoudiens pour s'assurer d'un soutien plus actif des Etats-Unis.

On objectera qu'actuellement les Etats-Unis et l'Arabie saoudite seraient en opposition sur différents points que nous reprendrons pas ici. Mais cette opposition n'est pas telle que sur les choses sérieuses, c'est-à-dire la guerre potentielle contre la Russie, elle ne s'efface pas. L'alliance avec le pays le plus archaïque du monde, propageant partout le terrorisme, reprend ses droits. 

Rappelons que les attaques alléguées ont été signalées dans la suite du bombardement le 8/10 d'un enterrement par l'aviation saoudienne qui a tué au moins 155 personnes et blessé 500 autres. Le Yémen l'un des pays les plus pauvres de la planète. La campagne de bombardement, qui dure depuis 18 mois, a détruit une grande partie de l'infrastructure du pays et laissé 14 millions de personnes,c'est-à-dire plus de la moitié de la population du pays, souffrant de la faim.

Aujourd'hui, pour ne citer que la France, celle-ci fait la cour aux Saoudiens, notamment dans la perspective de leur vendre des armes. Elle ne menace en aucun cas de les trainer devant le Conseil de Sécurité et les tribunaux internationaux pour génocide aggravé.

16/10/2016
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