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Jean-Marc Ayrault à Moscou et Washington. Addendum au 08/10

Selon RFI en date du 06/10, la situation en Syrie et en particulier à Alep sera au coeur des entretiens que le chef de la diplomatie française aura jeudi à Moscou puis vendredi à Washington. Jean-Marc Ayrault se rend en Russie et aux Etats-Unis pour appuyer le projet français de résolution des Nations unies de parvenir à un cessez-le-feu à Alep et l'accès humanitaire aux populations assiégées.

A Moscou il dira aux Russes, « ça ne peut pas continuer », a -t-il dit mercredi soir sur la chaîne de télévision LCI, avant son départ pour ce double déplacement consacré à la Syrie. Le ministre français des Affaires étrangères parle d'une situation « inacceptable, profondément choquante et honteuse ». Il dénonce le « cynisme » des déclarations russes à propos des bombardements en Syrie. Il lance cet avertissement : « si on est complice de crimes de guerre, un jour il faudra rendre compte, y compris sur le plan juridique. »

La France hausse donc le ton. Et défend auprès des Russes et des Américains son projet d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Un texte est examiné depuis le début de la semaine à New York. Il demande l'arrêt des bombardements sur Alep et le reste de la Syrie. Il appelle également à l'acheminement d'aide humanitaire et à la reprise des discussions de paix.

De qui se moque-t-on?

Comme nous l'avons rappelé dans des articles précédents, suivant en cela les experts internationaux bien informés, renoncer à bombarder Alep et y instaurer des couloirs humanitaires serait pour Moscou entériner la chute à terme du régime de Damas et leur propre départ de Syrie, pour le plus grand profit des Américains et des extrémistes modérés qu'ils entretiennent dans toute la région.

Ils le feront d'autant moins que les Américains et leurs alliés extrémistes modérés ont définitivement perdu à ce jour la bataille d'Alep, et sans doute plus largement leur bataille pour conserver la maîtrise du Moyen-Orient. C'est un point de vue qu'avec beaucoup d'autres observateurs exprime l'excellent géopolitologue M.K. Bhadrakumar, auquel nous nous référons souvent. On peut lire son article dans Asia Times daté du 05/10. Il est très convaincant, et ce serait une excellente nouvelle. (voir http://atimes.com/2016/10/battle-of-aleppo-end-of-history-in-middle-east/)

Il serait temps qu'à l'Elysée et au Quai d'Orsay l'on s'en rende compte et que l'on cesse de se ridiculiser en suivant aveuglément des consignes de Washington destinées à retarder l'inévitable.

Complément au 08/10. Les hackers sont évidemment les Russes

L'élément paraitra mineur mais il montre bien la campagne de désinformation menèe par Washington pour préparer les esprits à une guerre contre la Russie. Le 07/10, celui-ci a rendu publique  une accusation formelle du "Director of National Intelligence" et du "Department of Homeland Security", selon lesquels le piratage des ordinateurs du Comité National Démocrate et d'autres organismes politiques provenait de hackers russes. Bien plus, ils ont affirmé que ces piratages ont été délibérément décidés par Vladimir Poutine pour intervenir dans la campagne pour l'élection présidentielle américaine.

Ceci permet, non seulement de porter de nouvelles accusations contre Poutine, mais de clore définitivement le débat concernant le contenu des e-mails piratés. Ceux-ci démontraient l'intervention de l'état-major démocrate pour assurer la victoire de l'ultra-belliqueuse Hillary Clinton sur Bernie Sanders lors des votes précédents.

Bien évidemment aucune preuve n'existe de cette intervention de Moscou. Dans le cas contraire, elle aurait été bruyamment publiée. Moscou comme Pékin sont dorénavant constamment accusés d'actions offensives directes dans la cyber-guerre actuelle. On ne peut dire qu'ils soient totalement blancs dans ce domaine, mais ils restent encore des débutants face aux considérables moyens déployés depuis des années en ce domaine par le Pentagone et Washington. Là, les preuves abondent, comme nous l'avons montré à propos de la NSA. Mais nul n'en parle jamais en Occident.

06/10/2016
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Réaction
08/10/2016 09:59:36 | Par : Hubert Levoyer
Cher ami,je suis totalement d'accord avec votre point de vue. Avec un argument supplémentaire, le gouvernement français à commencer par Vals et F Hollande passent leur temps à dire que nous sommes dans une vraie guerre. Il est donc impératif d'utiliser toutes les méthodes d'une vraie guerre y compris de ne pas tenir compte des civils qui sont soient utilisés comme bouclier humain, soit qui ont le tord de pas vouloir quitter les lieux, voire même que l'attaque impliquaient qu'ils n'aient pas été prévenus. Les exemples sont par centaines dans la seconde guerre mondiale comme les bombardements de Londres, de Dresde et d'Hiroshima.

Même si le prix humain est inconcevable, comme à Dresde. Et c'est bien pour cela qu'il faut éradiquer les guerres et ceux qui les créent et les perpétuent. On ne peut pas dire que Daesch n'a qu'un objectif limité mais il proclame celui de détruire les mécréants, donc l'occident. La guerre limitée dans son ampleur aujourd'hui mais totale est bien déclarée.

Bien à vous
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