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Non à l'Otan. Non aux Etats-Unis. Non à la tutelle d'une puissance de plus en plus dangereuse.

Il paraîtra dérisoire de lancer cette protestation au moment où Nicolas Sarkozy se prépare à officialiser le retour de la France dans l'organisation. Nous le faisons néanmoins pour prendre date. En notre nom, mais aussi en celui de nombreux correspondants qui, issus ou pas de la majorité, nous disent ne pas oser s'opposer ouvertement à la décision, du fait de la réserve s'attachant à leur statut.

Qu'il ne soit pas dit que nous ne nous sommes pas élevés contre un changement de politique  qui va à l'encontre de plus d'un demi-siècle où la France avait tenu, non sans succès, à se démarquer des choix imposés aux membres de l'Otan par les Etats-Unis. Ceux-ci ont toujours fait de l'Otan un instrument de projection de leur puissance militaire et industrielle.  L'affaiblissement de cette puissance, observée aujourd'hui, ne la rend pas moins dangereuse.  Elle cherchera, plus que jamais, à susciter des situations d'affrontements bénéficiant à l'appareil militaro-industriel qui constitue dorénavant la principale charpente de l'Administration Fédérale. Dans ces affrontements, les intérêts géopolitiques et économiques des « alliés » auront de moins en moins de chance d'être entendus.

Certains Européens veulent croire que, confrontés à la crise économique et devant restreindre leurs engagements militaires, les Etats-Unis prendront un ton plus conciliant à l'égard de la Russie, de l'Iran, des puissances asiatiques et même de tous ceux menant contre eux sur divers fronts des guerres dites de 4e génération, notamment en Afghanistan et au Pakistan. Pour le moment, tout montre qu'ils n'en feront rien. Ils continuent à entretenir une politique irresponsable de « containment », en maintenant des bases et des opérations militaires dont la seule existence constitue une provocation et une incitation à poursuivre les hostilités contre eux. L'Europe, plus faible et plus exposée, en est évidemment la première victime. La France une fois bâillonnée par son appartenance à l'Otan, ne pourra plus, contrairement à ce que prétend Nicolas Sarkozy, faire entendre une éventuelle petite musique contraire. Elle sera devenue inaudible.  

Il y a plus grave. L'avenir, y compris celui des Etats-Unis, parait de plus en plus sombre. Des difficultés nouvelles sont annoncées par les autorités les plus compétentes. Des remèdes assez terrifiants pour la démocratie – et indirectement pour l'Europe, sont envisagés. Il suffit de renvoyer le lecteur aux avertissements actuellement lancés par la communauté des agences de renseignements américaines 1). Le principal danger identifié par elles n'est plus le terrorisme arabo-islamique, mais les soulèvements que provoquera la misère dans de nombreuses parties du monde, y compris en Europe. Le rapporteur Dennis Blair n'exclue pas que ces soulèvements se produisent aussi aux Etats-Unis. Il prévient dans ce cas que les forces fédérales devront se déployer ou se redéployer dans une optique de lutte contre des insurrections internes et externes. Il envisage sans hésiter la mise en place d'une véritable dictature militaire avec des extensions dans le reste du monde. On peut prévoir que celle-ci fera valoir un droit d'ingérence à l'égard de tout ce qui sera jugé menaçant pour la sécurité américaine, dans les états fédérés de l'Union commençant à manifester des tendances sécessionnistes, en Amérique latine et pourquoi pas, en Europe si celle-ci semblait par ses propres troubles ouvrir des opportunités à la Russie et à la Chine suspectées d'être aux aguets pour profiter des faiblesses de l'Empire américain.

L'Annual Threat Assessment ne développe pas  d'autres risques, de type économico-politique, menaçant l'ordre capitaliste actuel dont les Etats-Unis se sont faits les champions. Nous devons néanmoins les prendre en compte, car ils sont présents dans tous les esprits bien informés : hyper-inflation se conjuguant avec une hyper-déflation, guerres ouvertes entre zones monétaires à la suite d'une répudiation des dettes, décision unilatérale d'Israël visant à détruire les bases atomiques iraniennes, aggravation des tensions entre l'Otan et l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) sous contrôle russe pouvant se traduire par des affrontements militaires où les forces de l'Otan n'auraient aucune chance, sauf engagement massif américain précipitant les risques d'une 3e guerre mondiale nucléaire.

Les atlantistes européens rétorqueront que, à supposer que ces risques soient réels, leur réalité milite en faveur d'un resserrement de la vieille alliance atlantique. Ce serait en effet l'ordre euro-atlantique tout entier, dont ils cherchent aujourd'hui à provoquer le réveil, qui serait menacé et qui devrait donc se défendre en resserrant les rangs sous le parapluie militaire américain.

Dans la perspective de protéger  la souveraineté militaire et politique de la France, Charles de Gaulle avait défendu avec succès il y a 50 ans un point de vue contraire, en développant des moyens de défense dits du faible au fort. Aujourd'hui, le même raisonnement devrait être transposé à l'Europe toute entière et ce devrait être à la France, avec le reliquat des moyens de puissance qui lui restent, de convaincre en ce sens les autres Etats européens et les institutions politiques de l'Union (celles d'aujourd'hui, en attente de celles qui se mettront en place suite à la ratification future du traité). Une défense entièrement européenne, indépendante de toutes autres, s'impose plus que jamais. Elle doit disposer en propre non seulement des forces de projection mais de tous les matériels et technologies nécessaires à la souveraineté terrestre, aérienne et maritime relevant des compétences de l'Union. Il faudra y consacrer des centaines de milliards d'investissements. Mais ceux-ci, non délocalisables et automatiquement protégés, permettront  l'acquisition des compétences scientifiques et économiques indispensables à des économies civiles modernes. Si l'Europe disposait rapidement de telles forces et ressources, même en cas d'aggravation catastrophiques des tensions, elle aurait une grande chance de se faire entendre.

C'est un tel avenir que rend impossible  l'intégration de la France dans l'Otan. C'est pourquoi nous disons Non à l'Otan et Non aux Etats-Unis dans les affaires européennes. Certains lecteurs nous proposent de reprendre le vieux slogan « : US Go Home ». Nous le faisons bien volontiers.






15/02/2009
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Nombre de réaction(s) : 2
Le lobby américaniste envahit le quai d'Orsay
15/02/2009 14:52:48 | Par : Grange
Trop tard, le piège est déjà refermé. Voyez à ce sujet l'article de Bakchich.info:
http://www.bakchich.info/Les-Neo-cons-d-Orsay.html

une politique de dissuasion nucléaire europenne et confédérale...
29/06/2009 00:47:14 | Par : galafron
...visant à la constitution d'un arsenal nucléaire pour s'affranchir de la dépendance américaine vis-a-vis des menaces potentielles de l'OTSC et des puissances proche, moyen et extrème orientales. Qu'attendent les partenaires européens continentaux pour se lancer dans cette voie où ils accumulent le retard, la France ne peut le combler à leur place, comme s'ils avaient adopté là aussi une mentalité d'assisté. Il y a là un pacifisme coupable dont on sait qu'il ne profite qu'aux tyrans du siècle. Si la defense européenne d'emblée n'est pas possible, alors qu'elle démarre au niveau régional, Ibérie-Italie, allemagne-autriche, Tchéquie-Hongrie-Slovaquie, Scandinavie, pour sortir de l'immobilisme. Voyez comme la dissuasion nucléaire profite à Israel, état perclus de maux à l'origine qui n'existerait plus probablement sans sa politique de défense avisée.
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