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Jeremy Corbyn réélu à la tète du Labour. Et ensuite?

Jeremy Corbyn a été réélu leader du Labour Party hier, avec une majorité accrue par rapport à celle qu'il avait obtenue en septembre 2015. Le vote lui aurait donné 62% de voix contre 38% à son concurrent, Owen Smith. De plus le nombre des électeurs s'est accru d'un million, essentiellement attirés par le programme de Corbin.
Nous pouvons considérer qu'il s'agit d'une bonne nouvelle pour l'avenir du « socialisme » en Grande Bretagnee, car les minoritaires sont aujourd'hui des « blairistes », c'est-à-dire des partisans de Tony Blair, champion de la soumission à l'empire américain dans tous les domaines. Les blairistes, relayés par tout l'establishment et les medias, se sont livrés pendant la campagne à une diffamation des électeurs de Corbyn, assimilés à des misogynes, des homophobes et à des « rats ». Apparemment ces diffamations n'ont pas découragé les électeurs.

L'élection de Corbyn pourrait être aussi une bonne nouvelle pour ceux qui souhaitent une reconfiguration de l'Europe politique, pouvant se traduire pour certains pays comme la France par une sortie de l'Union et un abandon de l'euro. Le vote en sa faveur a montré un fort soutien populaire au Brexit. Certains avaient d'ailleurs reproché à Corbyn de ne pas assez fermement recommander le Brexit.

Ce pourrait être enfin une bonne nouvelle concernant la définition de nouvelles politiques économiques et sociales dans les pays européens. Nous avons précédemment publié le programme de Corbyn concernant la mise en place d'un vaste projet de politique industrielle en faveur des industries « vertes ». Certes, rien n'est encore décidé en ce sens au niveau du Royaume Uni, et moins encore au niveau européen. Mais la référence restera. Plus généralement les intentions affichées par Corbyn pourront influencer les points de vue des mouvements dits de gauche dans les autres pays européens, tant sur la sortie de l'Union que pour la redéfinition de leurs objectifs

Refuser d'être un diviseur ?

On peut regretter par contre que Corbyn ait précédemment condamné le recours à l'armement nucléaire et plus généralement le renforcement d'une véritable défense européenne. Ce renoncement se traduirait seulement par une emprise encore plus grande du militarisme américain.

Restera aussi à voir ce que Jeremy Corbyn fera de son succès. Si comme Sanders aux Etats-Unis, il ne recherche pas à mettre en place un 3e parti capable de renouveler radicalement le jeu politique en Grande Bretagne, et par mimétisme dans d'autres pays européens, il sera vite récupéré et rendu impuissant par les forces dirigeantes britanniques et européennes. Or il ne cesse de proclamer depuis son nouveau mandat qu'il ne voudra en aucun cas diviser le Labour. C'est se condamner à l'impuissance.

Il en serait de même dans un pays comme la France. Si d'éventuels candidats à la présidence de la République affirmaient qu'ils ne voudront pas se positionner en adversaires directs des deux partis dominants, PS et LR, ils n'intéresseront pas.

25/09/2016
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