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Les Philippines se détacheront-elles de la domination américaine?

Tous les commentaires faits sur le « pivot vers l'Asie » décidé il y a quelques mois par Obama insistent sur le fait que les Philippines sont un élément important de la coalition anti-chinoise mise en place par les Etats-Unis. Elles partagent ce douteux privilège avec l'Australie, la Corée du Sud, le Japon et quelques autres.
Ceci n'est pas étonnant car depuis la fin de la guerre dans le Pacifique en 1945, les forces militaires américaines en ont fait une de leurs bases arrières. Sur le plan politique, diplomatique et économique, il est généralement admis qu'elles servent docilement les intérêts américains.

Cette situation est-elle en train de changer? Rien n'est certain évidemment mais des informations récentes montre que la République des Philippines commence à se lasser du rôle de fidèle exécutant des stratégies du Pentagone et du Département d'Etat.

Un événement très récent a attiré l'attention. Rodrigo Duterte, élu président depuis mai 2016, était supposé devoir rencontrer Obama au Laos le 5 mai, dans le cadre de la réunion de l'ASEAN. Or dans une conférence de presse, il a qualifié ce dernier de « fils de pute » ( putang ina). Certains ont pensé qu'il s'en prenait aux critiques d'homophobie généralement utilisée par la Maison Blanche pour discréditer ses adversaires. C'est ainsi que Vladimir Poutine se fait régulièrement accusé d'homophobie alors que l'homosexualité y est librement pratiquée, comme peuvent en témoigner les touristes.

Mais au delà de ce point Duterte réagissait aux critiques selon lesquelles il avait fait exécuter en dehors des procédures judiciaires un certain nombre des trafiquants de drogue qui infestent le pays. Il a répondu aux journalistes qu'il n'avait de compte à rendre qu'aux citoyens philippins et que Obama , putang ina, n'avait rien à y voir. A Pékin, lors du dernier G20, Obama avait paru prendre l'incident sur le plan de la plaisanterie. Duterte n'en avait pas moins annoncé qu'il ne rencontrerait pas le président américain. Celui-ci avait du se consoler en rencontrant le représentant de la Corée du Sud. Depuis, Duterte avait dit qu'il regrettait son expression, mais l'alerte étant donnée dans les chancelleries.

L'incident avait rappelé que les Philippines sont profondément « anti-impérialistes » en fait très méfiantes vis-à-vis de l'Empire américain. Pendant 50 ans, le pays avait accepté la présence du Communist Party of the Philippines. Le gouvernement avait combattu New People's Army, émanant de celui-ci, qui menait des opérations de guérilla. Mais sa conviction n'avait pas paru inébranlable. Lors des négociations menées à Oslo en août dernier entre les rebelles et le gouvernement de Manille (voir Libération http://www.liberation.fr/planete/2016/08/22/manille-se-donne-un-an-pour-faire-la-paix-avec-les-rebelles-communistes_1473979 ), celui-ci a offert aux Communistes plusieurs postes ministériels importants, notamment dans le domaine de la réforme agraire, de la protection de l'environnement, du travail et de l'emploi. Dans le même temps, Washington considère que le Parti communiste et la Nouvelle Armée du Peuple sont des organisations terroristes qui doivent être combattues.

Concernant les conflits territoriaux en mer de Chine, malgré le jugement de la Cour internationale de Justice reconnaissant les droits des Philippins sur certains des ilots contestés, Duterte, au lieu d'embrasser la position des Etats-Unis, s'est rapproché de la Chine pour examiner comment des solutions communes pourraient être trouvées.

Le peuple philippin, apparemment, n'a pas oublié le fait que les Etats-Unis à partir de la guerre hispano -américaine de 1898, a fait des Philippines une de leurs colonies de fait et massacré un dixième de la population des iles. Depuis, les gouvernements successifs des Philippines, même après l'indépendance de ces dernière en 1946, avaient été traités par les Etats-Unis comme des « puppets » aux ordres. Evoquons sur ce plan Ferdinand Marcos et Cory Aquino qui lui a succédé à la présidence. Celle-ci , après avoir cherché un accord avec le Parti communiste et son leader Jose Maria Sison, l'avait obligé sous la pression américaine à se réfugier en Hollande. Or Duterte avait récemment envisagé son retour.

Dans le cadre de son pivot vers l'Asie, Washington avait imposé aux Philippines en avril la co-signature d'un  Enhanced Defense Cooperation Agreement. Récemment, il leur avait confié un rôle important dans la Southeast Asia Maritime Security Initiative dirigé contre la Chine. Face au nouveau désir d'indépendance récemment manifesté par les Philippines, que va faire Obama, et surtout que va faire le futur président? Certains pensent qu'ils vont relancer l'ancienne guerre coloniale contre la République. Dans l'immédiat, l'entourage de Rodrigo Duterte lui conseille de se méfier. Un accident est vite arrivé.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippines

11/09/2016
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