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Les Shadow Brokers

Il est intéressant de constater que des organisations aussi bien armées techniquement et humainement pour espionner le monde entier, telle la National Security Agency américaine, n'échappent pas à l'espionnage interne. L'exemple d'Edward Snowden restera longtemps dans les mémoires, car il a véritablement modifié, fut-ce faiblement, l'équilibre entre l'Empire américain et ses adversaires. Mais il a sans doute fait des émules, au sein même de la NSA.
Ce serait aujourd'hui le cas des Shadow Brokers. Il s'agit d'un groupe de pirates inconnu, qui a mis en ligne le 13 août une série d'outils et de programmes d'espionnage informatique qu'il prétend avoir dérobé à la NSA.

Initialement, ce fut la Russie qui a été suspectée. Mais certaines spécificités intéressant les fichiers concernés ne semblent accessibles qu'à un ordinateur isolé et protégé au sein des locaux de la NSA. Par ailleurs, l'hypothèse d'une fuite accidentelle, toujours susceptible de survenir, n'a pas été finalement retenue, compte tenu du nombre et de la diversité des informations livrées.

Une expertise linguistique récente par faite par l'Illinois Institute of Technology et portant sur le mauvais anglais utilisé par les Shadow Brokers suggère que celui-ci émane d'un véritable anglophone visant à apparaitre comme possédant mal l'anglais. Vraisemblablement le ou les hackers voulaient échapper au sort d'Edward Snowden, reclus désormais en Russie.

L'hypothèse selon laquelle la fuite proviendrait d'un ou plusieurs agents de la NSA bien informés est donc désormais retenue. Elle peut ouvrir quelques perspectives intéressantes. Notamment à ceux qui militent en faveur d'une plus grande démocratie au sein de la société de l'information. Quels sont les motifs ayant poussé des « insiders », c'est-à-dire des personnes internes à la NSA, à révéler certaines de ses armes, et à courir ce faisant des risques personnels indéniables?

Volonté de se venger de ce qu'ils estimeraient des traitements injustes subis par eux au sein de l'organisme? Appât du gain, dans la mesure où ces fuites auraient pu être rémunérées par tous ceux, aux Etats-Unis et à l'extérieur, qui souhaitent mieux se défendre contre les intrusions de la NSA? Idéalisme démocratique, comme ce fut indiscutablement le cas avec Snowden? Ou tout simplement esprit de jeu ou volonté de puissance, visant à mettre en oeuvre ou illustrer leurs capacités personnelles dans un domaine où fort peu d'individus peuvent se prétendre compétents?

L'espionnage, depuis qu'il existe, c'est-à-dire depuis fort longtemps, a toujours monté que l'activité d'espions suscitaient inévitablement des contre-espions au sein même de ces derniers. Dans les débats actuels concernant la cryptologie et ses limites, le cas des Shadow Brokers sera certainement évoqué. La cryptologie quantique permettra-t-elle d'échapper à ce risque? On ne voit pas comment si les pirates proviennent des équipes mêmes développant ces techniques complexes.


 

 

03/09/2016
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