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Présence russe renforcée en Syrie

L'on vient d'apprendre (horresco referens ! ) l'accord donné par la Russie concernant la base militaire de Khmeimim négocié avec la Syrie en 2015. Celle-ci devient ainsi une base russe permanente sur le territoire syrien, d'une façon conforme aux accords de gouvernement entre Damas et Moscou.
Déjà base aérienne (voir Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Khmeimim_(air_base), cette base sera désormais ouvertes aux navires de guerre russe de toutes tailles, tels par exemple le porte-avions russe, Amiral Kouznetzov et son groupe. La base pourra recevoir les redoutables missiles Iskander, ainsi qu'être dotée de systèmes sol-air S-400, eux mêmes très redoutés. Les Iskander peuvent être dotés de têtes nucléaires.

Khmeimim deviendrait alors un équivalent de la base américaine d'Incirlink, qui a joué un rôle de coordination durant le putsch-avorté du 15 juillet en Turquie et où l'on trouve une centaine de bombe nucléaires B-61. Les Turcs, bien qu'encore membres de l'Otan, avait encerclé la base à l'initiative de Recep Tayyip Erdogan , en mesure de représailles. Ils avaient affiché l'intention d'obtenir le départ des Américains. A ce jour, ceux-ci semblent cependant bien installés et n'avoir aucune intention de repli.

Compte tenu des bonnes relations établies entre Erdogan et la Russie à la suite du putsch manqué, les Turcs ne devraient éprouver aucune inquiétude de ce renforcement russe, la Russie étant désormais considérée comme une alliée.

Il n'en sera pas de même des Etats pétro-arabes alliés des Etats-Unis et dans une certaine mesure d'Israël, encore que ce dernier pays semble considérer avec philosophie une présence russe renforcée qui ne devrait pas être une menace pour eux.

C'est surtout Washington qui prendra très mal ces nouveaux développements de la présence russe en Syrie et en Méditerranée orientale. Les stratèges américains devraient ainsi avoir à prendre en compte une présence stratégique russe analogue à celle de Kaliningrad, qui les embarrasse considérablement dans les projets d'action armée anti-russes qu'ils développent depuis plusieurs mois, avec les membres de l'Otan directement concernés.

Si une éventuelle présidence de Hillary Clinton conduisait à relancer de véritables actions militaires au Moyen Orient et en Méditerranée, celles ci seraient rendues infiniment plus difficiles, sinon impossibles – à moins de s'engager dans une guerre susceptible de prendre des aspects nucléaires.

N'étant pas dans les secrets de la diplomatie française, si il en existe une dans cette région qui soit différente de celle consistant à suivre fidèlement les orientations américaines, nous ne pouvons pas dire comment sera ressenti l'accord syro-russe. On peut prévoir que pour la presse officielle, le fantasme d'un ogre russe sera plus que jamais évoqué. Disons cependant que si les forces françaises présentes dans la région ont l'intention de poursuivre des actions offensives contre Daesh, elles devraient trouver dans les moyens militaires russes un appui certain. Ainsi, on s'en souvient, le porte-avions Charles de Gaulle avaient à l'époque établi de bonnes relations tactiques avec les Russes.

18/08/2016
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