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L'éviction de Dilma Roussef en vue

Au moment où le monde entier porte les yeux sur les Jeux Olympiques au Brésil, personne ne remarquera que le coup d'Etat visant à éliminer définitivement Dilma Rousseff de la vie politique est en train d'aboutir.
Le Sénat du Brésil a voté le 10 août, par 59 voix contre 21, pour que le procès en invalidation (impeachment trial) contre Dilma Rousseff aboutisse avant la fin du mois et que celle-ci soit exclue du pouvoir. Ce sera aussi de ce fait un coup définitif porté au Parti des Travailleurs. Celui-ci, bien que de plus en plus indifférent au sort de ces mêmes travailleurs, représente cependant un obstacle à la mise en place de la dictature qui se prépare. Le Sénat est bien entendu désigné par des élections conçues pour donner des majorités aux forces conservatrices.

Rappelons que les raisons de cette invalidation reposent sur des accusations de fraude fiscale et manipulations bancaires au profit de la Présidente. A la décharge de celle-ci, il convient d'observer que de telles pratiques étaient depuis toujours utilisées par les majorités du moment. Elles apparaissent comme négligeables au regard des accusations de corruption étendue pesant sur l'actuel vice-président Temer et ses soutiens politiques, notamment à propos de l'affaire dite Petrobras, le géant pétrolier brésilien. Mais de cela le Sénat ne se préoccupera jamais, non plus que les médias sous contrôle de Wall Street et de la CIA au service de l'oligarchie brésilienne.

L'une et les autres n'ont aujourd'hui qu'un projet en tête, faire aboutir en réponse à la crise économique touchant actuellement le Brésil (comme tous les pays latino-américains d'ailleurs) une cure d'austérité portant essentiellement sur la classe ouvrière et les plus démunis. Les quelques mesures sociales dont ils disposaient sous Lula seront définitivement abolies.

Un procès contre ce même Lula est d'ailleurs en cours. Il a été accusé il y a un mois d'obstruction de la justice pour avoir prétendument monté une procédure destinée à acheter le silence de Nestor Cerveró, l'ancien président de Petrobras.

Ajoutons que Temer et certains cadres de son parti, le Mouvement Démocratique Brésilien (PMSB) ainsi que du Parti Brésilien pour la Démocratie( PSDB), sont suspectés d'avoir bénéficié aussi de soutiens financiers hors normes provenant du conglomérat Odebrecht. Le président de celui-ci, le milliardaire Marcelo Odebrecht, est actuellement en prison, en connexion avec le scandale Petrobras.

Ces événements contribuent à expliquer les manifestations hostiles à Temer (fora corruptos) et ses mesures d'austérités qui se sont multipliées à l'occasion des JO, et qui ont été sévèrement réprimées par la police et l'armée, si bien qu'il en a été fort peu parlé. Il s'agit d'une préfiguration de la dictature militaire qui se prépare sans doute actuellement.

12/08/2016
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