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Poutine et Erdogan. Convergence mais sans précipitation

La rencontre Poutine Erdogan le 09/08 à St Saint-Pétersbourg a marqué, comme attendu, le rapprochement entre les deux pays, quelques semaines après l'attaque turque contre le bombardier russe qui avait failli provoquer la guerre. Il s'agit donc d'un événement considérable dont les conséquences apparaitront de plus en plus importantes.
Néanmoins, au soir de cette rencontre, alors que  nous écrivons ceci, les déclarations des deux dirigeants n'ont pas annoncé le bouleversement des relations entre l'Est et l'Ouest que beaucoup attendaient du fait du rapprochement Ankara-Moscou..Vladimir Poutine a surtout mis l'accent sur les nombreux et intéressants projets de coopération économique qui se préciseront dorénavant. Mais celles-ci étaient connues depuis quelques jours.

Poutine et Erdogan ont par ailleurs affirmé leur volonté commune de lutter contre le terrorisme islamique. L'enjeu est surtout important pour la Russie, dont les frontières méridionales étaient jusqu'ici traversées par des centaines de djihadistes venus de Turquie et visant à soulever les importantes communautés musulmanes vivant en Russie. Il l'est aussi compte tenu des attaques djihadistes incessantes dont font encore l'objet les implantations miliaires russes dans la région de Lataquié.

Il est trop tôt encore pour savoir de quoi ont discuté et sans doute convenu les ministres et collaborateurs de Poutine et Erdogan présents à Saint Pétersbourg.  On peut penser que du côté russe, il a été promis de ne pas trop encourager le séparatisme kurde, élément essentiel pour Ankara. Du coté turc, il a vraisemblablement été convenu de cesser de faire pression pour le départ de Bashar al Assad, que Poutine n'abandonnera jamais.

Rien cependant n'a été dit du futur statut de la Turquie au sein de l'Otan, non plus que d'une future intégration de ce pays dans la coalition informelle soutenue par l'aviation et les forces spéciales russes et qui compte, outre le régime de Damas, l'Iran dont la Turquie continue à se méfier.

Les observateurs ont par ailleurs remarqué la  grande prudence de Vladimir Poutine à l'égard de Washington. Il n'a fait aucune remarque sur la politique américaine dans la région, sinon concernant la nécessité de poursuivre un processus de paix associant toutes les parties en présence. Ceci dit, comme a l'habitude, Poutine joue aux échecs... et aux échecs, on ne dévoile pas immédiatement tout son jeu. Au contraire.

Post scriptum au 11/08

Pour le moment, ni l'Otan ni Erdogan ne considèrent qu'un rapprochement de la Turquie avec la Russie remette en question le rôle de la Turquie dans l'Otan. Ce consensus touchant durera-t-il si les Etats-Unis, à travers l'Otan, exigent de la Turquie des engagements précis et nouveaux en leur faveur?

Voir http://www.spacewar.com/reports/NATO_says_Turkey_membership_not_in_question_after_coup_999.html

ainsi que http://www.spacewar.com/reports/Turkey_says_Russia_relations_no_alternative_to_NATO_999.html

09/08/2016
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