Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Le risque d'une guerre américaine contre l'Iran

Dans l'article référencé ci-dessous, daté du 28 juillet 2016, Middle East prepares for Hillary's war, l'ex -diplomate indien et chroniqueur en géopolitique M.K.Bhadrakumar, que nous citons souvent, évoque la façon dont les Etats-Unis pourraient relancer à leur avantage une guerre au Moyen-Orient qu'ils ont pratiquement perdue face à la Russie. Ils feraient ceci en accord avec leur féal allié l'Arabie Saoudite et peut-être Israël.

Pour l'auteur, ce pourrait être l'élection à la Maison Blanche de la belliqueuse Hillary Clinton qui serait l'occasion d'une reprise de la guerre. Mais on peut penser que, d'ores et déjà, le risque existe tant Washington supporte mal sa quasi-défaite dans la région, mettant en danger des positions économiques et diplomatiques qu'il pensait avoir définitivement acquises avant que de Bush à Obama des politiques aventureuses aient tout remis en cause.

Le maillon faible est, selon M.K.Bhadrakumar, l'Iran. Ce pays est devenu le point fort d'un axe chiite dans la région et le meilleur appui de Moscou. Nous ne retiendrons pas pour notre part une complicité possible d'Israël dans une attaque américaine contre l'Iran. Certes, celle-ci fait peur à Tel-Aviv, mais il aurait encore plus peur aujourd'hui de se fâcher avec Moscou, compte tenu des perspectives de coopération stratégique entre les deux pays.

L'essentiel n'est pas là. L'essentiel tient au fait que déclenchant une guerre ouverte avec l'Iran, les Etats-Unis affaibliraient sensiblement la Russie et son allié Bashar al Assad. Mais comment ceci pourrait-il se faire, compte-tenu de l'accord sur le non usage militaire du nucléaire précédemment signé entre Washington, un certain nombre de pays occidentaux et Téhéran.

Comme l'indique M.K.Bhadrakumar,  la solution serait particulièrement simple. Il suffirait d'accuser l'Iran, sans avoir à fournir de preuves précises, de ne pas respecter l'accord et d'engager en conséquences des sanctions contre Téhéran. Celui-ci ne pourrait évidemment pas accepter cela sans réagir. A son tour, il pourrait annoncer ne plus vouloir appliquer l'accord. Une guerre s'en suivrait immédiatement, avec très probablement un bombardement américain ou saoudien contre les sites sensibles en Iran.

La Russie, sauf à riposter militairement contre les intérêts américains dans la région et risquer la guerre mondiale, ne pourrait pas vraiment réagir. Elle perdrait avec l'Iran un allé très précieux et se déconsidérerait par cet aveu de faiblesse vis-à-vis de tous ses autres alliés. Une voie royale s'ouvrirait alors dans le désordre généralisé pour permettre à Hillary Clinton, the Queen of Chaos, d'exercer ses talents. 1)

Référence

http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/author/bhadrakumaranrediffmailcom/

1) Ajoutons pour notre part que la même manoeuvre pourrait être utilisée pour neutraliser Trump au cas où il serait élu. D'où l'impérieuse nécessité pour Poutine de doter sans attendre  l'Iran des meilleurs armes anti-balistiques et anti-aériennes possibles. 

Mise à jour au 01/08, 01h

Dans un nouvel article daté du 31/7, http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2016/07/31/faceing-defeat-us-threatens-to-balkanise-syria/, M.K.Badrakumar signale l'importance, pour toutes les parties en présence, de l'issu du siège d'Alep et de la possibilité qu'en soit éliminé tous les mouvements anti-Assad soutenus par les USA et l'Arabie saoudite. C'est ce qu'écrit aussi http://sputniknews.com/middleeast/20160729/1043741993/aleppo-liberation-war-end.html

Un article d'actualité sur cette question serait à faire sur notre site.

Cependant, je trouve que Bhadrakumar oublie un peu vite son précédent article, commenté ici. Les USA n'ont pas perdu l'espoir de regagner le terrain perdu au Moyen Orient, en attaquant directement ou indirectement l'Iran. Ce serait aussi la fin de Bashar al Assad et réglerait dans un sens favorable pour eux la question d'Alep. Que ferait alors Erdogan? Mystère.

Ce qui est vrai dans le nouvel article de Bhadrakumar est que l'Europe sera quoiqu'il arrive de plus en plus ouverte à un terrorisme professionnalisé. Le souci de Valls en France de privilégier l'Etat de Droit parait tout à fait hors de saison. JPB

.




31/07/2016
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire