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L'honneur perdu de l'Amérique

L'éditorialiste américain William Pfaff, dont personne ne discute le talent et l'honnêteté, était au Forum économique de Davos. Il y a constaté la chute brutale de l'image de l'Amérique.

Sans doute pensait-il, comme l'immense majorité des Américains, que son pays avait une légitimité absolue à prétendre exercer un leadership mondial, du fait de ses succès passés, de la hauteur de ses ambitions et d'une rigueur morale hors pair. Or il découvre que ces vertus étaient des impostures, que le reste du monde  vient de s'en apercevoir et qu'il refuse désormais le leadership américain. Il explique ceci dans un article dont nous traduisons les passages suivants :

« Non seulement l'économie américaine s'est effondrée, mais il devient évident aujourd'hui que la guerre froide n'a pas été gagnée par l'Amérique mais perdue par la corruption interne au communisme. Il devient évident que les guerres menées par l'Amérique en Asie ont toutes été des défaites : en Chine communiste, en Corée, au Laos, au Cambodge, au Vietnam, en Somalie, au Liban, en Iran, en Irak (95.000 civils tués, 15.000 morts parmi la coalition dont 4.229 américains, sans compter ceux à venir). La « Grande Guerre contre la Terreur a été un bain de sang dont les victimes ont été principalement des civils innocents, sans compter deux Etats du Moyen-Orient  détruits  et probablement d'autres à venir.

Mais le désastre le plus immédiat, évident à Davos, est que le modèle économique américain reposant sur un capitalisme de marché dérégulé, dominant  aujourd'hui aux Etats-Unis et dans le reste du monde industriel, présenté comme un véhicule de progrès pour l'humanité, se révèle à l'examen avoir été une affaire de tromperie, enrichissement personnel, pillage du tiers monde, coups tordus internes et internationaux, malversations  bancaires, manipulations criminelles du marché immobilier, escroqueries environnementales et institutionnelles, corruption officielle ».


Que penser de ce jugement terrible ? Certains  relativiseront. Ils observeront qu'amoureux déçu, William Pfaff  noircit le tableau et que, de toutes façons, nulle nation, nulle civilisation du monde ne doit être idéalisée  car le pouvoir par essence corrompt. Par contre, ceux qui ne se faisaient aucune illusion sur les Etats-Unis et la hauteur morale de leurs motivations jugeront qu'il était temps que William Pfaff perde sa naïveté. Avis aux promoteurs d'une  nouvelle alliance euro-atlantique.  
Les notes :
02/02/2009
Vos réactions
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Nombre de réaction(s) : 1
Silence complice?
03/02/2009 16:16:07 | Par : Wilfrid
Une bonne question à poser: pourquoi des gens comme Pfaff ont-ils attendu le crash pour découvrir tout ce qu'ils dénoncent maintenant?
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