Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Sommet de l'Otan. Début de désengagement de la France?

Certains journaux français, les moins soumis aux langages recommandés par Washington,si il en est, ont remarqué, en mots il est vrai très discrets, que la France, par la voix de François Hollande, semblait vouloir prendre du recul à l'égard de la politique d'agression militaire à l'égard de la Russie imposée par les Etats-Unis à l'Otan.

Ainsi le Monde écrit) « Le président français, François Hollande, a insisté vendredi 8 juillet à son arrivée au sommet de l'OTAN sur le fait que la Russie n'était ni un « adversaire » ni une « menace ». « L'OTAN n'a pas du tout vocation à peser sur les relations que l'Europe doit avoir avec la Russie ; et pour la France, la Russie n'est pas un adversaire, n'est pas une menace », a-t-il déclaré à des journalistes. »

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/07/08/la-russie-n-est-pas-un-adversaire-pas-une-menace_4966529_3214.html

Les propos n'ont pas été tenus en face de Barack Obama, grand ordonnateur du sommet de l'Otan à Varsovie, les 8 et 9 juillet, mais néanmoins ils ont été tenus. La France voudrait-elle prendre un peu d'indépendance à l'égard des Etats-Unis? Et pourquoi?

L'axe germano-américain

On peut penser que François Hollande a voulu se démarquer du rôle de plus en plus joué par Angela Merkel pour devenir un partenaire quasi exclusif des Etats-Unis dans les relations internationales, la France n'étant même plus consultée. Certes, en vue des prochaines élections présidentielles, il a voulu affirmer que la France existait encore, face aux revendications nationalistes tant de Nicolas Sarkozy et de Marine Le Pen, que de Jean-Luc Mélenchon.

Mais plus en profondeur, il a traduit le début de rejet par les intérêts français de ce que le Berlin Policy Journal avait nommé récemment le “Germany's Unipolar Moment” http://berlinpolicyjournal.com/germanys-unipolar-moment/ . Avoir emporté le France-Allemagne lors de l'Euro n'a pas suffi pour que la France se console d'être dorénavant un partenaire mineur de l'Allemagne au sein de l'Europe.


Non seulement l'Allemagne est devenue de facto le leader européen au plan politique et économique interne. Mais elle s'est arrogé le droit d'être la seule représentante de l'Europe dans les stratégies de politique internationale, encoordination étroite avec le belliciste Barack Obama. Si l'encore plus belliciste Hillary Clinton accède à la Maison Blanche, le partenariat diplomatique et militaire avec l'Allemagne ne pourra qu'entrainer l'Europe toute entière, via l'UE et l'Otan, à des conflits avec Vladimir Poutine pouvant déboucher sur des guerres européennes, sinon la 3e guerre mondiale.

L'axe germano-américain est plus que jamais  nécessaire  pour Washington, compte-tenu du fait que le Brexit a jeté un doute sur la solidité future du special relationship entre Grande Bretagne et Amérique. Même si le Royaume-Uni ne s'exclut pas entièrement de l'Union, il ne pourra plus en rester aussi facilement la porte d'entrée qu'il était pour les intérêts américains à Bruxelles et dans les autres capitales.

Qu'il le veuille ou non, François Hollande en s'élevant (timidement) contre l'omniprésence américaine au sein de l'UE et de l'Otan, avec l'appui complet de l'Allemagne, rejoint un sentiment de plus en plus répandu dans certains pays est-européens, malgré leur profond sentiment anti-russe. Ainsi récemment, le journal pro-gouvernemental  Gazeta Polska  a-t-il posé la question en première page « Y aura-t-il un 4e Reich? » avec une croix gammée en illustration. Pour le journal, ce 4e Reich n'aurait aucun avenir sans l'appui de plus en plus complet des Etats-Unis.

François Hollande aurait-il anticipé ce mouvement de fond ?

09/07/2016
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire