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Réforme de la Constitution. N'y comptez pas. Les intérêts dominants veillent

Dans un récent article 1), le militant libéral américain (en France on dirait militant de la gauche radicale) qu'est Paul Street s'indigne du fait que, dans le régime bipartisan américain les classes travailleuses et populaires américaines se voient finalement politiquement contraintes, pour éviter l'élection à la Maison Blanche de la représentante archi-pourrie du Système qu'est Hillary Cliton, de voter Donald Trump

Celui-ci propose un programme certes souvent confus et dont de nombreux éléments sont rejetés par la gauche américaine. Mais il offre en contre partie des perspectives susceptibles, s'il y reste fidèle, d'ébranler sérieusement l'actuelle domination des hiérarquess (pundits) d Systèmee, qui s'exerce symétriquement au sein du parti démocrate et du parti républicain.

Il s'indigne notamment du fait, que dans le régime bipartisan américain, le « socialiste » Bernie Sanders se soit cru contraint de se retirer dans la course à l'investiture démocrate, de peur que son maintie n'affaiblisse les chances d'Hillary Clinton face à Trump dans le duel final. Certes il aurait pu se maintenir jusqu'au bout et proposer la création d'un troisième parti vraiment libéral-socialiste. Celui-ci aurait attiré les voix des millions d'électeurs américains qui refusent désormais la domination des pundits du Système, mais dans la constitution américaine ce troisième parti n'aurait eu aucune chance de se faire entendre, ni au Congrès ni à la Maison Blanche.

Nous avons plusieurs fois écrit ici que, renonçant au profit d'Hillary Clinton, Sanders avait trahi la confiance de ses électeurs. Avait-il prévu de le faire dès le début, ou s'est-il finalement effrayé des conséquences de sa campagne, nul ne peut vraiment le dire. Mais la question n'est pas là. Les gauches dans le monde, tant aux Etats-Unis que dans d'autres pays, dont la France, en sont réduites du fait du régime bipartisan, à souhaiter le succès de Trump.

Paul Street ne le dit évidemment pas, mais en France, avec l'actuelle constitution, les forces travailleuses et populaires se verront obligées pour éviter le triomphe de la droite et de l'extrême droite, de voter pour François Hollande. Celui-ci s'est pourtant révélé, dès son élection, comme tout dévoué à la 'finance' et au patronat extrémiste. S'il est réélu en 2017, il ne changera évidemment pas.

Retour à la proportionnelle

Une partie de la responsabilité de cette situation tient à la Constitution de la 5e République, qui a imposé pratiquement le régime présidentiel, tant à l'élection du Chef de l'Etat que dans les élections régionales et locales. Ceci au contraire des constitutions précédentes qui permettaient, avec la proportionnelle, une représentation plus égalitaire des forces en présence.

L'abandon de la représentation proportionnelle a été obtenu par les forces conservatrices sous prétexte qu'elle rendait le gouvernement impossible. Mais de quel gouvernement s'agit-il? De celui des seules forces conservatrices ou d'un pouvoir plus également partagé entre les différents partis en présence.

Les 3e et 4e Républiques, qui faisaient une large part à la proportionnelle, ont été présentées comme inefficaces, face à un système présidentiel. Ce sont pourtant ces Républiques qui ont construit la France d'aujourd'hui, dans ce qui lui est resté dgrandeur, de socialisme et de démocratie. Un gouvernement désigné à la suite d'élections à la proportionnelle ne serait inefficace qu'aux yeux des exigences de la finance et du patronat extrême. Il serait au contraire très efficace s'il définissait une politique plus respectueus du rapport entre les classes sociales. La chose ne se ferait pas simplement, certes, mais ce serait précisément son mérite.

D'où la tentation est grande, dans une certaine partie des nouvelles gauches françaises qui se cherchent, de proposer un retour à la proportionnelle. Mais qu'elles n'y comptent pas. L'ensemble des pouvoirs dominants, que ce soit en France ou dans le monde, les fameux 1%, ne le permettront pas. Il faudrait une bien improbable révolution sociale et politique pour que l'actuelle constitution française en revienne à la proportionnelle.

1)

    http://www.counterpunch.org/2016/07/08/dont-blame-me-if-trump-wins/

08/07/2016
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