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Les Etats-Unis, l'Union européenne et l'Otan

L'europe est et a toujours été, tant dans le cadre de l'Union européenne que de l'Otan, la vassale des Etats-Unis
Les « experts » dissertent inlassablement en ce moment sur l'avenir de l'Union européenne (UE) après le Brexit. Pourra-t-elle survivre sans grands changements malgré le départ britannique? Devra-t-elle être profondément refondue dans un sens fédéral, avec mise en commun des législations et des principales administrations? Et dans ce cas, ne faudrait-il pas distinguer entre 6 ou 7 Etats acceptant de constituer le noyau dur fédéral, et tous les autres qui graviteraient autour de ce noyau sur des bases négociés et renégociables à la demande? Plus radicalement encore, ne faudrait-il pas accepter que tous les pays, Allemagne et France en tête, ne reprennent une quasi liberté à l'égard des autres et de ce qui resterait de l'Union, c'est-à-dire accepter la dissolution progressive de celle-ci? Nous avons résumé les choix possibles dans un article précédent http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2198&r_id=

Ces discussions oublient ou veulent oublier un fait fondamental: l'UE a été fondée pour l'essentiel sous la pression américaine qui voulait en faire ce qu'elle est devenue, un bouclier économique, politique et militaire contre la Russie, interdisant aux Etats-membres toute tentation de se rapprocher de Moscou, qu'il s'agisse du Moscou communiste d'alors ou du Moscou beaucoup plus ouvert et libéral qu'il est devenu. Les « pères fondateurs » comme Robert Schuman ou Jacques Delors avaient refusé de l'admettre, ou peut-être étaient ils obligés de l'admettre.

Récemment, la volonté américaine de maintenir tous les pays européens au sein de l'UE, sous le contrôle américain, s'était illustrée par les pressions faites sur la Grèce pour qu'elle ne sorte pas de l'UE. Il y a quelques jours les indécentes pressions de Obama à Londres pour prévenir le Brexit en avaient redonné la preuve. Nous ne mentionnons pas aujourd'hui les manœuvres de tous les lobbies sous influence américaine pour que l'exemple britannique ne soit pas suivi.

Mais on mentionne peu souvent l'Otan dans les discussions sur l'avenir de l'Europe. On ne veut pas voir que cette organisation, à laquelle de Gaulle avait refusé de participer, constitue le bras armé de l'Alliance atlantique, intégrant la plupart des pays européens. L'Otan est essentiellement dirigée contre la Russie, sous prétexte de défense mais en cachant mal son caractère offensif.

La réunion de l'Otan du 8 et 9 juillet à Varsovie

Nul ne le remarque à l'occasion des discussions sur l'avenir de l'Europe. Cependant le territoire européen, outre de nombreuses bases américaines, est désormais le support d'un « système de défense antimissile » que nous avons souvent évoqué ici, sous le nom de BMDE ou Ballistic Missile Defense in Europe. L'extension du système et une participation accrue des européens est à l'agenda de l'Alliance atlantique, pour son sommet des 8 et 9 juillet, à Varsovie.

Le système américain de défense anti-missile est en réalité un système offensif dirigé contre la Russie. Il vise à paralyser non seulement ses frappes en retour mais des actions offensives contre le territoire américain. Or aucun expert militaire de bonne fois ne peut envisager que la Russie se livre à de telles actions débouchant inévitablement sur une guerre nucléaire mondiale. Le lobby militaro-industriel américain n'a pas peur au contraire de se préparer à des actions offensives de première frappe. Le BMDE, doté d'armes nouvelles pouvant porter la guerre au sein même de la Russie, ne cesse d'être renforcé.

Le projet américain se comprend de façon globale. L'antimissile devient le cœur des partenariats stratégiques américains en Europe, en Asie, au Moyen-Orient. Dans toutes ces régions, du Danemark au Japon, du Neguevvvv israélien aux Emirats arabes unis, des piliers du dôme américain sont ­installés, le Pentagone conservant le « command and control » (C2) du parapluie. L'Europe en est une composante essentielle, du fait notamment qu'elle partage des frontières avec la Russie. En Europe, le plan prévoit que 43 navires équipés de système Aegis et 267 intercepteurs SM3 terrestres soient positionnés en 2019, sans mentionner les autres équipements. Le Pentagone a déjà investi plus de 300 milliards de dollar (chiffre certainement minoré) dans ces systèmes.

Washington peut se rassurer. Même si le Brexit affaiblit quelque peu l'UE, l'Otan demeure et demeurera, comme auparavant, un élément déterminant du Pentagone et du Département d'Etat, destiné à obliger la Russie à se soumettre. Les tergiversations de certains pays européens n'y changeront rien. Certes Vladimir Poutine a indiqué récemment que la Russie s'était considérablement renforcée, tant sous l'angle de la défensive que de l'offensive. Mais encore une fois, comme elle n'attaquera jamais ni l'Amérique ni l'Europe de son chef, elle conservera longtemps une infériorité tant militaire que diplomatique à l'égard de la puissance américaine, apparemment prête à tout.




03/07/2016
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